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FAKEYOU : Un premier album pour le groupe de Montréal

Publié le 11 Avr 2026 par

Promise to Disappear

Le groupe FAKEYOU de Montréal sortait son premier album Promise to Disappear le 3 avril 2026 avec la maison de disque 59X Records située à Atlanta, en Géorgie. J’ai eu le privilège de faire l’écoute de cet opus de 10 chansons avant sa sortie officielle. Mais avant d’en faire la revue, laissez-moi vous parler de la première fois où j’ai été introduite au groupe : c’était le 8 mars 2024 dans leur local de Pointe-Saint-Charles.

Ma première fois avec FAKEYOU

Le groupe avait organisé un show semi-secret avant la démolition de l’édifice qui allait bientôt devenir des tours à condo. Je ne les connaissais absolument pas, mais mon amie Geneviève Vignoul (que vous connaissez sans doute comme administratrice de la page Facebook Punk Rock Jusqu’à La Mort) m’avait promis que ce serait une belle soirée – et elle a eu raison. J’ai été immédiatement séduite par la voix de Guillaume Ménard, par les mélodies accrocheuses de guitare et par les petites passes de drum de Frank Kick Up. À partir de ce moment-là, je suis devenue fan. Ce n’est que plus tard que j’ai connu Jay et Joé, lors du spectacle du 26 octobre 2025 au SuperNat avec Roxanne Izzo.

10 tounes

La première piste de l’album est Wanderlost, qui est d’ailleurs sortie en single par le groupe le 19 mars 2026. Celle-ci parle d’évitement et de la perte de repères, avec une tension entre le besoin d’aide et le réflexe de fuir un monde jugé malsain. On sent pleinement la mélancolie et la détresse à travers les mélodies. La voix rauque de Guillaume traduit assez bien le mood tandis que la guit‘ hyper mélodique nous entraîne dans l’univers poignant de la toune.

La deuxième chanson, Tieluck, est aussi sortie en single le 5 septembre 2025. Beaucoup plus upbeat, elle parle de rédemption et de reconstruction de soi. Je me suis immédiatement reconnue dans les paroles qui nous invitent à quitter un mode de vie autodestructeur pour tenter, lentement, de se réparer et de retrouver un sens à la vie. C’est une sorte d’hymne à la croissance personnelle : je suis certaine que les gens chanteront le refrain à tue-tête avec le poing dans les airs. C’est la vibe que je ressens en l’écoutant.

All About You est sortie le 7 novembre 2025 et nous met immédiatement dans l’univers de la douleur liée à l’amour et des erreurs que l’on fait parfois dans nos relations, en adoptant des comportements d’auto sabotage avec l’être aimé. Le bridge de cette chanson m’a donné des frissons : il est intense, lyrique, et puissant.

S’enchaîne 100 Million Sheep qui, vous l’aurez bien deviné, parle d’insomnie créée par la tourmente. Le single paru le 19 février 2026 m’a étonnée, puisque la voix de Guillaume est plus douce, tandis que les instruments sont plus bruts, très classiques punk rock. Le drum est puissant, à un point où c’est difficile de ne pas suivre le rythme du snare en hochant de la tête.

Arrive à mi-parcours Like Helium Balloons – difficile pour moi de ne pas faire un parallèle avec The Sainte Catherines (dont Kick Up est un ancien membre) de l’époque de Fire Works. C’est une vibe un peu plus agressive, comme si tout à coup le groupe avait eu envie de se détacher de toute la douceur et la tristesse des pièces d’avant, pour traduire de la colère et un peu de dégoût envers le monde d’aujourd’hui.

Bien sûr, que serait un album complet sans une ballade ? C’est ici que Faded Scarf s’insère : on parle de rupture, de celle qui fait mal. Celle où tout nous remet constamment en plein visage ce que l’on a perdu. Si vous avez besoin de pleurer, écoutez ça. Larmes garanties !

La septième piste, Solace, m’a fait penser à du vieux Green Day. C’est simple, efficace, une bonne tune de punk rock en 4-4 comme on les aime. On en oublie presque le thème sombre d’autodestruction qui est abordé tellement le rythme est entraînant.

Ensuite vient Midnight Sun, une hymne à l’espoir et à la résilience. Dès les premières notes de guit‘, on sait que cette piste fera danser tout le monde. C’est le genre de chanson qui s’écoute bien, le volume dans le tapis, dans son char.

J’ai aimé que Spitshine, la neuvième piste, débute avec uniquement la basse. J’ai ressenti une vibe de grunge des années 90 ou de vieux Foo Fighters par moment en l’écoutant. Encore une fois, la mélodie est si entraînante qu’on pourrait passer à côté de la thématique de la mort si on ne porte pas attention aux paroles.

En clôture, c’est Following Protocol. La piste est vraiment bien choisie pour terminer l’album, parce que je pouvais justement très bien me l’imaginer en train de jouer à la fin d’un film pendant que le générique défile. Vous aurez probablement deviné par son titre que cette chanson traite de suivre les règles sans trop savoir pourquoi, et à quoi bon au final ? Ce serait aussi une belle chanson pour finir un set : les paroles sont rassembleuses, et la mélodie, elle, mémorable.

Le verdict

Pour un premier album, les gars frappent fort. Dès les premières notes, on sent une maturité étonnante dans les mélodies, les arrangements et les textes… Un niveau que beaucoup de groupes mettent des années à atteindre. Que ce soit leur âge, leur expérience passée ou leur vécu, le résultat sonne déjà pleinement maîtrisé.

Côté style, l’album ravira les amateurs de punk mélodique et fera sourire les nostalgiques des groupes qui ont marqué le genre. Chaque chanson a son identité, entre énergie brute et moments plus réfléchis, ce qui rend l’écoute à la fois cohérente et captivante. C’est un petit bijou qui a tout pour traverser le temps sans se démoder.

Rédaction : Jess Peach

Révision : Julie Fortin