
The Joe Evil Piano Show avec Vincent Peake : un piano, une basse et du rock!
Publié le 28 Août 2025 par Cynthia Côté
The Joe Evil Piano Show avec Vincent Peake offre une relecture acoustique du répertoire des groupes légendaires GrimSkunk et Groovy Aardvark. Un piano, une basse et du rock ! Deux arrêts étaient prévus soit au Pub Aire Salin à Percé ainsi qu’à la Brasserie artisanale Le Bien, le Malt de Rimouski.
C’est le lundi 18 août que j’ai assisté à ce concept unique et original à Rimouski. J’étais curieuse de voir cette prestation et j’ai été agréablement surprise. Je ne doutais pas du talent de ces deux pionniers du milieu de la scène québécoise, mais ça m’a permis de voir autrement leur exécution artistique.
Joe démontrait une excellente technique au piano. Une fluidité d’exécution, avec précision et rapidité, tout en assurant vocalement les pièces jouées. Vincent faisait vibrer les morceaux tout en puissance avec sa basse. Avec des touches de rigolade, ils ont débuté en interprétant des morceaux principalement anglophones de classique, de rock’n roll, des Beatles, une chanson d’Evil Five et bien sûr, de GrimSkunk et de Groovy Aardvark, en finissant par Le P’tit Bonheur que tous dans la salle chantaient en chœur ! C’était une belle progression musicale dans les chansons interprétées. On en demandait davantage à la fin. Ils ont bien voulu nous en faire une petite dernière.
Entrevue
Tout juste avant leur prestation, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec ce duo pour une petite entrevue que voici :
Est-ce la première fois que vous faites ce concept acoustique ? Car c’est la première fois que je vois cette formule musicale vous concernant.
Joe : Ça a commencé en 2016. Mon ami, qui avait un resto-bar à Montréal, m’avait demandé de monter un show « autre » ou un show solo pour un souper-spectacle dans son nouveau bar, et j’avais invité Vincent. Après, on a fait un autre show au Saguenay et ensuite, le mot s’est beaucoup répandu. Maintenant, c’est notre quinzième ou vingtième show en deux ans, et notre première fois au Bas-Saint-Laurent. Les seules dates qu’on avait cet été, c’était à Percé et à Rimouski. On repart à l’automne avec d’autres dates. On ne vend pas le spectacle, ce sont les gens qui nous invitent en général.
Avec GrimSkunk, avez-vous hâte de jouer prochainement à Rimouski ?
Vincent : Oui ! Et moi en plus, je n’étais pas dans le band quand GrimSkunk a joué au pavillon agricole la dernière fois. Ça fait 21 ans que je suis dans le band, fait que ça fait un certain temps. Mais même avec Groovy et tous les bands que l’on connaît, comme BARF et Anonymus, Rimouski a toujours été l’une des grandes capitales de musique distorsionnée au Québec. Ç’a été la capitale du métal pendant longtemps. Matane aussi en fait, c’était une ville qui marchait bien. On y jouait au Barachois sur le bord de l’eau avec GrimSkunk, qui a initié la place en 1991. Les gens apprécient qu’on fasse cette distance-là. À l’époque, c’était plus tough aussi. Nos véhicules étaient vraiment maganés et il n’y avait pas beaucoup d’Internet, donc c’est le bouche-à-oreille qui faisait toute la job. Ils étaient toujours étonnés et contents de voir qu’il y avait tant de monde qui venait de si loin. On vient depuis si longtemps qu’on a entretenu des amitiés avec le temps qui reviennent nous voir pour célébrer les bons moments passés et présents.
Comment trouvez-vous la scène locale québécoise présentement vs à vos débuts ?
Joe : Quand on a commencé, l’underground, pour nous, c’était du punk puis du métal. Maintenant, il y a plusieurs autres styles qui se sont faufilés là-dedans. Le punk est devenu un peu moins la musique des jeunes, puis on a un peu plus de folk et de pop alternatif qui ne passe pas à la radio. J’ai 55 ans et ce qui est quand même intéressant pour le punk rock, c’est qu’on n’est jamais trop vieux ni trop jeune pour être baptisé là-dedans. Pour les nouveaux qui commencent, c’est peut-être moins « école secondaire », comme dans le temps que c’était populaire. Maintenant, c’est plus ceux qui ont l’oreille et l’intérêt pour ce style de musique.
Vincent : Je dirais que la plus grosse différence depuis 30 ans, c’est qu’il y avait beaucoup moins de bands à l’époque. On devenait plus reconnaissable, car on était peut-être une vingtaine. Alors que maintenant, il y en a 200, 300… Il y a beaucoup de demande pour à peu près le même public. C’est plus difficile pour un jeune band d’aujourd’hui d’établir son nom à long terme, car il y a plusieurs groupes. On a pu bénéficier de ça dans les débuts de ce style-là au Québec, de tracer le chemin et de « taper la trail », comme on dit. On est chanceux avec nos deux bands, on a gardé un public fidèle.
