
La Noce de Coquelicot, un samedi de découvertes et même un divorce
Publié le 15 Juil 2026 par Patrice Belley
Le Festival la Noce entame sa troisième et dernière journée en ce samedi 4 juillet. Le coquelicot commence à être fripé. J’ai skippé le vendredi, m’en viens vieux. La croix de Saint-Anne a été hier le théâtre de nul autre que le grand Pierre Lapointe, intimement avec que 150 privilégiés. Quelle idée de génie d’emplacement inusité pour un show!
J’attaque cette continuité avec impatience afin de contempler des groupes conseillés à ne pas manquer ainsi qu’un seul connu avant aujourd’hui étant PyPy. La Noce de Coquelicot surprend moi! Se laisser guider vers des découvertes pour assouvir une soif impossible à étancher, un flot incessant. S’abreuvoir dans le puits inépuisable de la musique. C’est inévitablement excitant de voir un artiste live pour une première fois qui demeure la meilleure. Le start-up se déroule à la scène principale SiriusXM.

Violett Pi
Je retourne me percher confortablement à mon endroit de prédilection près de la scène principale SiriusXM, pour la présentation de Violett Pi. Rap improvisé pour remercier les commandites en les nommant un par un : SiriusXM, Hydro-Québec, Télé-Québec et Ubisoft. Ils sont prêts à réchauffer la gang malgré que nous n’avons vraiment pas besoin d’avoir plus chaud présentement. Je n’ai entendu que du bien de ces artistes exceptionnels autant sur la qualité de leurs compositions qu’à propos du rendu de celles-ci.

Des vieux de la vieille
Récidive après avoir enflammé le Saguenay et s’être établi une renommée plus élargie, depuis leur venue lors de la toute première édition de La Noce. Ils adorent s’endimancher de costumes des plus éclatés et décalés. Souliers disproportionnés clownesques et cravate jaunâtre complètent la peinture humaine vivante. Un guitariste en jaquette d’hôpital toi chose. Insertion d’un petit bout de la trame sonore de Mario Bros entre deux emportées musicales ou bien ça fait partie de la fin/début de l’une d’entre elles.


Il chante ses paroles savamment écrites, des poèmes d’une justesse sur le sentiment visé et propos intelligents diffusant une colère optimisée positivement. Clau, amie du chanteur, est invitée à l’accompagner en chœur pour le prochain morceau touchant tout comme les autres joués jusqu’à maintenant. Finissant par abandonner sa casquette afin de continuer à écrier à pleines dents ses prises de conscience alarmantes. Quelques difficultés de mémoire avant de débuter la prochaine sur le setlist. « Comme la soupe Lipton, ah est là, on la fait. » Tumultueux et attachant il peut être.

Le bassiste discret, que l’on peut facilement confondre avec un apôtre de Jésus de Nazareth, aime se positionner en retrait lorsqu’il est posté sur la scène. Le prophète des arrangements, agencements musicaux et effets sonores à point. Une envie soudaine lui prend de prendre une marche santé et de venir se nicher paisiblement sur les immenses caisses de son disposées entre le public et Violett Pi. Finalement, s’en retourne à sa place religieusement. « Je veux que tout le monde saute, même les ptits losers en arrière. »

J’en suis ébahi et conquis, je repars avec leurs albums en vinyle sous mon bras.
Death from above 1979
Mon plan de match était de ne revenir que pour l’after de PyPy, mais après avoir parcouru la liste des spectacles suivants ma décision change immédiatement. Death from above 1979 est fortement recommandé et attendu par de nombreux adeptes. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont sélectionnés pour dominer le stage SiriusXM.
Du talent en paire
C’est parti, pour ceux qui existent depuis 2004. Je remarque d’emblée, effectue un décompte et ils ne sont que deux. Ça promet. J’ai une attirance automatique vers ce type de groupe. Comble de bonheur, c’est le drummer qui assure le chant. Ben oui, ça ne finira jamais de m’impressionner ce genre de setup. Wow!


Autre fait notable, son compatriote utilise une basse et un synthétiseur. Pas de guit, that’s it. « C’est notre deuxième spectacle de l’année… au Québec ». Le duo de moustachus torontois exécutent et domptent un rock agressif, abrasif et incisif. Ils me rappellent l’essence du band Teen Mortgage.
C’est impressionnant comment ses caisses de résonance sonnent comme c’est pas possible. Se défonce ou les défonce tellement qu’il fait un headbang, chevelure dans le peu de vent soufflant. Parfaitement bilingue, fluide, passant du français à l’anglais et de l’anglais au français. « Êtes-vous fiers d’Angine de Poitrine? Quand j’ai entendu ce nom pour la première fois, je croyais que c’était une femme corpulente. »

Le batteur finit par se lever de son trône pour aller chanter avec ses pantoufles ancrées sur le bord avant de son parterre. Il lance ses baguettes, qu’il avait trainé avec lui, dans le bain de foule au grand plaisir d’un ou deux chanceux. Une autre dernière toune qu’il faut donc apprécier davantage.


