
Quelques mots growlés sur les 30 ans de None So Vile avec Matt de Cryptopsy
Publié le 11 Mai 2026 par Eddy H. Chavaudret

Alors que Cryptopsy allait bientôt monter sur une scène de Baltimore ce samedi 2 mai 2026, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le chanteur, Matthieu McGachy, alias Matt, pour discuter de ses débuts dans le groupe, de leur album trentenaire légendaire None So Vile, de leur tournée actuelle ainsi que de leur spectacle à Montréal qui aura lieu le 28 mai prochain.
Puisque tu es arrivé en 2007 dans Cryptopsy, comment as-tu découvert l’album None So Vile? Quelle chanson as-tu entendue en premier?
Matt : Pour être très honnête, je pense que la première fois que j’ai entendu None So Vile, c’était quand je commençais à essayer d’apprendre les chansons quand je suis devenu le chanteur de Cryptopsy. Avant que je sois dans le groupe, j’étais pas vraiment le plus gros fan de Cryptopsy. Je savais que c’était un groupe reconnu à l’international, mais j’étais pas le plus gros fan de death metal. J’étais dans un groupe avant (3 Mile Scream) qui était beaucoup plus metalcore faque on voulait vraiment être Killswitch Engage. Y’avait des refrains chantés puis des couplets où je criais et des breakdowns. Je me souviens que je commençais à apprendre les chansons. C’était très difficile parce que Lord Worm a une façon particulière de crier et de faire des sons avec sa voix mais, en même temps, il est un très bon écrivain. Ses paroles sont très poétiques, sombres et bizarres. Il écrivait des paroles et, après ça, il faisait des sons pis le nombre de syllabes n’était pas toujours juste. Quand j’ai commencé, c’était très difficile, du moins la première année, de découvrir ce qu’il disait pour vrai versus ce qui est écrit dans les paroles. Je me souviens très bien : je regardais les paroles, je l’écoutais, pis j’appelais Alex Auburn, qui était le guitariste avec nous, et il me disait : « Ah, je pense qu’il dit tous les mots… » C’était comme s’il fallait que je monte une montagne pis que j’étais tout en bas. Je savais que j’avais beaucoup de travail devant moi à parcourir avant de pouvoir faire un spectacle.
Dans ce cas-là, comment est-ce que tu as rencontré Cryptospy?
Matt : La scène musicale de Montréal est quand même petite et tout le monde pratique à la Cité 2000. Y’a plusieurs locaux où les bands pratiquent et Cryptopsy pratiquait là. Je les voyais passer dans le corridor pis j’étais toujours comme : « Oh wow, eux autres c’est des vrais musiciens qui font des tournées mondiales. » Faque je les connaissais de nom, de vue. Puis j’ai joué des spectacles avec eux, c’est plutôt là que j’ai découvert leur musique. 3 Mile Scream a fait la première partie pour Cryptopsy une ou deux fois, toujours à Toronto, je sais pas pourquoi.
Maintenant que tu as appris à aimer l’album, c’est quoi ta chanson préférée de None So Vile?
Matt : Ah, y’en a plein. Pour l’instant, on est encore sur la dernière tournée de célébration des 30 ans de None So Vile. Ça a commencé en Asie, puis en Nouvelle-Zélande, en Australie, et on a fait toute l’Europe. On joue beaucoup de chansons de None So Vile faque c’est difficile d’en choisir une. Mais celle qui fait réagir le plus la foule, que je peux voir la lumière dans les yeux s’allumer quand ça commence, c’est Graves of the Fathers. Y’a vraiment un bon groove dans le milieu et y’a beaucoup d’énergie qui se transfère de la foule à nous, back and forth. Graves of the Fathers, c’est vraiment haut sur ma liste de chansons préférées de None So Vile. L’autre, c’est Orgiastic Disembowelment. J’aime beaucoup, y’a encore un gros groove section où on peut, avec la foule, avoir vraiment une connexion. Pis on se brasse la toupette tous ensemble. J’aime beaucoup les couplets de cette chanson-là et comment c’est écrit. C’est très rythmique, c’est très old school, c’est une chanson que j’aime beaucoup.
Est-ce que vous allez jouer l’album au complet lors de votre show à Montréal?
Matt : Non. On a pris la décision de ne pas faire l’album au complet parce qu’on a un set d’une heure quand on est sur la scène. Cryptopsy c’est très intense comme style de musique. C’est une expérience physique pour tout le monde, pour le groupe et pour la foule. Faque None So Vile dure environ, si on jouait toutes les chansons, 35-40 minutes avec les discours. On voulait aussi présenter beaucoup de nouveaux morceaux à la foule aussi parce qu’on vient juste de sortir un album l’année passée, An Insatiable Violence. C’est très important pour nous, comme musiciens, de présenter ce matériel à la foule parce qu’on n’est pas seulement légendaires grâce aux deux premiers albums qu’on a sortis. On est aussi un groupe qui est très à jour musicalement, même si on a un genre de statut de groupe légendaire grâce à None So Vile et Blasphemy Made Flesh. C’est important pour nous de montrer à tout le monde qu’on est plus que juste un album. Faque on a pris la décision de jouer six des huit chansons [de None So Vile]. On joue tous les hits. On joue ceux de None So Vile, une toune de Blasphemy, et beaucoup de nouveau matériel.

