
Les Shériff, au lendemain de la supplémentaire
Publié le 24 Mai 2026 par Julie Fortin

À lire les commentaires sur le net, la barre est très haute pour la deuxième prestation en autant de jours du groupe Les Shériff, ce mardi 5 mai. En effet, une supplémentaire était à l’horaire la veille, histoire de débuter la semaine en beauté au Café du Clocher. Notre rédacteur Patrice y était. J’ai le corps brisé après mon récent déménagement, mais c’est pas grave the show must go on. Il s’agit quand même des Shériff, là.
Ce soir, j’aurai aussi la chance de découvrir deux autres formations de la région, L’assistante riposte et Dégaine. J’ai hâte. La température clémente est propice aux discussions et attroupements de toutes sortes, sur le trottoir et la terrasse. Avant que ça ne commence, je profite du beau temps et des amis.
L’assistante riposte – Du Riot Grrrl signé SagLac
Dès la première impression, ça clique. Je découvre avec ravissement L’assistante riposte (AR), qui en est à sa seconde prestation. L’AR, ce sont quatre filles : M à la voix, J à la basse, J aux drums et S à guitare. Elles chantent “les petites psychoses normales de la vie quotidienne” et “ripostent de tout et de rien”. D’ailleurs, ce band, c’est ben de l’électricité dans l’air, des paroles loufoques pis d’la musique; le charisme des girls faisant tout le reste. Les accords fusent, le monde danse, et tout tombe en place, naturellement. Par leur son et leur vibe, elles me font penser à Crachat, à Amyl and the Sniffers ou aux Secrétaires volantes. C’est vraiment bon.

M danse sa prestation autant qu’elle la chante, se parant d’accessoires ici et là entre les chansons, injectant de fait une énergie folle dans le pit. L’assistante riposte plaît au crowd, et le crowd le lui rend bien. La place rock au max quand M lance ”tabarnac vous nous énarvez en esti ma gang de snoros” avant d’enchaîner sur quelques autres titres : Tu suces, Mycose et L’assistante riposte en dernier. Je ne sais pas quand je les reverrai, mais j’ai déjà hâte d’y être. Restez à l’affût de leurs événements à venir, plaisir garanti.
Dégaine affirme sa présence
Entre deux prestations, j’effectue mes petits achats aux tables de merch’, qui sont ma foi très garnies. L’album Ravageur de Dégaine trône fièrement parmi la marchandise étalée devant les yeux gourmands. Cet opus, leur premier, a été lancé le 4 avril dernier. Je suis encore en mode découverte : c’est une autre première pour moi.

Dégaine livre une performance dynamique et léchée, assez énergique pour attiser le feu allumé un peu plus tôt par les filles. “C’était salement punk » de rajouter P-Y (guitare, voix) après la chanson d’introduction. L’énergie de Dégaine est différente : c’est un punk un peu plus soft mais assez énergique, aux accents de petites balades. J’aime bien l’harmonie qui se dégage du jeu de P-Y, Franc (guitare) de Phill (drums) et Dan (basse). L’ambiance mise en place par le band est bonne et la place se remplit de plus en plus. Entre la danse et les conversations, le set passe rapidement, si bien que je manque partiellement la fin. Dommage.
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Les légendaires Shériff
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En toute délectation des premiers actes de la soirée, le public se languissait tout de même des Shériff. Une fois le dernier entracte consommé, la salle est remplie de fans désireux de se faire larder les tympans à coups de décibels. Sous les acclamations, Les Shériff finissent de s’installer, eux qui avaient visité le Clocher presque trois ans auparavant. Eh oui, j’y étais.
Au pays des Shériff
Toute la salle est désormais gonflée à bloc, prête à tout défoncer pour l’amour du punk. Ça promet. Avec une énergie hors du commun, le groupe galvanise le public des premiers titres de la soirée, dont Fanatiques de la télé, Bon à rien et Soleil de Plomb.
Évidemment, le mouvement et les cris sont constants durant les pièces, et la connexion du band avec les gens est manifeste. Des gens passent en bodysurfing, d’autres chantent les yeux dans les yeux avec les musiciens, il y a de l’ambiance. Après Y’a pas de doute, le public est remercié pour ses chœurs, qui se feront entendre durant toutes les chansons, jusqu’à la fin. Les Shériff visitent ainsi tout leur répertoire, au son des titres aimés que sont Arrête d’aboyer, Je suis pas menteur, Je veux savoir pourquoi, Ça fait mal ou À Montpellier. Il fait chaud, mais on s’en fout, l’appel du rock est plus fort que tout. Les Shériff sortent de scène sous les olé. On a faim, on en veut plus. On les réclame à corps et à cris.
… C’est fini !
Heureusement, le groupe a prévu le coup, et revient pour deux rappels. Tout le monde en profite à fond; on ne sait jamais, peut-être est-ce leur dernière visite ici. Le trash s’emballe lors de Les deux doigts dans la prise ou 3-2-1-0. Puis, le deuxième rappel, juste le temps de reprendre son souffle. Le désormais classique feu de bar du Clocher illumine le fond de la salle durant Jouer avec le feu, pour qu’ensuite je danse ma vie sur Du rock’n’roll dans ma bagnole. C’est fini sonne le glas de la soirée, après qu’ait résonné la Saga des Shériff. Je repars chez moi, l’écho des notes dans la tête.
Rédaction : Julie Fortin
Révision : Marie-Eve Landry

