
Rien de mieux que Québec Redneck Bluegrass Project pour repartir la machine un lendemain de Saint-Jean, pour le 350e
Publié le 20 Juil 2026 par Patrice Belley
Hier, c’était une soirée arrosée de la Saint-Jean. En plus, pour y ajouter du piquant, mon ami a aussi organisé la fête des 40 ans de sa femme. Gros souper, gros feu, grosse buverie. Pas couchés tôt, mais nous sommes le 24 juin et il y a présence d’une offre plus qu’alléchante. Québec Redneck Bluegrass Project, gratos sur la Zone Portuaire de Chicoutimi. Cadeau idéal de la part de la ville de Saguenay dans le cadre des célébrations du 350e anniversaire.
Belle brochette d’artistes, comme dira JP le Pad à une heure plus tardive. Bon Enfant rimera avec l’ouverture des premières bières et breuvages alcoolisés, ou non. Le prochain groupe tant attendu est Fred Fortin ainsi que ses amis.

Bon Enfant
Y mouille à siots. Je bois dans ma cannette de bière, mais elle se remplit au lieu de se vider. Météo en cours semblable au spectacle d’il y a plusieurs années de NOFX sur la Zone Portuaire de Chicoutimi, mais cette fois-ci, je n’ai pas de teinture rouge en provenance de mes cheveux qui me coule sur le visage.
Il est temps que ça commence à 19h06, Bon Enfant est prêt à l’illustrer. Groupe rock alternatif de Montréal, actif depuis 2019. Formation composée de : Daphné (chant), Guillaume (guitare), Étienne (batterie), Mélissa (claviers) et Alex Burger (basse). Guillaume fait aussi crier sa basse dans un autre groupe que je suis, Jesuslesfilles.

Je les écoute via leur page Bandcamp depuis de nombreuses années, mais ça n’avait pas encore adonné de les voir live. La chanteuse arbore un magnifique blouson de cuir à l’effigie du Québec pour l’occasion, et la maîtresse du piano, une veste bleu flash.
Bien entendu, ils nous offrent des chansons présentes sur leur album Demande spéciale, paru en 2024. Jouant également des plus vieilles chansons classiques, connues du public et réussissant à nous envoûter à un point de ne plus s’attarder au fait que nous sommes trempés. Passant de mélodies plus accélérées à des balades tranquilles. Rock on!


La pluie s’estompe ou ce n’est qu’une accalmie. Alors, je profite de la transition entre deux groupes pour aller m’assécher en troquant mon torchon mouillé pour un nouveau. Il était plus que temps que j’aille mettre en sécurité mes achats QRBP. Je me suis gréé du nouvel album Qu’acoustis-je, Qu’ouïs-je, Qu’entends-je en vinyle et en CD, car cette dernière version inclut un jeu de société !

Fred Fortin
Fred Fortin entre en scène en formule de trois musiciens prodiges. Je reconnais Olivier Langevin qui prend part à la plupart de leurs projets communs. Il ne faut pas omettre qu’ils unissent leurs forces musicales afin de faire rouler deux autres bands : Galaxie et Gros Mené.

Jetons-nous dans le rock plannant tout en racontant banalement, mais curieusement de façon intéressante, la vie quotidienne. Ce que chaque individu peut vivre, absorber et transcender constamment. Nous réalisons que nous sommes tous dans le même bateau : l’humain se ressemble plus que l’on ne le pense, malgré nos identités disparates.

Nous nous laissons aller, emportés par cette prestation magistrale. Trinité de gars électrisants qui ont du fun, plaisir partagé avec leurs fans acquis et nouveaux conquis.

QRBP
21h38 pis Québec Redneck Bluegrass Project se pointe la binette. Quoi dire de plus sur ce fantastique groupe saguenéen ? Savourons ce moment d’extase entre cinglés…
« Bonne Saint-Jean ma gang de capotés ! La pluie, ça s’est tassé. » Chacun des quatre membres a son propre micro sur pied avec un rack à cannette intégré, contenant la bière Gawa de la microbrasserie du Lac Saint-Jean, brassée en leur honneur.

