
Limp Bizkit met la barre très haute en ouverture du FEQ
Publié le 21 Juil 2026 par Patrice Belley
Je me dresse une liste des groupes que j’aimerais bien voir en spectacle et Limp Bizkit en fait partie. Lorsque le FEQ étala sa programmation de pointe au grand jour, j’étais ravi d’y voir apparaître leur nom comme tête d’affiche pour le premier soir. Le jeudi 9 juillet, ce sera un gigantesque rassemblement de fans de leur rap métal sur les plaines d’Abraham.
Nous sommes trois potes à franchir les kilomètres du Parc des Laurentides, traditionnel pèlerinage vers Québec ou Montréal pour profiter des shows qui y sont offerts. Un animal traverse la route lentement, ça s’avère être un coyote. Un des passagers reçoit un appel et se fait demander où il est rendu. « Chu rendu au coyote. » Aussi simple que ça.

Festival d’Été de Québec
La dernière fois que mes semelles ont foulé les terres du FEQ, j’étais là pour Rage Against the Machine en 2022. J’ai trouvé mon expérience très éprouvante. Je n’avais vraiment pas envie de revivre le même genre de chaos déplaisant. Alors, je me suis gâté avec l’achat d’une passe dans la zone Argent pour une seule soirée, celle de Limp Bizkit. Soulignons l’apport des commanditaires Coors Light et Bell.
Les 2000
Nous arrivons sur les lieux un peu avant l’ouverture des gates prévue pour 18 h 00. La file n’est pas très longue, et dix minutes plus tard, j’accède au paradis. Je suis accueilli avec une coupe de champagne bien fraîche, une queue de homard comme appetizer, échauffement avec massage du dos, toilettes sans attente au trône en or… OK, j’en mets à peine.
À vrai dire, ici au moins, on a de la place afin de préserver notre bulle personnelle, deux bars facilement accessibles et un nombre raisonnable de cabines bleues. 2000 choyés, nous sommes.
Cleopatrick
Nous patientons confortablement dans notre divan en cuir, jusqu’à 19 h 00. Cleopatrick déclare le Festival d’Été de Québec officiellement lancé. Pour se faire, ils utilisent leur maîtrise du laptop rock directement de Cobourg en Ontario.

Cypress Hill
20 h 00 et c’est au tour de Cypress fucking Hill de s’illustrer. Je les avais pognés en première partie de Slipknot au Centre Vidéotron et je n’avais pas été du tout impressionné; et pourtant, c’est un gros nom.

Ça commence bien, il a l’air crinqué et heureux d’animer autant de spectateurs.

Tous ses succès y passent. Les vétérans comme nous, et également les jeunes, chantent les titres dévastateurs connus de toutes les générations. Il se fume un gros bat, un classique à ne pas omettre.

Décors et mise en scène de grande envergure. Le rendu visuel est à point, et bien visible au loin.

Je dois avouer que cette fois-ci, Cypress a amplement livré la marchandise. La foule est en délire, prête à se défoncer sur du Limp Bizkit.
Limp Bizkit
Allons au vif du sujet : Limp Bizkit. Fred Durst et sa bande ont réussi, dans les années 90 et 2000, à unir deux styles musicaux : le rap avec le métal. Ils définissent ce qu’ils créent comme étant du pimp-rock. Leur arrivée sur la scène musicale du nu métal a été fracassante, une véritable bombe.
Ils emmerdent tout le monde et personne ne les fait chier, telle est leur devise de bad boys. Regain de popularité dernièrement, ils n’ont pratiquement jamais pogné autant qu’aujourd’hui. Affiliations au genre musical s’apparentant au rap qui est en vogue ces temps-ci auprès des jeunes oreilles.
Compte à rebours interminable
Un peu avant l’heure fatidique qu’est 21 h 30, un décompte est projeté sur les écrans géants qui surplombent les plaines.
Un deuxième décompte s’affiche… Bon, il ne fallait pas espérer que ça start un peu avant, c’est réglé au quart de tour. 21 h 31, pas une minute de plus de retard, Fred Durst et ses talentueux amis grimpent sur la scène gargantuesque.
Les vrais
Tous les membres originaux s’y trouvent, excepté le bassiste décédé il y a peu. Sam Rivers nous a malheureusement quittés il y a peu de temps, le 18 octobre 2025. La première tuerie à être exécutée est Hot Dog. Sélection bien vue, enivrante elle est. Ils ne perdent pas de temps et s’aventurent immédiatement avec Break Stuff. Je bave et je ne suis pas le seul.
Pourquoi chu là ?
Le son est encore extraordinaire comme à son habitude. Mes félicitations au FEQ ! C’est l’une des raisons qui attire tant de guerriers à leurs multiples shows. C’est déjà le temps d’une pause santé. Interlude bizarre, weird, qui s’installe avec une petite musique presque d’ascenseur en guise de répit.
Okay! Limp Bizkit is back! Ils en ont encore dans le carburateur ces sages hommes maintenant âgés de 55 ans. Nous la revendiquions tous : Faith. Cover de George Michael, très réussi, et ce qui n’est pas toujours le cas. Ils se la sont carrément appropriée positivement, cette pièce.

