
Pils Sessions IV : spectacle et marché punk/oi! d’Ottawa
Publié le 30 Jan 2026 par Eddy H. Chavaudret

La nuit du 17 au 18 janvier a été bien mouvementée au House of Targ d’Ottawa. Pils Records y tenait la quatrième édition de ses Pils Sessions avec les groupes The Defamed, Over the Hill, Street Code, The Stress et The Scally Cap Brats ainsi que quelques marchands punks. Vous pouvez retrouver le compte rendu de Frosty Pat de l’édition précédente ici.
Marché DIY
K.I.V.A. débute la table des vendeurs invités avec ses différents articles, comme des colliers, des boucles d’oreilles, des ceintures et des vêtements faits à la main.


Juste à côté se trouvait La Fée Rebelle, une artisane qui crée en recyclant. Ses produits sont multiples et de plusieurs utilités : savons, couvres bols, sac à collation, etc. (voir la partie droite de la photo ci-dessus).

À la droite de cette dernière, Sick & Twisted Records présentait ses vinyles, cassettes, patchs (une tonne de patchs !) et autres. Cette maison de disques punks existait avant même ce millénaire ; juste pour vous dire que sa réputation n’est plus à faire dans l’underground québécois.


Le dernier de cette grande tablée était La Caisse Noire, un ébéniste qui fabrique du mobilier pour vinyle personnalisable. Il peut adapter ses meubles de bois aux 7″, aux 10″ et aux 12″, les peinturer et autrement les personnaliser à votre guise, il suffit de communiquer avec lui.


Finalement, celui qui a organisé ce formidable évènement, Dizz Hupé, de Pils Records, proposait sa marchandise en forme de grands disques de la taille d’une grande pizza près de l’escalier menant à la salle de concert/arcade qu’est le House of Targ. Pils Records est un label distribuant des vinyles et des cassettes de groupes underground ou connus, incluant ses propres réalisations et celles d’autres maisons de disques.


The Defamed

La musique commença avec le groupe montréalais The Defamed. Plusieurs échanges chantés eurent lieu lors du premier morceau entre un guitariste crêteux, un guitariste spikeux et une batteuse aux cheveux partiellement verts. Cette dernière tapa ses tambours et fit un superbe drum fill pour débuter le deuxième titre. Après avoir remercié Dizz pour le show, le band continua de plus belle après un cri qui préluda une chanson rapide, coupée par un interlude lent, avant de reprendre de la même façon qu’elle a commencé. On a ensuite eu droit à Fashion Pig, une toune de street punk « crissement » bonne.


Le public a commencé à bouger lors des chansons suivantes. Entre deux pogos, le groupe a souhaité un joyeux anniversaire à quelqu’un dont le nom n’a pas atteint mes esgourdes. Un peu plus tard, le groupe rata l’intro d’un court morceau, mais ils dirent que c’était intentionnel… Je vais leur donner le bénéfice du doute. Pour l’avant-dernier morceau, le chanteur à crête chanta vite, malgré des problèmes avec son pied de micro et sa guitare qui ne le déstabilisa pas vraiment.
Over the Hill

Venant aussi de Montréal, Over the Hill s’introduisit avec ces mots (si j’ai bien compris) : « This show is brought to you by Advil®. » Un peu d’humour pour débuter, c’est toujours apprécié. C’était le premier groupe « sans poux » de la soirée, ou skinhead si vous préférez, mais le seul à avoir chanté en anglais et en français. Et, je ne sais pas pourquoi, la oi! francophone a un petit quelque chose qui la rend meilleure à l’anglophone, donc les deux ou trois titres dans la langue de Komintern Sect ont été dans mes préférés de la soirée. Peu de temps après leur première chanson en français, le chanteur nous confie qu’il vient d’Aylmer, soit juste de l’autre côté du pont.


Par la suite, leur quatrième titre fit bouger le public avec la gradation rapide de son rythme. À gauche de la scène, quelqu’un portait la bannière à l’effigie du groupe pendant que le chanteur faisait son Skank Kid, le fameux dessin de Shawn Kerri réutilisé par Circle Jerks. Plus tard, une personne se fit porter par d’autres gens et j’ai eu peur pour lui, parce que, pour ceux qui ne connaissent pas la salle, le plafond du House of Targ est très bas. Justement, le chanteur dira un peu plus tard qu’il est connu pour faire des backflips sur scène, mais qu’il préférait ne pas essayer ici.


