Home Scène Découverte Tête d’affiche octobre 2026 | Marc Déposé

Tête d’affiche octobre 2026 | Marc Déposé

Publié le 01 Oct 2026 par

Tout d’abord, merci Marc d’avoir accepté d’être notre tête d’affiche du mois d’octobre.

Ça veut dire quoi, « Déposé » ? D’où vient ce nom ? C’est ton vrai nom de famille ?

C’est mon vrai nom, c’est pas drôle !


Ok ok, quand Mal éduqué mon amour, le premier de Caféïne est sorti, j’avais 14 ans. Caf, Nicotine, Expresso Bill, Perco… Je trouvais ça pas mal cool d’avoir un pseudo et de pouvoir faire le cave sans que le monde sache c’est qui tes parents. D’ailleurs, mon premier pseudonyme à l’époque c’était Carnivore Cola ! Probablement parce que j’avais du simili poulet pis un ti-coke dans mon lunch ! Puis quand les Monochromes ont vu le jour, c’est là que le Déposé est apparu. Les raisons sont évidentes, un jeu de mot simple et bidon pour faire « marque déposée ». ‘Fait maintenant plus de 20 ans que je porte ce nom alors il est un peu tard pour le changer, au grand désespoir des frères Déposé ! En plus, ça ne fait même pas de jeux de mots avec leur prénom. (Chucky, Bobby, Shawny, Denis).

Marc Déposé, c’est un nom, un personnage, un projet musical… ou un peu tout ça à la fois ?

En fait, je pense que c’est le vrai moi ! Je peux être exactement tout ce que je veux, habillé, tout nu, déguisé ou tout en même temps ! Ce qui mélange le monde parfois, c’est qu’il y a eu plusieurs versions « Déposé » : Déposé et Frères, Déposé et Fils, Déposé et Filles, Déposé et ses enfants de cœur, Déposé Starr, Déposé 2000+. Ça demeure Marc Déposé, le nom, le personnage, le projet musical !

Tu décris ta musique comme du « quétaine rock ». C’est quoi, pour toi, du rock quétaine ?

Je ne pense pas rien réinventer. Dans Déposé, on entend le punk rock old school autant que le rock’n’roll classique. Pour moi, c’est tout du quétaine rock. En plus, ça parle de belles filles, de cœurs brisés pis d’émotions trop fortes de ti-cul. Alors j’assume tout à fait le mot « quétaine » dans le rock qu’on fait !

Est-ce que le « quétaine » est une façon de faire de la musique avec moins de règles, moins de prétention ?

Tout à fait ! Une fois admis, tu peux te permettre d’y aller all in. Faque tout le monde sait en partant que Déposé n’arrivera pas sur un stage en pensant qu’il est meilleur ou plus fin. C’est juste un punk rockeur hypersensible qui vient « chanter » tout ce qu’il a dans le ventre et dans le cœur. Pis peut-être aussi un peu dans les culottes !

Qu’est-ce qui est plus important pour toi : que les gens trouvent ta musique bonne ou qu’ils aient du fun en l’écoutant ?

Hein ?! Ben je me dis que si c’est bon, c’est le fun ? Pis si c’est le fun, c’est bon ! Haha !
Mais de partager tout ça avec les méga foules de malade qui viennent nous voir c’est incroyable ! Même quand la méga foule de malade c’est 10 personnes.

Est-ce qu’il y a une ligne que tu ne franchirais jamais dans le kitsch ou le quétaine ?

Je ne vois pas de ligne ou de limite dans ma petite cervelle de poulet. Mais tant que c’est rock, sincère pis niaiseux juste à souhait, j’aime ça ! En fait, ma seule complexité est peut-être là. J’aime ça être ben épais mais c’est aussi ma façon de passer mes petites émotions les plus fragiles. Par contre, je ne pense pas avoir un band hommage, ça c’est trop quétaine !  

Quelles sont tes principales influences musicales ?

Je pourrais name dropper un million de bands ici, en passant par les Lillingtons et Daniel Johnston, mais je vais y aller au plus viscéral. Je vois dans ma tête un triangle fondateur de notre punk rock. Pour moi, les Beach Boys, les Ramones et les Queers sont une progression naturelle. Grâce aux Beach Boys, ce n’est jamais trop quétaine, avec les Ramones, c’est jamais trop simple et les Queers jamais trop fast fuck. Je me sens toujours quelque part dans le triangle !

Tu fais de la musique depuis longtemps et tu as fait partie de plusieurs projets. Qu’est-ce qui t’a toujours ramené vers le rock ?

