Une soirée egg-punk avec Snõõper aux Foufs
Publié le 12 Juin 2026 par Maxime Isabelle
Après un passage à L’Escogriffe en juillet 2024, la formation de Snõõper était de retour à Montréal le 3 mai dernier. Cette fois, le groupe se produisait sur la scène principale des Foufounes Électriques. Passer de L’Escogriffe au stage principal des Foufs démontre bien l’ascension rapide du groupe entre la sortie de leur premier album, Super Snõõper, et celle du plus récent, Worldwide. J’avais manqué leur dernier passage en ville et j’étais heureux d’avoir enfin l’occasion de les voir sur scène cette fois-ci.

Pour leur spectacle, Snõõper avait invité deux formations montréalaises, Pressure Pin et Alix Fernz. Le groupe avait donc choisi de partir en tournée sans première partie officielle et de collaborer avec des artistes locaux à chaque arrêt. Nous sommes arrivés une quinzaine de minutes avant le début du spectacle et la salle était pratiquement vide. Il faut dire qu’au même moment se déroulait le septième match de la série opposant les Canadiens de Montréal au Lightning de Tampa Bay, ce qui a clairement retardé l’arrivée de plusieurs spectateurs.
Vu les circonstances, le début de la soirée a été légèrement retardé afin de laisser le temps à la foule d’arriver et d’éviter que Pressure Pin ne joue devant une salle presque vide.
Pressure Pin
Tout comme Snõõper, Pressure Pin est issu de la scène egg-punk. Ce terme, souvent associé au Devo-core, désigne une branche du punk rock lo-fi fortement influencée par Devo. Pressure Pin est à l’origine le projet de Kenny Smith, également connu comme batteur du groupe La Sécurité. Le groupe est complété par Daniel Howse à la basse, Adam Tiller à la guitare et Steven Cowan à la batterie.
Une bonne foule s’était finalement massée devant la scène et plusieurs personnes semblaient prêtes à danser dès les premières notes. Après des années passées dans les salles de spectacle, je crois que c’était la première fois que je voyais quelque chose qui ressemblait autant à la définition pure de la pogo dance. Devant nous, un groupe de spectateurs performait une danse qui ressemblait presque à une course. L’ambiance était festive.
Je connaissais encore peu Pressure Pin avant le spectacle, même si ce que j’avais entendu dans les jours précédents m’avait plu. Le groupe n’a jamais laissé paraître qu’il s’agissait de son premier spectacle en plus de six mois, livrant une performance énergique et très solide. Si vous aimez le devo-core ou si vous avez besoin d’une musique pour aller courir, Pressure Pin mérite définitivement une écoute.

Alix Fernz
Alix Fernz est arrivé sur scène en lançant un enthousiaste « On a gagné! », en référence à la victoire du Canadien qui venait tout juste d’assurer sa place au deuxième tour des séries éliminatoires. Je ne connaissais pas sa musique avant ce spectacle et j’ai été agréablement surpris.
Sur scène, Alix Fernz s’occupe du clavier de chanter et par moment de la guitare, accompagné d’un batteur pour ses performances live. Musicalement, le projet navigue entre le synth-punk, la synthwave et certaines textures plus alternatives, tout en intégrant des parties empruntant parfois aux codes de la pop. À plusieurs moments, j’avais l’impression d’assister à une version d’Hubert Lenoir plongée dans la scène new wave des années 80.
Même s’il doit gérer ses séquences et ses pistes à partir de son clavier, Alix Fernz réussit tout de même à transmettre énormément d’énergie à la foule, qui a dansé presque sans arrêt pendant toute la performance. Pour ma part, ce fut une très belle découverte et une sorte de retour dans le temps. S’il avait existé à la fin des années 80 ou au début des années 90, je suis convaincu qu’Alix Fernz aurait été une première partie idéale pour des artistes comme Indochine ou Les Rita Mitsouko. Dans le contexte de cette soirée, sa présence assurait une belle continuité musicale et contribuait parfaitement à l’ambiance de la soirée.

Snõõper
La formation de Nashville a ensuite pris d’assaut la scène et le terme est parfaitement choisi. Côté décor, nous avions droit à une projection de vidéos au grain rappelant les minis DV du début des années 2000. À droite de l’écran se trouvait un panneau noir décoré de disques d’aluminium munis de filtres colorés en leur centre. De l’autre côté, un feu de circulation soutenait le mixer servant à déclencher certaines pistes d’accompagnement. L’ensemble dégageait une esthétique extrêmement DIY, à la fois simple et rafraîchissante.
Je trouve d’ailleurs intéressant de voir la génération Z replonger dans l’esthétique numérique du début des années 2000, autant pour son aspect visuel que pour le plaisir très tactile et imparfait qu’offraient les technologies de cette époque.
Je dois toutefois avouer que le début du spectacle a été plutôt chaotique sur le plan sonore. La voix de la chanteuse était presque inaudible et le reste du mix formait un énorme bloc compact dans lequel il était difficile de distinguer les instruments. Heureusement, cela n’a aucunement ralenti le groupe et le technicien de son a réussi à corriger la situation après deux ou trois chansons.
Pour le reste, Snõõper nous a offert une performance fulgurante de 19 chansons en environ 45 à 50 minutes. Le groupe vend souvent de la marchandise qui donne l’impression qu’il s’agit d’un club de course et, honnêtement, assister à un spectacle de Snõõper ressemble effectivement à une course à pleine vitesse.
Nous avons eu droit à un spectacle réglé au quart de tour, avec très peu d’interactions entre les chansons, hormis la chanteuse qui répétait à quelques reprises : « We love this show ». Cela dit, le groupe dégageait une énergie absolument contagieuse. À un moment, la chanteuse est descendue dans la foule en l’une des mascottes du groupe, créant beau moment de la soirée. Le compte À l’affiche Montréal a d’ailleurs capté une excellente photo de cette scène.
Snõõper nous a offert un spectacle explosif, puisant autant dans le matériel de leur plus récent album que dans celui du précédent. Après une performance aussi intense et efficace, j’ai déjà hâte de les revoir sur scène.
Rédaction : Maxime Isabelle
Correction : Camille Charlebois
Révision : Marie-Eve Landry

