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Montréal a tremblé

Publié le 13 Avr 2026 par

L’Esco était plein à craquer. Je m’attendais d’arriver et de voir une salle confortable où j’aurais pu m’approcher de la scène et profiter des prestations. Mais non. Ça débordait, tout bord, tout côté. Le Plateau était bien tranquille comparativement à ce qui se déroulait sous mes yeux. L’événement était organisé par la gang du GAMIQ. Quelques membres de Slam disques étaient également de la partie. Band punk de l’année, band métal de l’année et un des band les plus en vue de la scène émergente montréalaise s’étaient réunis le temps de tout fracasser. Seulement quelques minutes de retard et j’ai pu profiter de la première partie, Mulch. C’était parti pour une esti de belle veillée.

Mulch

Honnêtement, c’est un band que je ne connais pas beaucoup. Dominé par Rose Cormier (à la voix et au synthétiseur), ce band montréalais mélange les sons, passant du post-punk au noise rock pour ainsi décliner une sonorité unique et percutante. Hymne psychédélique, apothéose du lyric engagé, porté par une urgence sociale palpable et riffs déjantés, iels sont les ambassadeurs.rices d’une génération qui refuse de se plier. Le groupe érige le chaos en langage et la dissonance en manifeste. J’ai bien aimé. Et à en croire la lourde crowd déjà présente, je n’étais pas la seule.

Crédit : Martin Doomed Desbois

Enfants Sauvages

Rox Arcand ne règne plus seulement sur la vieille ville, basse ou haute. Elle règne désormais partout où elle passe. N’ayant rien à envier à Amy Taylor (Amyl and the Sniffers) ou à Phoebe Lunny (Lambrini Girls), elle livre à chaque fois un garage punk pur et dur. Un mur de son sale et rapide, entre chaos contrôlé et explosion imminente.

Accompagné par ses garnements habituels, elle est arrivée ceinture de balles au corps, bottes de cowboy aux pieds, et elle a tout arraché. Je n’en étais pas à mon premier rodéo des Enfants Sauvages mais, ce qui me fascine, c’est de voir qu’à chaque fois, ils gagnent des nouveaux fans. Chaque fois que je les vois, il y a quelqu’un dans la foule qui me raconte que c’est sa première fois et que c’est complètement subjuguant. Pis à chaque fois je me demande d’en dessous de quelle crisse de roche le ou la dude dormait pour ne pas avoir connu ça avant. Anyway ! L’ambiance était déjà bien réchauffée voire survoltée, les terribles gamins ont tout livré, comme à l’habitude.

Guhn Twei

Mes amis et ceux qui me lisent régulièrement le savent, mes goûts dans le métal sont assez limités. Mais Guhn Twei, criss que je les aime. Je ne sais pas si c’est le côté sombre et ténébreux de Simon qui le rend charismatique ou si c’est la tonalité lourde et mélodieuse qui me fait sentir comme si je traversais le purgatoire une seconde fois. Ou si c’est simplement ce sentiment profond d’être au bord du précipice chaque fois que leur musique envahi mon âme. Probablement un mélange funèbre de tout ça. Leur musique me laisse un ressenti abyssal qui me déchire l’échine dorsale. Guhn Twei, je me répète, mais je les aime profondément. Telle une masochiste qui cherche à satisfaire son propre plaisir en s’infligeant l’insoutenable.

La salle était plus que remplie. Elle était dominée par la foule et le son glacial qui rebondissait partout. J’ai passé une bonne partie du set les yeux fermés. Parce que du Guhn Twei, ça ne s’écoute pas, ça se vit, ça se ressent. Tel un exorcisme qui expie les maux, par le bruit et les mots. L’ajout de la voix de Jeanne sur plusieurs parties apporte une douceur mélancolique déconcertante à ce désordre auditif. Je le dis et redis : Une ville, une mine, un cancer sera inéluctablement consacré une fois de plus  »album de l’année ».

Pour lire la critique de l’album rédigée par Eddy, c’est par ici.

Rédaction : Claudia Bo

Correction : Camille Charlebois

Révision : Marie-Eve Landry

Mélomane finie mais surtout, fan incontestée de punk rock sous tous ses genres, je suis la fondatrice et rédactrice en chef de ce magazine qu’est le Bad Crew. D’abord animée par une passion pour la culture d’ici et la scène locale, j’ai à cœur de mettre en lumière l’incroyable talent que nous avons ici et ainsi, créer un pont entre les artistes et leurs différents publics.