
Aurevoir les Thugs
Publié le 08 Mar 2026 par Claudia Bo
Hier soir, les Union Thugs foulaient les planches une dernière fois. Non pas sans grand bruit, mais plutôt dans le son des bottes qui envahissaient le pit des Foufounes, les verres qui s’entrechoquaient, les drapeaux qui revolaient et les refrains chantés à tue-tête.

Quand les Union Thugs ont débarqué dans la scène montréalaise vers 2017, ils n’ont jamais prétendu être autre chose que ce qu’ils étaient : une gang de travailleurs qui jouaient de la musique. Pas des rockstars. Pas des vedettes. Juste du monde qui croyait encore que les chansons pouvaient servir à quelque chose.
Leur recette était simple, mais redoutablement efficace : prendre les chants ouvriers, la tradition folk militante et l’énergie brute du punk Oï! Puis tout mélanger pour ensuite gueuler les inégalités, les fiascos patronaux, la misère de ceux et celles qui louent leur force de travail.
Le résultat sonnait comme une soirée trop arrosée où Woody Guthrie se serait mis à chanter avec une bande de skins antifascistes.

Des premières démos jusqu’à Coup de grisou en passant par Folklore ouvrier, ils ont remis en circulation quelque chose que la scène oublie parfois : les chansons qui se chantent à plusieurs. Pas des morceaux pour regarder un band sur scène, mais des pièces pour participer. Pour lever le poing. Pour reprendre le refrain même quand on ne connaît pas toutes les paroles.
Les Union Thugs n’ont jamais été seulement un groupe. Ils ont été une présence. Dans les shows bénéfices, dans les salles communautaires, dans les bars trop pleins, dans les soirées où la politique et la musique se confondaient. Ils rappelaient que le punk n’était pas juste une esthétique, mais aussi une mémoire. Celle des luttes, des solidarités et des histoires qu’on se raconte pour tenir debout.
Comme toutes les bonnes histoires de taverne, celle-ci a fini par se terminer. Mais les chansons, elles, ne disparaitront pas. Elles continueront de circuler, tout comme leur mémoire et leur lègue.
Hier soir, on n’a pas seulement dit aurevoir à un groupe. On a levé notre verre à ce qu’ils ont représenté : un rappel que la musique peut encore être collective, bruyante et profondément humaine.
Aux Union Thugs, merci pour les chansons, les soirées et les refrains qu’on va continuer de chanter bien après que les amplis se soient éteints.
Perso, vous allez me manquer en criss xx
Toujours en lutte
Toujours Antifascistes
Toujours Redskins
Pour toujours Union Thugs
Rédaction : Claudia Bo
Correction & révision : Marie-Eve Landry