Avant cela, il y a eu un petit moment de publicité pour inciter les auditeurs à acheter leur album, puisqu’il n’en restait plus qu’une vingtaine dans le monde. Ensuite, le band a chanté son hymne Young Again, qui clôt ce même album. Deux fans semblaient très bien connaître celle-ci, puisqu’ils sont allés chanter dans le micro du chanteur. Pour terminer, ils remercièrent eux aussi Dizz et reprirent Moscow de Blitz.
Street Code

Street Code se présenta d’abord comme étant de Toronto et remercia Dizz pour le concert. Le band a ensuite joué Clobber et je découvris de la oi! vachement lourde dans un sens presque hardcore, caractérisée par la voix grave du chanteur et la musique relativement lente. Le groupe a continué avec Dirty Town, un titre sur leur grande ville ontarienne. Petit changement de registre avec In My Flight, le titre éponyme de leur album, qui contient un refrain vocal mélodique en O. Le prochain, Let Me Go, a été pas mal mouvementé.


On a ensuite eu droit à Go Home. Pendant une des chansons, le chanteur baissa le pouce comme un empereur romain. Avant de terminer, Street Code a fait une autre chanson dont le refrain contient de nouveau une mélodie vocale en O, ces deux-là sont probablement mes favorites de leur set. Ils ont fini, à l’instar d’Over the Hill, avec une reprise de Blitz ; cette fois-ci, Warriors.
The Stress

« We’re coming from the U.S., unfortunately » ont été dans les premières paroles du chanteur skinhead à béret de The Stress, le groupe invité de New York. Je me souviens que l’un des premiers titres avait une bonne mélodie typique de la vieille oi! et que les lignes de basse étaient superbes. Justement, le bassiste avait étonnamment un chandail de Komintern Sect. Le groupe a aussi performé leur toute dernière réalisation, Break the Chains.

The Stress a par la suite dédié une de leurs chansons à The Defamed puisque les deux ont écrit des morceaux sur les gatekeepers/posers. Eux aussi remercièrent Dizz entre deux compositions originales. Le band nous a annoncé qu’un nouvel album, qui se nommera Here First, Here Last, est en route et nous a présenté la nouveauté If I Don’t See You. Les musiciens reprirent après, non pas du Blitz, mais du Business, plus exactement Real Enemy.

(Petit message à ceux qui se saoulent pendant des concerts, particulièrement à celui qui a gâché mon appréciation de la prestation de The Stress : vous faites chier les autres quand vous ne savez pas vous tenir. Je croyais qu’être punk c’était d’abord de respecter son semblable. S’il vous plaît, respectez vos calisse de limites, ou au moins celles des autres.)
The Scally Cap Brats

Nous sommes donc rendus au talent local avec The Scally Cap Brats, un groupe regroupant six musiciens répartis comme suit : trois guitaristes, un bassiste, un batteur et un homme à tout faire (un multi-instrumentiste). Le chanteur procéda tout d’abord au tirage de la boîte mystère que Pils Records avait préparée spécialement pour l’évènement dans laquelle se trouvait plusieurs items musicaux de plusieurs formes. Tout au long du spectacle, le multi-instrumentiste a surtout joué de la mandoline, mais il la troqua à maintes reprises. Par exemple, il la quitta pour n’être qu’avec son microphone pour chanter seul sur le troisième morceau de punk celtique bien festif.


You Never Know et Yankee Jim de l’album Our Storied Past suivirent. Le mandoliniste échangea son instrument pour une mini-flûte qu’on n’entendit pas des masses, de même que sa mandoline quand il la reprit. Cette dernière se transforma en banjo un peu avant Halifax Way. L’avant-dernière pièce musicale contenait un extrait de We’re Coming Back de Cock Sparrer. À ce moment précis, la foule a chanté en cœur, et certains, dont Jenny Woo, sont même montés sur scène pour chanter avec le groupe. L’évènement s’est clos sur Dress Sharp, Drink Hard. Le band a aussi joué des nouvelles chansons.

Nous retrouverons Pils Records pour un évènement qui sera, je pense, exceptionnel le 10 octobre pour ses cinq ans d’existence.
Pour encourager les artisans et les groupes de la soirée :
K.I.V.A. : Instagram
La Fée Rebelle : La Fée Rebelle (site officiel)
Sick & Twisted Records : Linktree
La Caisse Noire : Facebook
Pils Records : Linktree
The Defamed : Linktree
Over the Hill : Instagram & Bandcamp (album) & Bandcamp (demo) & vinyle
Street Code : Instagram & Bandcamp (EP) & Bandcamp (album)
The Stress : Facebook & Bandcamp
The Scally Cap Brats : Facebook & Bandcamp
Crédits
Rédaction : Eddy H. Chavaudret
Photos : Guylaine De Gregorio, Eddy H. Chavaudret (photos des sections Marché DIY et The Scally Cap Brats), Courtney O’Hara (dernière photo), les logos des marchands proviennent de leurs réseaux sociaux
Correction : Val Girard
Révision : Marie-Eve Landry