Home Scène Canadienne Pleine vue sur le Taverne Fest !

Pleine vue sur le Taverne Fest !

Publié le 01 Mai 2023 par

Le Taverne Fest, nouveau festival de musique ouvrière, propose sa première édition, à La Baie, en mai. Histoire d’en savoir un peu plus, je me suis assise avec Michel Cantin des Productions Colimason.

Michel Cantin et Productions Colimason

Michel joue avec les groupes de la région depuis son adolescence. Expatrié pour travailler hors du SagLac, il y est revenu il y a 12 ans. Ses objectifs? Monter des bands, produire de la musique et faire des shows avec des amis. En effet, il trouvait que la scène punk et rock avait beaucoup changé, qu’elle était aussi beaucoup moins présente; aussi a-t-il voulu apporter sa contribution.

Dans les derniers 10 ans, il a joué de la basse avec Stereomonroe, Les St-Paul, Bongo Dog Biscuit, Les Rapalas, Bauxite, et pour finir, de la batterie dans Vermine Kaos, groupe nouvellement constitué. C’est en développant un bon réseau de contacts et en organisant des shows pour Bauxite qu’il a développé de l’intérêt pour la production d’évènements et de spectacles.

C’est là que Colimason entre en scène : un OSBL que Michel tient à lui seul, armé de son réseau de contacts. Pour l’instant, il « apprend le métier » en donnant un coup de main à des amis qui ont des bons groupes de musique et en organisant des spectacles.

Et ça porte ses fruits : dernièrement il a booké deux excellents bands francophones de la région à Québec et en banlieue de Montréal.

En avant les questions !

[Julie] Les 26 et 27 mai prochains, ce sera la première édition du Taverne Fest, présenté à La Baie. Parle-moi donc un peu de ce nouveau festival de musique ouvrière, et de comment toute cette aventure a commencé.

[Michel] Ce n’est pas d’hier que la sous-culture punk s’identifie à la classe moyenne ouvrière. Le style (musique ouvrière), caractérisant les décennies où l’économie était plus difficile, est apparu immédiatement après le début du mouvement punk en Angleterre à la fin des années 70.

Les sujets sont simples : ça parle de la vie des ouvriers, de fraternité et d’égalité entre les classes sociales. D’ailleurs, le Oï est souvent associé au mouvement skinhead; la bonne majorité des skins n’étant aucunement raciste, et ils véhiculent de bonnes valeurs.

Notre région est riche de son histoire industrielle, mais y a trop souvent goûté en matière d’inégalités raciales et sociales. C’est pourquoi j’ai choisi le quartier Port-Alfred à La Baie pour la première édition du festival de musique ouvrière qu’est le Taverne Fest.

Enfin, le choix de l’hôtel Plaza, situé directement dans le quartier industrialo-portuaire de l’Alcan à La Baie allait de soi, surtout à cause de son histoire et de son paysage. La disposition de l’établissement me permet également de présenter les spectacles en continu sur 2 étages.

[Julie] J’ai cru comprendre qu’une partie des profits de l’événement serait redistribuée aux artistes, et c’est tout à votre honneur de faire ça. Comment ça marche, ce partage?

[Michel] En parlant avec les bonnes personnes et en faisant appel à des bands qui ont les valeurs à la bonne place, il a été possible de mettre en place un petit festival comme celui-ci.

Le Taverne Fest est 100% organisé en fonction de l’école de pensée du « fais-le toi-même (DIY – Do it yourself) ». C’est donc dans cette optique que je me suis associé à quelques commanditaires comme Fred Simard de Cidre Joli Rouge et Marc-Antoine Blackburn de la brasserie Port-Alfred. Ce dernier me procure les salles, les kits de son et aussi un endroit où dormir pour les bands de l’extérieur, tandis que Joli Rouge finance le spectacle exclusif du samedi après-midi (diffusé à la Taverne Racine, à Chicoutimi). En échange, je m’occupe du côté production et logistique de tout l’évènement.

Puisqu’aucun frais n’est relié à l’organisation et que les coûts de base sont minimes, on peut proposer un genre de « contrat collectif » aux bands, sous forme de redevance payée en pourcentage. Pour que ça marche bien, on demande aux groupes de s’impliquer : plus ils vont publiciser l’évènement au travers de leur réseau, plus ils pourront toucher un meilleur cachet. Par contre, la capacité de la salle nous limite à 150 accès par soir pour cette première édition.

[Julie] Qu’est-ce que vous aviez en tête au moment de faire le lineup? Je veux dire qu’au moment de booker les groupes, aviez-vous une vision précise en tête, un type de groupe en particulier, etc.

[Michel] Pour la première édition, le lineup est principalement constitué de groupes actifs sur la scène de Montréal, avec 2 têtes d’affiche qui roulent leur bosse sur la scène internationale depuis longtemps.

Les groupes du style [Oï] de la région étant beaucoup plus difficile à trouver, on opte pour une formule plus hétéroclite. On a fait de la place pour des groupes au genre stoner, garage punk, ska et même anarcho-punk. Enfin, je suis fier d’ajouter que la programmation inclut également 2 groupes avec des membres féminins.

[Julie] Tant qu’à faire, mets-nous l’eau à la bouche en nous parlant de quelques groupes listés au Taverne Fest…

The Prowlers

Les gens l’ignorent souvent, mais the Prowlers est l’un des bands de punk du Québec qui s’est illustré le plus sur la scène internationale depuis 20 ans. Un groupe Oï fièrement anti-raciste, qui a vendu plus de 30 000 albums en Angleterre. Selon moi, ils sont parmi les meilleurs au monde dans leur style.

La Gachette

La Gachette fait partie de la scène street punk de Montréal depuis 20 ans. C’est l’un des grands groupes à textes francophones. Ils ont adopté un style plus oï récemment avec leur dernier album « Dans les tranchées ». Ils reviendront d’ailleurs gonflés à bloc d’une tournée européenne, juste à temps pour le Taverne Fest.

Ultra Razzia

Le groupe Ultra Razzia fait beaucoup parler de lui présentement sur la scène punk. Leur musique est un mélange de plusieurs styles, mais elle est toujours remplie des bons vieux refrains engagés et accrocheurs.

Union Thugs

Union Thugs devient tranquillement le symbole des revendications collectives pour le bien de la société et des travailleurs au Québec. Si on parle de musique ouvrière, ils en sont l’exemple parfait. Ils partiront également en tournée européenne cet été, afin de livrer leur punk folk dénonciateur sur le Vieux Continent.

[Julie] Pour acheter des billets, on fait comment?

[Michel] C’est facile, vous avez juste à cliquer sur le lien, ici

Collaboratrice : Julie Fortin

Correction : Marie-Eve Landry

Révision : Marie-Eve Landry

J'aime la musique punk depuis que je suis "floune" : ça me permet d'évacuer ce trop-plein d'énergie et d'agressivité en les canalisant dans de quoi de cool. Correctrice et chroniqueuse pour Le Bad Crew, j'ai pour objectif de faire rayonner la scène du SagLac, qui est vivante, accueillante et remplie de trésors de toutes sortes! Hors scène, je vends la meilleure bière de la région chez Anormalt (Chicoutimi).