
Codefendants, une soirée alliant Hip-hop, folk et punk
Publié le 30 Mar 2026 par Maxime Isabelle
Codefendants étaient de retour au Canada pour une deuxième série de spectacles au Québec et en Ontario. Le groupe avait déjà fait un arrêt dans la province en novembre dernier, avec des passages à Shawinigan et à Québec. Les fans montréalais étaient restés sur leur faim, aucun concert n’ayant été prévu dans la métropole. Cette fois, Montréal n’a pas été oublié et tout laissait présager un sacré bon spectacle.

Pour cette tournée canadienne, Codefendants étaient accompagnés de Chuck Coles et de Thesis Sahib et un invité local à chaque arrêt. Du côté de Québec, le public a eu droit à Pomegranate et Burly Wood, tandis qu’à Montréal, nous avons eu la chance de voir l’excellente formation Conflit Majeur.
Comme à mon habitude, j’étais présent dès l’ouverture des portes question de ne rien manquer de la soirée et, peut-être, d’alléger un peu mon portefeuille. Codefendants semblaient toutefois avoir voyagé léger côté marchandise et, malheureusement, Conflit Majeur n’avait pas ma taille de t-shirt. Ce n’est que partie remise, j’en ai déjà réservé un pour leur prochaine production.
Thesis Sahib
Thesis Sahib est un artiste multidisciplinaire originaire de London, en Ontario. Il est notamment reconnu pour son implication dans la scène du graffiti canadienne. En plus de proposer un hip-hop à saveur avant-gardiste, il touche à plusieurs formes d’expression artistique. Il est aussi connu pour faire du dessin, peinture, murales, zines et bande dessinée. En parallèle de ses performances, il agit également comme membre de l’équipe de tournée de Codefendants.
Seul sur scène, armé de son kit de mix/DJ, Thesis Sahib a lancé la soirée. Malheureusement, peu de gens étaient au rendez-vous à ce moment, et plusieurs semblaient davantage absorbés par leurs conversations. Malgré ce contexte, il ne s’est pas laissé déstabiliser et a livré une bonne performance..
Parmi les morceaux interprétés, j’ai relevé Dog or Cat lors de laquelle il a interrogé le public pour savoir qui a des animaux de compagnie et Dinosaur Bones qui parlerait d’être saoul et faire « hip-hop stuff » comme expliqué par Thesis Sahib. Cela a tout de même été un bon moment, mais la partie hip-hop de la soirée a semblé moins plaire.
Chuck Coles

Avec Chuck Coles, on change complètement de registre. On se serait cru revenu au début des années 2010, à l’époque où Chuck Ragan produisait The Revival Tour. La même époque quand Joey Cape produisait des albums acoustiques avec différents artistes sur One Week Records. La comparaison avec Chuck Ragan s’impose d’ailleurs assez naturellement dans le style musical bien que la voix de Coles soit moins rauque. Sa voix est moins altérée par la fumée de tabac. Certains le connaissent peut-être pour son passage au sein de formations comme Organ Thieves, Brown Brigade et Cauterize, ce dernier étant probablement le plus connu du lot.
À l’image de Thesis Sahib, Chuck Coles s’est présenté seul sur scène avec une guitare acoustique. Il a offert une courte prestation avec des morceaux comme Bottom of the Well et Fall From Grace. Il a également repris Sorrow de Bad Religion, un moment qui a fait participer la foule quelque peu.
Chuck Coles travaille actuellement sur un premier album solo en collaboration avec Chris Cresswell (The Flatliners, Hot Water Music). Intitulé Worse Things Have Happened to Better People, l’album devrait paraître plus tard cette année.
Conflit Majeur
Il est temps de faire grimper l’énergie d’un cran avec Conflit Majeur, qui prend d’assaut la scène devant une foule plus dense. Le groupe fait son entrée au son de J’ai un bouton sur la langue de La Bolduc, avant de débuter avec Attrape–Moi. Je suis le groupe depuis leur premier EP, et leur énergie sur scène a toujours été un de leurs points forts. Cela dit, leur confiance et leur aisance sur scène ont clairement évolué positivement, ce qui élève encore davantage leur performance. C’était particulièrement plaisant de les voir évoluer sur une plus grande scène et cela leur convient parfaitement.
Lors des interventions entre les morceaux, Justin a mentionné qu’il s’agissait de leur toute première fois aux « grosses Foufs« . Une nouvelle étape de franchie pour le groupe. La majorité du set était composée de pièces tirées de leur plus récent album, Désinvolte, paru en mai dernier. L’album est maintenant disponible en vinyle et en CD via leur Bandcamp ou directement lors de leurs spectacles.