Je demeure encore sous le choc, j’en suis flabergasté! Je vais assurément en écouter à la maison, dans un avenir proche. Ses baguettes abimées déposées, disposées à ses pieds. Un admirateur de l’avant-scène s’en accapare une. Alors, je me dégêne et je m’approprie la seconde disponible. Beau souvenir ça!
La Pulperie
Tardif il est. 23h à l’horloge et je me dirige vers la scène Ubisoft accompagné de ma conjointe. Nous allons rejoindre un couple d’amis de Montréal qui ne manque aucune édition du Festival la Noce. Notre target est l’after avec les bien-aimés PyPy. En arrivant, nous sommes jetés à terre par cette vue traversant nos pupilles émerveillées. Des jeux de lumières donnant l’impression que les arbres sont en mouvement torrentiel.

Alix Fernz
Je ne connais pas Alix Fernz qui s’en vient. Ce style musical penche vers l’électro appuyé par pas un, mais deux synthés en symbiose. « Méchant festival de séquelles, ça fait cinq ans qu’on m’en parle. C’est la dernière soirée et vous survivez tous. »

Ils sont quatre de Montréal à produire ensemble du pop post-punk. Leur beat part dans un sens pour ensuite revenir dans l’autre. Un parolier francophone efficace. Alix est ben relax, arrivant à fumer sa top tout en chantonnant entre deux phrases ou mots. Microphone enfoncé dans sa gueule avant aussitôt de le revomir. Showman il est. Le temps s’est écoulé si rapidement avec ses préliminaires précédant PyPy.


PyPy
PyPy prend place. En dernier lieu, l’enchanteresse Annie-Claude Deschênes arrive difficilement escortée. « Entorse au dos, on le fait pareil le plus beau festival du monde. » Une productrice de contenu sans égal. Pas moins de trois formations dirigées par cette dame : Duchess Says, PyPy et sa carrière solo.
C’est une expérience
Ça fait un bout que je les ai croisés. Alors, je suis impatient d’entendre le jeu des titres de leur excellent album Sacred Times de 2024. Guitariste habillé d’un veston coloré de splashs de peinture

La tourmente est amorcée sans attente. Les tables à bières chambranlantes à la solidité et stabilité douteuse en ont pour leur compte. Une groove spéciale s’installe parmi nous. Après plusieurs chansons à la voix féminine, passons à un vocal masculin le temps d’une interprétation haute en couleurs. La formation d’un wall of death est réquisitionnée. Il savent animer leur public comme à chaque fois.
« Y’en a tu qui veulent divorcer ce soir? » Un couple se porte volontaire à notre grande surprise. Annie-Claude procède au divorce des deux insatisfaits au sein de leur mariage paraît-il. Si Jean Divorce de DVTR aurait été présent, ça aurait été malade.

Des bâches d’armée, de chasse aux motifs de camouflage sont dépliées et installées en position de bodysurfing. Elles circulent et donnent un effet original, trippant. Ça ne manque pas, toujours une dose d’originalité injectée rendant leurs performances si uniques et courues.
Elle descend vers le niveau inférieur et s’accroupit en petit bonhomme au centre de l’action. Ensuite, elle demande à toutes les âmes en transe de faire de même. Nous attendons son signal pour s’élancer debout en synergie synchronisée.

Pour leur dernière chanson, leur guitariste a un fantasme d’aller sur la roche situé loin du stage. Il réussit à jouer où il le voulait à l’aide de son fil de guit à la longueur interminable. La finale est rien de moins que la chaise sur laquelle Annie-Claude était assise par moments qui part en voyage au-dessus de la foule, en bodysurf.
Lune de miel
J’ai eu vent de deux prestations surprises à la boutique Planète Claire : Thierry Larose et Elin Hall. Le festival La Noce se conclu comme étant une réussite sur toute sa ligne. Il affichait sold-out et une affluence record un petit peu aidée par l’engouement autour d’Angine de Poitrine on va se le dire. N’oublions pas que de nombreuses personnes sont présentes annuellement coûte que coûte et certains prennent leurs vacances en fonction de ses dates de tenue.
Mes découvertes coups de cœur personnels : Violett Pi et Death from above 1979. Merci aux organisateurs pour leur hospitalité hors-norme. Prochaine noce, pour la dixième édition, sera celle de Faïence. À l’an prochain!
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Patrice Belley
Correction : Camille Charlebois
Révision : Marie-Eve Landry