Est-ce que vous avez décidé des groupes [Necrot, Fulci, Blood Monolith, Spirit Adrift] en première partie et pourquoi vous les avez choisis, si c’est le cas?
Matt : Oui, j’avais fait une liste. Souvent, quand je fais ça, je regarde… On a un booking agent, la personne qui parle avec tous les promoteurs dans chaque ville. Faque je regarde sur le roster, les artistes avec le même booking agent, et je fais une liste. C’est plus facile quand c’est dans la même famille. J’avais mis Fulci sur ma liste, mais malheureusement ils n’ont pas eu leur visa à temps et ils ne sont pas ici. Heureusement Spirit Adrift sont ici avec nous. Ils ont pris la relève en moins d’une semaine avant que la tournée commence. De tout planifier avec leur famille, trouver du transport, pratiquer assez les chansons pour être en mode professionnel pour les jouer… ils ont tout accompli ça! Donc, grâce à eux, la tournée est complète et on continue.
Est-ce que vous avez choisi délibérément de finir par Montréal? Y a-t-il une raison derrière ça?
Matt : Non, mais ça tombe bien. Je pense que la tournée a été montée comme ça pour nous. C’est vraiment pratique honnêtement. On a déjà fait une tournée avec Aborted [2019] pis on a joué à Montréal puis après ça à Toronto. Avec Belphegor, en 2017, on avait joué à Montréal puis après ça on avait fini à Rouyn. Faque ça fait plus notre affaire de revenir à la maison. Comme ça mes enfants peuvent venir au spectacle et on rentre à la maison après. Ça, ça nous fait du bien.
Est-ce que vous réservez quelque chose de spécial pour les fans de Montréal puisque c’est votre « maison »?
Matt : Non, mais j’aimerais ça que Lord Worm vienne faire une chanson avec nous même si je peux pas trop lui en demander. On a quelque chose de nouveau pour toute la tournée côté production. On a installé deux écrans LED avec des vidéos qui sont synchronisées avec notre musique. C’est du matériel qui a été créé par un artiste en Italie. C’est vraiment captivant, c’est intense et c’est la première fois qu’on fait ça. On monte un show, c’est nous quatre sur scène avec tous les visuels. C’est vraiment next level. On essaye de vraiment donner un criss de bon show.
Comme tu parlais tout à l’heure de vos nouvelles chansons, est-ce qu’il y en a d’autres que vous préparez présentement?
Matt : Ça va commencer lundi [4 mai 2026] justement parce qu’on écrit souvent quand on est en tournée et quand on a des jours de congé. Faque on se repose un petit peu le matin pis l’après-midi on s’installe dans une chambre d’hôtel pis on compose des riffs ensemble. On a fait ça sur deux tournées avant An Insatiable Violence et ça nous a vraiment aidé à faire beaucoup de travail dans une courte période de temps. Ça a bien fonctionné. C’est pas toujours facile d’être motivés quand on est fatigués en tournée, mais ça vaut vraiment la peine.
Quels sont vos plans après la tournée ? Est-ce que vous avez quelque chose de prévu ?
Matt : On a une autre tournée après cette tournée. On va en Europe pour faire beaucoup de gros festivals en fin juillet et en août. Pis, après ça, on a un autre très gros festival aux États-Unis dont je ne peux pas discuter parce que ce n’est pas encore annoncé, mais c’est quelque chose de très cool et unique et bizarre. Faque ça va être une expérience. On devrait pas être là.

Crédit-photo : Maciej Pieloch
Merci beaucoup à Matt pour la courte interview et à Will de m’avoir aidé à l’organiser.
Sur ce, procurez-vous vos billets pour le show du 28 mai 2026 au Théatre Fairmount de Montréal pour ne surtout pas rater cette soirée de pur death metal et de célébrations d’un album qui a changé le cours de l’histoire de la musique extrême!
Encouragez Cryptopsy :
Billets pour le spectacle à Montréal : https://www.universe.com/events/the-decibel-magazine-tour-2026-tickets-Z9CBJG?ref=share-widget-buffer
Bandcamp : https://cryptopsyofficial.bandcamp.com/music
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Crédits :
Rédaction : Eddy H. Chavaudret
Correction : Céline Montminy
Révision : Marie-Eve Landry

