
VioleTT Pi récite la Mythologie de la dérape au Café du Clocher
Publié le 23 Sep 2026 par Patrice Belley
Après que VioleTT Pi fût ma révélation du festival La Noce, je ressentais une envie d’en consommer de nouveau. Ces bardes se promènent d’une ville à l’autre afin de réciter la Mythologie de la dérape, titre porté par leur récente création artistique. Je les intercepte pendant leur trajectoire lors de leur passage à Alma au Café du Clocher, le vendredi 11 septembre.
Ne vous affolez pas avec cette date marquante, mais il y aura peut-être plus que les deux tours jumelles qui seront ébranlées par les propos de Karl Gagnon. Cette fleur d’une espèce inconnue produit de la musique rock alternative électroclash, sonnant également grunge, punk et même pop, soutenue par des textes francophones.

Le Café du Clocher
Le chemin de VioleTT Pi doit inévitablement croiser la meilleure salle de spectacle du Québec : Le Café du Clocher. Deuxième année consécutive suite à sa présence le 17 octobre 2025, pour y présenter Le clown est triste. Nous ne sommes pas loin, à un poil du sold out.

Violett Pi
Violett Pi compte une famille de cinq albums possédant chacun sa personnalité distincte :
- 2011 : VioleTT Pi (EP)
- 2013 : eV
- 2016 : Manifeste contre la peur
- 2023 : Baloney suicide
- 2026 : Mythologie de la dérape
Monsieur Gagnon a publié un recueil de poésie intitulé Baloney suicide et, en 2023, il lance un album du même nom.

Mythologie de la dérape
Le 29 mai, Mythologie de la dérape est paru sous l’étiquette L-A be. Nous avons ici un album-concept où le grattage de notre « moi intérieur » est mis de l’avant. J’ai l’impression et le sentiment d’entrer, pénétrer sous le chapiteau d’un cirque pour satisfaire ma curiosité et mon voyeurisme.
Des morceaux hurleurs et crinqués, faisant penser à System of a Down. Influences de Jean Leloup ressenties, infimes traces bien insérées. Retrouvons-y une reprise de la composition Bébé requin, rendue populaire en 1968 par France Gall. Nous sommes à bord de l’univers insensé de VioleTT Pi, qui est en continuel dérapage contrôlé à l’aide de sa musique transcendantale.

Une tournée est alors enfantée. Du 17 juin au 12 décembre, la map dans le coffre à gants sera celle du Québec. Le groupe devra la troquer pour celle de la France, où il se trouvera du 2 au 8 octobre.

Qu’est-ce que ça vaut live ?
L’arrivée de VioleTT Pi est à chaque fois surprenante. Pas à poil, habillé il est, je vous rassure immédiatement. Quatre allumés déguisés, costumés, accoutrés pour incarner pleinement leur personnage animé par la musique. Nous avons un mix entre Luigi et Mario, un apôtre pêcheur et le chef de ce cirque qui est un clown blanchâtre. La clarté incarnée, tout n’est pas noir dans son univers.

Fabuleuses histoires
Machine à bulles est au rendez-vous, brandie par une fidèle spectatrice qui ne manque jamais un bon show. Un pilier du Café du Clocher et des salles de spectacle du Québec, tout comme moi. Ça vogue, je vogue, comme un surfeur effréné. VioleTT Pi maintient la vague, nous la sentons, nous ne faisons qu’un. Oh ! Dose électro délectable. Paupières peinturées de rouge, yeux fermés tout aussi ouverts, sinon plus.

La légende s’écrit
Poète aguerri, il est, Karl Gagnon. Textes animés nous menant dans divers multivers, une réalité alternative adoptée. Son cerveau, mon cerveau et votre cervelle sont décalés. Les quatre musiciens se relancent, l’un est la bougie d’allumage de l’autre, provoquant une réaction en chaîne inarrêtable. On peut facilement affirmer que ça rock en sale !


Fable en cours
L’oxygène devient électrique et évidemment conjointement électronique. Son asile est nôtre. La fleur s’épanouit, exécute son éclosion pour exposer sa beauté intérieure. Sa couleur violette symbolise principalement la spiritualité, la royauté, la créativité et le mystère. Je ne saurais mieux dire. Parcelle de musique du jeu vidéo Mario Bros., indiquant un niveau accompli, les membres se félicitent.
S’égarer
C’est reparti ! Où nous emmènera-t-il, nous mènera-t-il ? Feu de plastique est jouée. L’une des chansons qui m’ont fait accrocher à ce groupe au festival La Noce. Morceau, encore une fois, sur la coche. Le synthé est omniprésent, pesant, mené par son disciple musical et mental. Prenons tous une bonne respiration, reprenons notre souffle collectif. Intégration optimale réussie entre les membres du band et son auditoire. Réussite d’électrification de l’ambiance. Électrochoc de masse, social.

À la dérive
« Salut tout le monde, ça m’a fait plaisir. » Pour le jongleur des mots, ces figures sont des phrases et ses prouesses, des paragraphes. Athlète artistique de compétition. « Je le sens, je le suis, je suis une fleur carnivore. »
« Je suis désabusée et j’abuse pour oublier » de la pièce Héroïne. Écriture trop forte. Des lettres alignées dans un ordre adéquat et plus que cohérent. Tout à coup, le groupe s’énerve. Percussions fracassées à fond, à tout rompre. Ça brasse et initie un thrash immédiat qui se met en place. La prochaine pièce interprétée est de l’album eV. « Artifice, artefact, pelure de linge. » Jump! Jump! Saute qui peut ! Touche pop qui ressort, se pointe à l’occasion. Saupoudrage efficacement dosé. Soudainement, nous repassons à l’apocalypse headbang obligatoire, impossibilité d’y résister. Notre tête hochante qui se laisse aller se paie la traite.

Dérapage contrôlé
Boum ! Est-ce la fin ? Non, heureusement et joyeusement. Karl Gagnon se hisse sur une caisse de son, son perchoir pour cracher son venin poétique. Parachuté sur nos âmes perdues et en manque, en quête incessante musicale. Petits cris courts continus me rappelant un bout d’une toune de Jean Leloup, que voulez-vous ?
Ralentissement noté, intermission instrumentale insérée. « Est-ce que vous êtes là ? » Tous les bras se lèvent instantanément dans les airs, sans exception. Le party est à son summum, un sommet vertigineux atteint. Acclamons ce délire !
« Une dernière qu’on va faire. Qui a de la misère avec sa pipe ? » Le chanteur est perplexe, s’interroge sur la bulle qui flotte devant lui. « Un perroquet… ». Oh yeah! Nous sommes rendus à Six perroquets séchés dans un tiroir en bois.

Affabulation complétée
Essoufflé et exténué, il est. VioleTT Pi est à voir et à revoir absolument. La durée de cette autopsie, dissection de son être, a été de 1 h 30. Une setlist équilibrée.
Dans moins de six jours, je serai de retour à ce même formidable Café du Clocher. Les légendes du punk Subhumans s’y pointeront le jeudi 17 septembre. À bientôt !
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Jerry Cherry
Correction : Valérie Lapierre
Révision : Val Girard

