
Tête d’affiche juin 2026 : Unwanted Noise
Publié le 02 Juin 2026 par Claudia Bo
Merci Unwanted Noise d’avoir accepté d’être notre tête d’affiche pour le mois de juin.
Pour lire la chronique de la dernière sortie d’album d’Unwanted Noise, c’est ici.
Si on commençait par parler de votre récent passage sur la Tournée 123 punk. Vous êtes le seul band issu de la scène underground à avoir participé à la tournée. Comment avez-vous vécu ça et qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Les membres du band ont entre 26 et 41 ans, mais nous avons tous grandi avec Musique Plus, à des époques différentes. Ça représente beaucoup pour nous de faire partie de la tournée, mais d’être le seul band street punk à y prendre part a vraiment été un honneur pour nous.
Vous vous êtes formés en 2008, avez monté sur les planches dès 2011. Après des changements dans la formation, vous sortez Last Of Our Kind en avril 2016. Depuis, vous sortez du matériel régulièrement aux 2 ans environ. Croyez-vous que ce soit nécessaire pour rester d’actualité ?
Oui, définitivement. Nous trouvons que dans l’ère que nous vivons actuellement, c’est de plus en plus nécessaire de diminuer les quantités de chansons et de rapprocher les releases. Nous nous trouvons dans une période de l’histoire où l’on consomme de la musique de manière excessive et il faut constamment susciter l’intérêt des fans afin de rester pertinent dans le paysage.

Mai 2024, vous sortez Bury me to the South Shore. La réponse est positive dès le départ. Est-ce que c’est un stress de sortir un album comme ça, surtout que celui-là était attendu depuis un bon moment ?
Nous serions portés à dire oui. C’était le premier album que nous composions avec Guillaume et Gab aux guitares. Donc nous savions que nous allions avoir un son complètement différent d’avant.
C’est un stress important lorsque nous changeons notre son, c’est certain. Est-ce que notre fanbase, qui connaît bien le groupe, va embarquer? Est-ce que l’album va bien se vendre quand même? Ou est-ce que ça va mettre dans le trouble les labels qui ont investi dans l’album parce que personne ne l’achète?
Rappelons-nous aussi du long délai, avant sa sortie, qui a suivi l’annonce. Nous étions convaincus que nous allions passer sous le radar. Au contraire, notre fanbase a été au rendez-vous et a sold out la première batch de 300 copies en peu de temps!

Comment se passe votre processus de création ? Qui écrit, qui compose ?
En général, Guillaume ou Zach nous arrivent avec des riffs aux sessions de composition et le reste de l’instrumental se fait tous ensemble. Le vocal se compose à part par le chanteur. Nick nous arrive toujours avec une ou deux chansons qu’il compose seul, en fin de parcours, qui sortent de nos patterns et enrichissent l’album.
Le streetpunk repose souvent beaucoup sur les refrains fédérateurs. Pourtant, chez vous, il y a aussi un côté plus chaotique et abrasif. Est-ce que vous cherchez consciemment à éviter le côté “chant de gang” trop cliché?
Ça dépend de l’inspiration du moment. Dans les débuts d’Unwanted Noise, le groupe a été largement influencé par des groupes tels que The Oi!Scouts, Copyright Chaos, Casualties et Chaos Drunk Punx. Les refrains en gang vocals qui se répètent souvent. Notre son a ensuite évolué au fil des années en parallèle avec nos goûts musicaux. Plus catchy et efficace dans le but d’avoir tout le crowd qui chante avec nous lors des concerts. Y’a rien qui nous nourrit plus qu’une foule qui chante avec nous.
Dans une scène où plusieurs bands explosent vite puis disparaissent après un EP ou deux, qu’est-ce qui fait qu’Unwanted Noise tient encore debout?
La communication, le respect, la reconnaissance et l’empathie sont des valeurs qui sont fortes à l’intérieur du groupe. En plus, la vie est plate, c’est la meilleure façon on a trouvé pour avoir du fun.
Votre musique évoque souvent une fatigue sociale, une forme d’usure. Est-ce que faire du punk en 2026 est encore une façon de résister à quelque chose ou c’est rendu davantage une manière de survivre mentalement?
Un peu des deux. En effet, nous parlons beaucoup, et depuis longtemps, de sujets comme l’alcoolisme, la dépression, le suicide ainsi que du sentiment de désillusion face à la scène punk moderne. Jouer et composer ce genre de morceaux nous permet non seulement de l’extérioriser, mais aussi de connecter avec ceux qui vivent cette même expérience.
Avec la montée des plateformes et de l’image, est-ce que vous trouvez que le punk actuel devient parfois trop “performé” ou trop esthétique?
Trop esthétique, non. Nous observons souvent que beaucoup de groupes se concentrent plus sur la musique que sur l’esthétique. On est loin de l’ère Punkcore Records début 00’s avec des groupes trop lookés, quasi boys bands et des chansons très ordinaires.
Nous sommes chanceux de faire partie de la scène actuelle avec des groupes de talent et qui look à fond au Québec.
Les splits ont toujours eu une place importante dans le punk underground. Qu’est-ce que vous aimez dans ce format-là comparativement à un album classique?
Le split vient chercher non seulement le fanbase des deux groupes mais aussi cela permet un contact direct avec les groupes d’ailleurs.
Après autant d’années, qu’est-ce qui vous pousse encore à embarquer dans un van, dormir n’importe où et recommencer? Qu’est-ce qui vous motive encore dans ce mode de vie ?
La famille que l’on s’est créée. Rencontrer des gens de plusieurs scènes et endroits. Vivre des choses qui ne nous seraient jamais arrivées seuls. Faire vivre notre rock aux quatre coins du monde.
Plusieurs groupes old school que vous avez côtoyés roulent depuis 40 ans. Est-ce que vous vous voyez encore faire ça dans 10 ou 15 ans?
Définitivement !
Qu’est-ce qui s’en vient pour vous dans les prochaines semaines, mois ?
Pour cet été, on se lance dans une série de concerts au Québec et en Ontario. Ensuite, nous allons jouer dans l’Est canadien pour la première fois en 15 ans et nous allons être de retour en Europe en novembre.
Rédaction : Claudia Bo et Unwanted Noise
Correction et révision : Marie-Eve Landry

