Truck Violence – une tension qui frappe juste
Publié le 20 Juin 2026 par Sacha Gonthier
Le band
Truck Violence, ce n’est pas un band qui te laisse respirer longtemps.
Dès que ça part, ça te rentre dedans.
Pas dans le chaos gratuit, dans quelque chose de travaillé, précis, qui frappe où il faut.
Formé en 2021, autour de Paul Lecours et Karsyn Henderson, après leur arrivée de l’Alberta vers Montréal, Truck Violence s’est rapidement construit une place particulière dans l’underground canadien.
Un projet né dans le déplacement, dans le déracinement, mais aussi dans une volonté de garder quelque chose de vrai malgré le changement de décor.
Autour d’eux viennent se greffer Chris Clegg à la basse et Thomas Hart aux percussions, complétant une formation qui semble fonctionner davantage comme une décharge collective que comme un simple band.
Avant même de devenir Truck Violence, le projet est passé par plusieurs formes.
D’abord sous le nom No Cru5t, puis Truck, le groupe explorait déjà différentes directions plus expérimentales, mélangeant hardcore, électronique et même certaines influences rap, avant de recentrer le tout vers quelque chose de plus organique, plus frontal.
Mais cette évolution-là se ressent encore aujourd’hui dans leur façon de composer.
Truck Violence ne sonne jamais complètement figé.
Installé maintenant dans la scène montréalaise, le groupe traîne avec lui une lourdeur qui dépasse le simple son.
Ça se sent dans l’attitude.
Dans la façon dont les morceaux avancent.
Dans cette impression constante que tout est chargé de quelque chose de plus profond.
L’album
Avec The Weathervane Is My Body, leur deuxième album, à paraître le 26 juin 2026 via The Flenser et Mothland, Truck Violence pousse encore plus loin ce mélange entre hardcore, sludge et racines folks.
Un mélange qui, au lieu de diluer l’impact, le renforce.
Y’a des passages qui frappent fort.
Riffs lourds, batterie qui cogne avec intention, voix qui ne cherche pas à être parfaite, mais juste vraie.
Pis entre ces moments-là, ça respire juste assez pour que la prochaine vague frappe encore plus fort.
Ce qui ressort surtout, c’est le travail derrière.
Rien ne sonne laissé au hasard.
Même dans ses passages les plus intenses, tu n’as jamais l’impression que c’est là pour remplir.
Chaque section a une place.
Chaque montée sert à quelque chose.
La production va dans ce sens-là.
C’est brut, mais maîtrisé.
Assez organique pour garder l’intensité, assez clair pour laisser passer chaque détail.
Un équilibre qui fait que l’album ne s’essouffle jamais.
Mais ce qui rend Truck Violence intéressant, c’est surtout leur capacité à mélanger des éléments qui, normalement, devraient entrer en collision.
Hardcore, sludge, touches folks, passages plus atmosphériques…
Tout coexiste sans jamais sonner forcé.
Et c’est probablement ce qui donne autant de personnalité au projet.
Sur scène, cette intensité prend encore une autre dimension.
Le groupe s’est déjà retrouvé dans plusieurs festivals importants, comme SXSW, Roadburn, Outbreak ou encore Roskilde, construisant tranquillement une réputation de band qui ne laisse personne complètement intact après un show.
Et honnêtement, ça se comprend.
Conclusion
The Weathervane Is My Body, ce n’est pas un album qui te met à distance.
C’est un album qui te frappe, qui te garde dedans.
Intense.
Maîtrisé.
Honnête.
Et surtout, porté par un groupe qui semble avoir trouvé exactement la façon dont il veut faire résonner sa colère.
Rédaction : Sach Gonthier
Correction : Val Girard
Révision : Julie Fortin