Musique torentielle
Un peu de pluie se présente sur mes épaules. Ce n’est pas grave, on n’est pas faites en chocolat. Fred Durst est en forme, allumé, arrogant comme on l’adore. « Nous ne sommes plus en fucking 1999. Les zones VIP et leurs stages sont beaucoup trop imposants. »
Il a toujours eu du style, du goût vestimentaire. Ce soir, il se trimbale avec son petit manteau imperméable à carreaux excessivement colorés, sa chemise de baseball et sa casquette bleue poudre… Il sait bouger, rapper comme pas d’autre. De toute beauté à admirer. Content d’être là !

Wes Borland, guitariste de Limp Bizkit, est un artiste complet accompli. Couramment costumé, y’en manque pas une. À chacune de ses présences scéniques, nous avons hâte de découvrir son look. Pour cette nuit spéciale, il revêt un habit noir à la samouraï, jonché d’un masque freakant et d’une bavette dorée. Sans oublier la minuscule peinture nichée sur le dessus de son front ; difficile de l’ignorer. Excentrique, il est.

The new guy
Le nouveau bassiste Richie Buxton alias Kid Not remplace un irremplaçable. Malgré tout, il se débrouille à merveille. Pour ce qui est de moi, je ne vois pas de différence à l’oreille lors de l’interprétation de mes chansons espérées.

Oh ! Changement du background présenté. Les pauses, interludes imposés entre les chansons se répètent comme pattern. Living’ It Up, My Way, Eat You Alive, Rollin’, Nookie… Ils les font toutes !

Fred a tendance à sélectionner, pendant chacune de ses prestations, un fan qu’il invite à monter sur scène. Une fille de 19 ans est pointée et aidée par la sécurité afin d’atteindre les hauteurs du stage. Elle empoigne le micro et profite de son moment de gloire en s’exprimant en français. Fred rétorqua qu’il ne comprenait rien, mais est d’accord avec tout ce qu’elle a pu dire. Il a certainement choisi la bonne. Elle est trop une mordue finie allant même jusqu’à son style vestimentaire similaire à celui de monsieur Durst, son idole. Il la complimente justement sur ses vêtements à son goût personnel.
Bon, attaquons-nous aux choses sérieuses ! La musique de Full Nelson démarre et ils forment un duo qui assure. Se répondant l’un à l’autre pour ensuite assurer le chant ensemble simultanément. Situation tellement touchante et appréciée. J’apprendrai le lendemain que c’était une saguenéenne qui a eu cette chance inouïe de réaliser son rêve.

S’ensuit le triomphe Boiler ainsi que Behind Blue Eyes. Limp Bizkit a signé la soundtrack du film Mission Impossible et ça a été un coup de circuit, avec le mythique vidéoclip qui passait en boucle à Musique Plus. Je reconnais Take a Look Around dès son amorce, son allumage interprété. Récidive de Break Stuff comme offrande d’adieu.

Ce message s’autodétruira
Je me suis reconcilié avec le FEQ. Vive la zone argent ! Peut-être même la zone or l’an prochain. Je vais pouvoir écœurer ma cousine dont j’étais jaloux, car elle a vu Limp Bizkit à Woodstock 99. Je peux me péter les bretelles que moi aussi je les ai vus live.
Avec cette performance, les prochains groupes des neuf jours suivants ont besoin de s’atteler. La marche à gravir pour les accoter ou surpasser est haute. De mon côté, si je revenais (ce qui n’arrivera pas), il y a aussi Municipal Waste d’intéressant. Je vais me contenter de mon face à face avec eux aux Foufounes Électriques, qui marquait la rédaction de mon premier article pour le Bad Crew.
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Patrice Belley
Correction : Jess Peach
Révision : Marie-Eve Landry