Il y a un phénomène qui est vraiment trippant, c’est plusieurs de nos fans qui ont eu des enfants et qui reviennent avec eux quelques années plus tard. Musique Plus n’existe plus, on ne passe plus dans les radios et les médias nous ignorent. Il ne reste que la transmission parentale qui est très importante et il y en a plus que l’on pense. Ce que je trouve beau, ce sont les couples qui sont encore ensemble par la passion de ce style-là et qui la transmettent aux enfants. C’est super beau. Rencontrer ces jeunes, signer des autographes, ça change la perception et ça rend cela bien plus accessible. On a toujours été bon là-dedans : rester ben proche du monde et jaser avant et après les shows. À long terme, on bâtit quelque chose de solide à travers ça.
On est encore des fans de musique. On va voir autant de shows qu’on en fait, dans mon cas, j’en vois énormément. C’est le fun de ne pas perdre la magie de ce que c’est un bon show et de rester ébahi devant le pouvoir et la magie de la musique.
Avez-vous des découvertes musicales, de bands de la scène underground au cours des dernières années que vous aimeriez nous partager ?
Vincent : Moi je porte le chandail de Princesses. C’est un trio, deux filles et un gars. On a joué un peu avec eux à Sainte-Hyacinthe. C’est produit par David Bujold qui est dans Fuudge, qui est un autre groupe que j’adore. Donc, ils ont un peu ce son-là. Les harmonies sont super belles. Les membres sont vraiment cool, alors je les encourage autant que je peux. J’aime aussi un jeune band qui s’appelle Conflit Majeur. Pour leur âge, les membres du band sont solides. Ils sont bons, ils sont cool et ils comprennent que ça va être dur de faire ça dans la vie. Mais ils ne se bercent pas d’illusions. Ils sont très matures pour leur âge, plus que moi à leur âge. C’est un bon band à connaître.
Joe : Au GAMIQ, on a vu jouer Ghun Twei et il y avait aussi Angine de Poitrine. Pour moi, ces deux bands étaient une découverte. Et l’année d’avant, Enfants Sauvages dont la chanteuse a une belle attitude, une bonne présence de stage et tout cela. Ce sont des bands qui sont dans des montées. On va voir où leur carrière les amènera.
Vincent : La scène au Québec est très vibrante et le rock reprend sa place tranquillement, je te dirais. À un moment donné, ce n’était plus ça qui était à la mode. Mais on a toujours continué notre ligne directrice pareil. Les kids aiment ça, le rock, et ils le font bien aussi. Leurs influences sont vastes et ils naviguent vraiment bien à travers ça. C’est riche en information musicale et ça paraît dans leur composition.
Joe : Quand on a commencé, ce qui était intéressant, c’est qu’on était vraiment une petite communauté de bands alternatifs à Montréal et une très petite communauté à Québec. Peut-être que Rimouski avait un band, que Sept-Îles avait un band, que Trois-Rivières avait aussi un band… et là, tout le monde a plein de bands, c’est dur à suivre. C’est quand même beaucoup de bons bands.
Pour terminer, avez-vous de nouveaux projets à venir dans vos bands respectifs ?
Vincent : C’est sûr que les deux bands qu’on a vont être là aussi longtemps qu’on va être capable de faire de la musique. On s’entend super bien. On a aussi un projet commun entre Groovy Aardvark et GrimSkunk qui s’appelle Evil Five. Ce sont à la base des tunes de Joe, mais il y a Peter et Alain de Grim ainsi que Martin et moi de Groovy. On est donc cinq compositeurs. On n’a pas joué beaucoup à date, mais éventuellement, on va aller en studio.
Joe : C’est notre projet d’hiver. L’été, on a tendance à faire des festivals et prendre des vacances. L’hiver, on a un petit peu de temps mort et dans GrimSkunk, Franz est parti durant 2-3 mois.
Vincent : On garde ça « side project » pour le moment, mais c’est trippant de se revoir. On se connaît depuis 40 ans, ou à peu près. C’est ce qu’on développe présentement. On n’a fait que deux shows jusqu’à maintenant. Au courant des prochains mois, on aura l’occasion de monter un bon démo. J’ai aussi un autre band avec le chanteur de Priestess qui s’appelle To the Lighthouse. C’est tout nouveau, c’est plus prog. On pratique, mais on n’a rien d’enregistré. Ça va avoir lieu en 2026.
On a aussi été dans le band Aut’Chose qui était le band mythique de Lucien Francoeur dans les années 1970, et qu’on a reparti en 2005. On fait un hommage à Lucien, on est invité pour le Festival de musique émergente (FME) à Rouyn-Noranda. Ça va s’appeler Les Freaks de Montréal, un hommage à Aut’Chose. On a pratiqué la première fois lundi passé. Vu qu’on n’a pas de chanteur, on a invité plusieurs personnes à venir chanter, dont Rox d’Enfants Sauvages. Population II va être avec nous autres, Rose Cormier aussi. C’est un collectif que l’on fait le 31 août en clôture du festival.
Et aussi moi et Joe, on fait un hommage semi-acoustique à Black Sabbath qui s’appelle Sabbath Café. Ça fait vingt ans que ça roule.
Au grand plaisir des fans de la région, GrimSkunk sera en prestation à Rimouski le 13 septembre, événement Facebook ici. De son côté, Groovy Aardvark sera à l’Anti Bar & Spectacles à Québec le 19 décembre prochain.
Crédit photos : Cynthia Côté
Rédaction : Cynthia Côté
Correction : Valérie Lapierre
Révision : Julie Fortin