Faut c’qui folk
JP se précipite rapidement dans un solo d’harmonica abrasif d’entrée de jeu. Après quelques livraisons musicales ayant trouvé aisément ses récepteurs, l’on s’adresse de nouveau à nous. « La sécurité, vous semblez être sur les nerfs. C’est ben relax ! »

Il est maintenant l’heure d’enligner de nouvelles créations : J’te watch, J’te trippe dessus, Le brasseux d’vaisselle… Nous sommes en territoire connu avec du folklore populaire et du joual à profusion. Ils chantent comme le monde parle, une formation familiale. Une chorégraphie exécutée chirurgicalement.


Court interlude loufoque animé par des gazous au bout de leurs lèvres. Du gros n’importe quoi, mais juste assez longtemps. Faut bien lâcher notre fou ! Un jeune homme en position horizontale passe près de moi en bodysurfing, il a déjà un bon bout de chemin de fait et il poursuit sa route vers l’arrière. Je continue de le surveiller et, 15 000 spectateurs plus loin, il s’est rendu jusqu’à la sortie. Pas nécessairement son objectif initial, je crois.

Man in a Suitcase
Bon là, il faut que je vous parle du concept des maquettes. On nous en avait présenté quelques unes l’an passé pour la tournée Chérie, j’ai réduit le décor. Depuis ce temps, l’idée a joliment évolué. Plusieurs caméras sont savamment installées afin de projeter la bonne image correspondante sur l’écran géant, utilisé comme toile de fond.
Le cinquième membre est fort occupé pour ce genre de spectacle auquel nous assistons. C’est l’homme à la valise ou plutôt, aux valises, contenant des figurines et accessoires miniatures ayant un rapport avec de nombreux sujets chantés. Il joue avec ses bébelles, ses créations éclatées, des jouets de qualité. Un train avec un wagon Labatt 50, un grinder, une van de loup…

Vente de bières en quantité phénoménale
Oh, mais qu’est-ce que mes tympans reçoivent présentement ? C’est bel et bien J’t’a côté d’la track ! Retournons à nos premiers amours avec l’album Sweet Mama Yeah! de 2010, où tout a commencé. « Bonne Saint-Jean tabarnak ! La machine pour les gouverner tous. Elle boit plus que moi, peut-être pas un soir de fête. » Vous l’avez deviné, le hit Pantera Arctic Cat Triple 800.
« C’est le meilleur bout du show. » Le Pad dévoile une bouteille de gin entamée dans laquelle il s’abreuve d’une solide gorgée pour ensuite passer la puck à ses coéquipiers. « Ça va s’en aller de même c’te show-là. » tout en pointant vers le bas. « Ben non, es-tu prête ? »

Bruno Rodéo sort du backstage pour s’ajouter à l’orchestre campagnard avec un… triangle. Un peu de percussion ne fait pas de tort, au minimum pour une toune. Une autre chanson très attendue est servie sans surprise, car ils revêtent leur dossard orange de chasse. T’as-tu tué, avec une réception démesurée : l’hystérie.
Je constate que c’est déjà le début du rappel et qu’après, il faudra plier bagages. Québec Redneck Bluegrass Project se donne à fond en y allant de coups de bassin synchros. « J’vais slaquer de boire. Ben non, Chicout, déshérite-moi pas. Une tite dernière pour la route. » Chu ben plus cool su’a brosse, quelle bonne sélection ! L’un de mes tubes redneck favoris.
Tsé quand ça va pas ben, que tu travailles demain matin
Pour ma part, ce fut un spectacle extraordinaire et je m’avancerais même pour dire que c’était meilleur que l’an passé. Québec Redneck Bluegrass Project a marqué le terroir québécois, le fait présentement et le fera encore longtemps. Leur musique unique en son genre ne se démode pas, et elle est si entraînante. Elle a le pouvoir de rassembler, d’unifier et est remplie de bonne humeur à transmettre.
Cadeau idéal pour le 350e et la Saint-Jean-Baptiste. Soirée arrosée dans les deux sens du terme. Si vous les avez manqués ou désirez les revoir, le Gawa Fest sera prochainement près de chez vous.
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Patrice Belley
Correction : Jess Peach
Révision : Marie-Eve Landry

