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Deux bières dans le garage avec Irish Moutarde

Publié le 10 Déc 2025 par

Pour mon plus grand plaisir, Irish Moutarde faisait un détour à Lavaltrie le 21 novembre 2025. Ça tombe bien, la météo annonçait « très soif » cette journée-là. L’éclairage sur la façade de l’église St-Antoine était vert pour l’occasion. Coïncidence ou clin d’œil ? Nous traversons les terrains du Café Culturel de la Chasse-Galerie remplis de sculptures et de statues illuminées pour se rendre au fameux Garage à Simon.

Il y a de ces salles qui sortent de l’ordinaire. Ces endroits qui vous transportent dans un autre univers dès que vous passez le seuil de la porte. Le Garage à Simon en fait partie. Aucunement besoin d’avoir connu le cofondateur du Café Culturel de la Chasse-Galerie pour comprendre son amour de la culture. Une simple visite dans son garage nous convainc. Bien sûr que l’église est à couper le souffle, mais, pour moi, l’ambiance rustique du Garage est incomparable. L’atmosphère nous ramène enfin à la Chasse-Galerie originale. Nous avons retrouvé la vibe qu’il y avait avant le malheureux incendie.

Nous sommes accueillis avec un fond de musique très zen. Les discussions coulent à flots, le band soupe avec nous à la table de merch. La tension est palpable malgré la trame sonore de yoga qui joue en arrière-plan. Effectivement, il fait « soif à mort » à Lavaltrie. L’air est sec ! Deux petites blanches de l’Alchimiste nous permettent de survivre jusqu’au début du show en absorbant les œuvres d’art sur les murs.


Les six membres de Irish Moutarde montent sur la petite scène surplombée de poutres en bois et commencent en trombe. Ils dominent l’espace dès le départ. The Bear and the Maiden Fear et The Poison Trail ont été interprétées en début de setlist, mais Farewell to Drunkenness était d’à propos vu les gosiers insatiables parmi nous, qui vont probablement regretter leurs décisions demain matin.

Le garage est bien rempli, tout le monde se dandine alors que sur scène, c’est le chaos total. Nous avons devant nous une des femmes les plus rock and roll du Québec. S’adressant directement à la foule avec un sourire éclatant et la foudre dans les yeux. C’est une force sous-estimée de notre scène locale.

Le groupe de Québec travaille comme une seule entité. Leur complicité est inébranlable. Les leads de banjo virevoltent par-dessus les riffs de palm mute pesant de la guitare. La basse accompagne le double bass drum pour nous empoigner la poitrine sans perdre l’arôme celtic. La cornemuse et l’accordéon nous rentrent dans les genoux pour nous faire giguer. Tous ces instruments traditionnels sont maîtrisés à la perfection par les musiciens. Ce band n’est pas en rodage, rien n’est laissé au hasard.

Le répertoire déployé pour nous ce soir est vaste. Le spectre s’étend du vieux folklore américain jusqu’à Céline Dion. Le premier mosh pit est survenu pendant Rose Tattoo de Dropkick Murphys. Au même instant, une odeur d’herbe se répand dans la salle. Nous ouvrons les portes de garage pour le dernier stretch du setlist. Le band nous présente du nouveau matériel qui est bien reçu par la foule maintenant dégênée. On nous annonce même un enregistrement à venir sans promettre de date.

Le crowd redouble d’ardeur pendant The Cabin et l’intensité monte d’un cran dans la fausse. Le groupe a joué deux heures sans interruption, ils ont interprété leurs chansons de noël, leurs succès et leurs covers en gardant la même énergie du début à la fin. D’ailleurs, ne manque pas ta chance de les voir à L’Anti Bar Spectacle le 20 décembre pour célébrer les fêtes dans leur ville natale.


Rédaction : Frosty Pat

Photos : Frosty Pat

Correction : Val Girard

Révision : Marie-Eve Landry