
Unis pour contempler l’abîme avec Vulgaires Machins
Publié le 25 Mar 2026 par Maxime Isabelle
Le vendredi 13 mars dernier avait lieu, au Théâtre Beanfield (le Théâtre Corona pour les puristes), le spectacle de lancement du plus récent album Contempler l’abîme de Vulgaires Machins. À l’origine, il devait s’agir de l’unique date de lancement à Montréal. Toutefois, les billets se sont envolés en quelques jours. Un heureux problème qui a permis au groupe d’ajouter un second spectacle, le 12 mars.

Pour l’occasion, l’excellente formation Thick Glasses avait l’honneur d’assurer la première partie lors des deux représentations. En plus de Thick Glasses, le groupe Somet ouvrait la soirée du 12 mars, tandis que Caniche avait cette responsabilité le 13 mars. Comme la soirée affichait complet, nous sommes arrivés tôt afin d’obtenir une bonne place et de voir ce que les différents groupes avaient à offrir du côté de la marchandise.
Caniche
J’aime toujours faire de nouvelles découvertes, et ce fut le cas avec Caniche. Nous avions pris le temps d’écouter quelques chansons dans la voiture en nous rendant au spectacle, et cela nous avait déjà laissé une bonne impression.

À 20 h tapantes, la formation composée de Charles-Éric Lavoie (guitare et voix), Lou Brassard (guitare et voix), Jonathan Franken (basse), également membre de Charogne, et Laurent St-Pierre (batterie, en remplacement de Julien Daoust absent ce soir-là) est montée sur scène pour livrer une performance solide qui donne envie d’en entendre davantage.
Une bonne foule était déjà présente devant la scène. Lors d’une interaction avec le public, le groupe a souligné l’importance de soutenir la relève. Pour illustrer ce propos, ils ont enchaîné avec la chanson La Relève, une pièce qui se veut une satire avec des paroles comme : « J’haïs la relève / Sont toujours défoncés / Sont toujours pisseux ».
Ce fut un très bon début de soirée, et j’ai bien hâte de recroiser Caniche sur scène lors d’un prochain spectacle. Pour ceux qui comptent aller voir Vulgaires Machins durant leur tournée, je vous conseille d’arriver tôt pour attraper le groupe, qui assurera notamment la première partie le 20 mars à Chicoutimi, le 27 mars à Saint-Hyacinthe et le 28 mars à Granby.
Thick Glasses
La formation montréalaise Thick Glasses, qui se fait tranquillement un nom sur la scène punk et alternative de la métropole et de la province, était la suivante à monter sur scène. Si vous ne connaissez pas encore ce groupe, je n’hésite pas à dire qu’il a, selon moi, produit l’un des meilleurs albums de 2025 avec Dans l’abysse. Ce spectacle représentait donc une excellente occasion pour eux de faire découvrir leur musique à un public plus large qui serait peut-être passé à côté autrement.