En plus de l’une de mes chansons préférées, Oublié, nous avons eu droit à plusieurs titres de Désinvolte, dont Prédateur et Le vrai coupable. Conflit Majeur en a également profité pour nous faire entendre deux nouvelles compositions encore inédites, Ketamine et Gatorade/Antigel. Deux excellentes chansons qui laisseraient peut-être présager un EP ou album à venir. Voici justement Conflit Majeur qui performe Kétamine :
Le groupe a terminé son set plus rapidement que prévu, ce qui lui a laissé un peu de temps supplémentaire. Pour le plus grand plaisir des fans, ils nous ont joué des morceaux de leur premier EP avec Dépanneur Blowjob et Quel genre de Dieu.
Je l’ai déjà mentionné en parlant de Conflit Majeur, mais ça vaut la peine de le répéter, prenez le temps d’écouter leur musique, mais surtout, allez les voir en spectacle. Vous allez passer un excellent moment. Et n’hésitez pas à aller leur parler, ils sont vraiment sympathiques. Un spectacle de Conflit Majeur c’est un safe space où l’ouverture et la bienveillance dans le chaos prévalent. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir été conquis, Sam King et Ceschi de Codefendants n’avaient eux aussi que de bons mots pour le groupe même s’ils n’arrivaient pas à se souvenir du nom du groupe.
Codefendants
Lorsque Codefendants sont montés sur scène vers 21 h 40, il n’y avait pas de flafla. Le groupe se présentait en formule duo, composé de Sam King et Ceschi, ce dernier armé de sa guitare. Pas de Zeta ni de membres de Get Dead pour les accompagner cette fois, ce qui offrait une version assez différente que lors de leur passage en 2024, pendant la tournée finale de NOFX.
Sam King et Ceschi semblaient en forme, du moins au départ. Ils ont pris un moment pour dire à quel point ils étaient heureux d’être de retour à Montréal, rappelant qu’ils avaient adoré leur dernière visite, notamment avoir pris le temps d’explorer la ville à pied. Le spectacle s’est ensuite lancé avec Def Cons, et la foule n’a pas tardé à embarquer, les voix se sont élevées, les corps se sont déliés, et un premier pit s’est rapidement formé.
Le duo en a profité pour souligner la fête de leur directeur de tournée, Marcel, en lui offrant un Happy Birthday chanté avec la foule. Peut-être pas la performance la plus juste, mais certainement sincère. Fidèles à leur humour, ils ont aussi évoqué leur précédent passage en laissant entendre que l’un d’eux était possiblement sur l’acide. Une anecdote qui, sans surprise, donne une toute autre couleur à leurs souvenirs de la ville.
L’ambiance de la soirée était tout simplement exceptionnelle, probablement l’une des meilleures que j’ai vécues depuis un bon moment. Un mercredi soir où tout le monde était là pour décrocher et avoir du plaisir. Sam King et Ceschi se sont montrés particulièrement généreux, autant sur scène qu’après le spectacle. Ils ont pris le temps de rencontrer les fans, de prendre des photos, et Sam King est resté un bon quinze minutes à signer des autographes. Sur scène, il enchaînait cigarettes et joints, avec même un bartender personnel. Malgré un état visiblement avancé, il a tenu le coup jusqu’au bout, livrant la un bon spectacle et restant ensuite disponible pour le public.
Parmi les moments marquants, l’interprétation de Counting From 13 m’a particulièrement frappé. Entendre la foule chanter à l’unisson lors des passages clés donnait littéralement des frissons. Autre moment fort, la participation de Thesis Sahib sur Fast Ones. Son flow et son énergie ajoutaient une dimension supplémentaire à la chanson. Une collaboration parfaitement exécutée.
Impossible de parler de Codefendants sans aborder l’un des thèmes centraux du groupe, la prison. C’est d’ailleurs un séjour de 18 mois derrière les barreaux de Ceschi, qui a contribué à la formation du projet. Le sujet n’est jamais évité, et Sam King en a glissé quelques mots en introduction à Prison Camp. Une réalité peut-être plus visible aux États-Unis, où le système carcéral s’apparente souvent à une industrie. Sans tomber dans un long discours, le message est clair, les inégalités sont bien réelles, et ce sont souvent les plus vulnérables qui en paient le prix. Dans ce contexte, l’importance de la communauté, que ce soit autour de Codefendants ou au sein de la scène locale, prend tout son sens. Prendre soin les uns des autres devient essentiel.
Au total, Codefendants ont livré une performance d’une vingtaine de chansons, couvrant une bonne partie de leur répertoire. Nous avons également eu droit à quelques pièces de Get Dead interprétées par Sam King, ainsi qu’à deux morceaux du projet solo de Ceschi, dont l’excellente Say Something.
À les entendre, leur retour à Montréal pourrait survenir plus tôt que tard. D’ici là, le groupe lancera son nouvel album, Lifers, le 3 avril prochain. Vous pouvez obtenir la setlist complète ici.
Rédaction : Maxime Isabelle
Correction : Camille Charlebois
Révision : Marie-Eve Landry