Au début, c’est sûr que c’était pour impressionner les filles ! Mais avec le temps, j’ai compris que ça ne marcherait pas (sauf une fois), alors je me suis naturellement accroché à autre chose. Le buzz de malade que je ressens quand j’ai une nouvelle mélodie dans ma tête, le thrill de fou quand on jamme à 200 bpm pis que je nous trouve bon avec nos deux accords et demi, pis le fun incroyable de partager ça avec des chums aussi mongoles que moi ! Même un peu plus parfois (Chucky Déposé). Que ce soit avec Les Monochromes, Rock’n’Roll Television, Bonne Journée! ou Déposé, le buzz, le thrill et le fun sont toujours au rendez-vous…

Est-ce que tu as toujours su que tu voulais faire de la musique, ou c’est quelque chose qui s’est construit avec le temps ?

Toujours c’est peut-être un peu fort, mais disons depuis mon premier Walkman. Ensuite, quand j’ai vu Caféïne se mettre tout nu, les fesses dans les butchs de cigarettes pis les dégâts de bière, j’ai su que ce serait ma façon la plus primitive de m’exprimer. Je ne sais pas pourquoi, mais quand la mélodie m’accroche, mon petit derrière se met à bouger tout seul ! La seule chose que j’ai construit avec le temps, c’est un entourage incroyable toujours là pour m’aider à me déhancher sur scène!

Après toutes ces années, qu’est-ce qui a le plus changé dans ta façon de faire de la musique ?

Maintenant je suis beaucoup plus sophistiqué. J’ai une approche plus contemporaine avec psycho-développeurs qui stimulent la création…
Hahaha ben non, j’ai rien changé pantoute ! Du rock toujours trop fort pour démontrer mon léger retard ! Après tout, on fait du rock émergent depuis plus de 20 ans !

Comment naît une chanson de Marc Déposé ? Tu commences par les paroles, la musique, une idée complètement niaiseuse ?

Je suis vraiment du type mélodie. Alors la majorité des chansons voient le jour sur le piano pis j’adapte pour le band ensuite. Quand ça fait 20 fois qu’on la joue pis que je marmonne des singeries, je finis par m’asseoir pour écrire ce qu’elles me font ressentir. Généralement ça parle de rejet, d’amour pis d’autres mardes dans ce genre-là!

Quelle est la chanson de ton répertoire qui représente le mieux Marc Déposé ?

Mmmmm. Je dirais Rêver ! J’aime les petites simples, mais dans plusieurs chansons Déposé, on aboutit avec des pre-chorus, des bridges et d’autres parties que je ne saurais nommer. On ajoute un accord mineur, et voilà que je braille tout seul dans le salon. Je dois avouer que j’aime ben ça! Ça fait du bien de brailler un bon coup !

Pourquoi « Sexposé » ? Qu’est-ce que tu voulais exposer avec cet EP ?

Dans Sexposé, y’a le mot sexe et exposé; je voulais juste montrer mon zizi ! Une autre bonne raison de rocker sous un pseudonyme ! Mais sérieusement, je trouve ça plus facile de me montrer tout nu que de sortir mes tunes. Surtout quand tu les as écrites, composées, enregistrées dans cuisine, mixées avec les moyens du bord pis masterisées à tâtons. Là, ce n’est plus juste l’enveloppe que tu montres, mais tout ce qu’il y a dedans !

Tu sembles être quelqu’un pour qui le spectacle est aussi important que la musique. Qu’est-ce que tu veux que les gens vivent lorsqu’ils viennent voir Marc Déposé ?

Évidemment, je veux qu’ils s’amusent comme des fous et qu’ils aient le gout de revenir ! Je donne vraiment tout ce que j’ai sur scène ! D’ailleurs, avec l’âge, il n’est pas rare que je pousse à l’extrême et que je frise l’effondrement. J’ai passé ben proche en juin dernier lors de notre soirée avec Jérôme 50. J’imagine qu’il y a une raison pour ça… Je me confesse : je veux que les gens m’aiment !

Rédaction : Claudia Bo et Marc Déposé

Correction et révision : Julie Fortin

Mélomane finie mais surtout, fan incontestée de punk rock sous tous ses genres, je suis la fondatrice et rédactrice en chef de ce magazine qu’est le Bad Crew. D’abord animée par une passion pour la culture d’ici et la scène locale, j’ai à cœur de mettre en lumière l’incroyable talent que nous avons ici et ainsi, créer un pont entre les artistes et leurs différents publics.