Le groupe a principalement interprété des chansons tirées de ce plus récent album. Nous avons notamment eu droit à Mon Accalmie et Eliza, en plus de Mydriase et du désormais classique DOGO. Charles De Villiers, chanteur et guitariste du groupe, a pris un moment pour exprimer sa gratitude face à l’opportunité de jouer en première partie d’un groupe phare de la scène québécoise. On ne peut que lui répondre que cette place est amplement méritée.
Nous avons ensuite eu droit à ce que le groupe appelle le moment Fred Durst. Tous ceux qui portaient une casquette étaient invités à la mettre à l’envers et à se préparer à s’amuser comme si nous étions en 1999. Encore une excellente performance pour Thick Glasses, qui sera également présent au Pouzza Fest 14 cette année pour ceux qui y seront. Le groupe assurera aussi la première partie de Vulgaires Machins à Québec, ainsi que celle de Exterio le 24 avril à Drummondville.
Vulgaires Machins
Sans surprise, Vulgaires Machins a débuté son spectacle exactement comme leur plus récent album Contempler l’abîme, avec les pièces Terminé le fun et On Mani Padme Hum, avant d’enchaîner avec Être un comme. Le groupe a ensuite été accueilli par une ovation chaleureuse qui semblait sincèrement les toucher. Tous les membres du groupe paraissaient en grande forme pour cette seconde soirée montréalaise de la tournée. Ils étaient accompagnés de Lisa Iwanycki au clavier, un bel ajout.
Avant de poursuivre, Guillaume a lancé à la foule : « Chère Montréal, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour et de chaos. » Nous avons ensuite eu droit à Asile, OK et Vivre, tirées de l’album Disruption, ainsi qu’à On continue provenant du plus récent opus. On peut dire que ces chansons mettent effectivement en lumière le chaos qui sévit actuellement dans plusieurs secteurs de notre société. Le groupe a ensuite su nous donner des frissons en demandant notre participation à un classique du groupe. Au lieu de vous décrire le moment, je vous laisse l’écouter.
Un peu plus tard, le groupe a fait plaisir aux nostalgiques avec un medley de trois « vieilles, vieilles, vieilles chansons », comme l’a présenté Guillaume.
Les trois pièces tirées de 24.40 étaient La rue Déragon, Trinitrotoluène et Cocaïnomane. Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu ces chansons en spectacle. Il ne nous a manqué qu’une pièce de Regarde le monde pour couvrir l’ensemble de la discographie du groupe. Je me plains la bouche pleine, mais j’aurais volontiers pris Roméo et Yvette ou Fausse route.
Marie-Ève a ensuite pris la parole, disant espérer ne pas nous avoir trop « décrissés » avec leurs chansons qui parlent parfois de fin du monde. Je tiens à la rassurer : oui, les temps sont difficiles et il n’est pas toujours facile de garder le moral devant les inégalités qui se creusent entre les plus riches et la classe moyenne. Mais si chacun fait sa part et si nous travaillons ensemble, j’ose croire qu’il est encore possible de renverser certaines dynamiques injustes. Mais si chacun fait sa part et si nous travaillons tous ensemble, nous arriverons à renverser ou ébranler l’impérialisme en place. Ils se sont ensuite lancés dans une magnifique version acoustique d’Un peu plus fort, un moment particulièrement touchant de la soirée.
Tout au long du spectacle, la participation de la foule a été sollicitée ce qui ajoute à l’expérience. À titre d’exemple, des « olé! olé! olé! » ont été lancés durant un intermède pendant Puits sans fond. La foule montréalaise, fan de hockey ou non, est toujours partante pour ce genre de moment. Avant d’entamer les dernières chansons, le groupe a pris le temps de remercier les membres de leur équipe. Il est important de souligner le travail de ces artisans de l’ombre qui rendent de telles soirées possibles, et j’ai pris soin d’en capter un extrait.
La performance de Vulgaires Machins avait débuté comme l’album Contempler l’abîme, et s’est terminée de la même façon en enchaînant Libérer la foudre, Faire sécession et Me croire seul à me croire inutile. Ces trois chansons forment un tout, et il aurait été difficile d’imaginer le spectacle se conclure autrement.
Un rappel avant de rentrer à la maison
Au grand plaisir de la foule, Vulgaires Machins est revenu sur scène pour un rappel de trois chansons. Le groupe a entamé ce segment avec L’effondrement qui vient. Nous avons eu droit à une grande surprise lorsque Jenny Salgado s’est jointe à eux sur scène. Voici une vidéo de ce moment :
Jenny Salgado a ensuite quitté la scène, et nous avons eu droit au classique Dieu se pique, durant lequel le groupe s’est permis un clin d’œil è un autre classique de la musique québécoise avec un extrait de Sous le vent de Garou et de la grande Céline.
La soirée s’est finalement conclue avec Et même si, offrant une finale à la hauteur de l’intensité du spectacle. Difficile d’en demander davantage pour un concert de Vulgaires Machins, des premières parties bien choisies, une scénographie simple mais efficace, et une généreuse setlist de 23 chansons qui a su satisfaire les fans de longue date ainsi que les nouveaux venus. Une soirée réussie, fidèle à la réputation du groupe.

Rédaction : Maxime Isabelle
Correction : Jess Peach
Révision : Marie-Eve Landry

