Home Scène Découverte Tête d’affiche août 2026 | Collectif Route Laflamme

Tête d’affiche août 2026 | Collectif Route Laflamme

Publié le 01 Août 2026 par

Pour lire l’entrevue avec la tête d’affiche du mois dernier, c’est ici.

Salut le Collectif et merci d’avoir accepté cette entrevue dans le cadre de l’initiative Montréal, faites du bruit.

Tout d’abord, pouvez-vous nous parler de la façon dont vous vous êtes constitué, qui vous êtes, les membres et d’où vous venez ?

On dit souvent que le Collectif est un projet né de la pandémie et que c’est la plus belle chose qui nous soit arrivée durant cette période. Quand la planète a arrêté de tourner, on avait plus que jamais besoin de jouer de la musique. Pour le fun, on s’est mis à jammer des tounes de Route St-Louis et du projet solo de Toby en version 100 % acoustique. La plupart du temps dehors, parfois clandestinement, souvent à deux mètres de distance.

En y incorporant une esthétique un peu plus trashgrass, on s’est rapidement rendu compte qu’on commençait à avoir un pas pire répertoire et qu’une identité unique était en train de se dessiner. On s’est alors mis à composer de nouvelles chansons et on a décidé d’appeler ça le Collectif Route Laflamme parce que, ben, Collectif Toby St-Louis, ça ne le faisait pas vraiment.

Avec le temps, de nouveaux membres se sont joints au noyau dur formé de Yan (Map), Toby (Laflamme) et Francis (Lacroix), si bien qu’à ce jour, nous avons perdu le compte du nombre de personnes qui gravitent autour du Collectif. Ça nous prendrait probablement un fichier Excel ou des cartes de membre, quelque chose du genre.

Blague à part, le Collectif compte également dans ses rangs Benoit Lacroix (Route St-Louis/Audiofreak), Rémi Giguère (Les Tirebouchons), Domenico Ciampanelli (Pics à Flore), ainsi que, plus récemment, Étienne Lavoie (Hexolyth) et Jess Peach (PACE).

Bref, le Collectif est basé à Terrebonne et réunit des musiciens de différents horizons, chacun apportant sa couleur au projet.

Crédit photo : Nadim Zakkour

Si je ne me trompe pas, plusieurs d’entre vous proviennent de groupes punk. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous diriger vers quelque chose de plus folk ?

Dès le départ, le folk s’est imposé naturellement, notamment en raison du côté spectacle de rue qu’on souhaitait donner au projet. Il faut dire que ce format se prêtait particulièrement bien au contexte pandémique, alors que les salles de spectacles fermaient les unes après les autres et qu’il devenait de plus en plus difficile d’organiser des shows sans craindre qu’ils soient annulés.

On voulait jouer n’importe où, avec le moins d’équipement possible. Et on l’a fait en masse : des shows de balcon, des partys de piscine, des jams en dessous des ponts. Quand la vie a repris son cours, on était prêts.

Sinon, on ne se le cachera pas : on accorde une grande importance aux textes, mais on avait aussi envie d’un trip de gang très festif, porté par une énergie punk qui détonne, des harmonies vocales à la va-comme-j’te-pousse pis des instruments acoustiques qui se trimbalent facilement. Sauf la contrebasse… ça se charrie mal, une contrebasse.

Crédit photo : Nadim Zakkour

Vous avez déjà partagé la scène avec plusieurs groupes issus d’univers très différents. Selon vous, où se situe le Collectif Route Laflamme dans la scène québécoise ?

On n’a jamais vraiment réfléchi à ça.

Faut dire qu’on ne cherche pas nécessairement à trouver notre place dans la scène québécoise. On essaie plutôt d’y apporter quelque chose qui nous ressemble, sans trop se prendre au sérieux. On aime dire qu’on est des vétérans semi-pro qui font de la musique pour le plaisir. Tant mieux si les gens embarquent et aiment ça.

On apprécie autant jouer dans un festival, en première partie de Vilain Pingouin ou des Vulgaires Machins, que dans un sous-sol, un chalet ou un party de ruelle. Tant que le monde chante, rit et repart avec une chanson qui lui trotte dans la tête, on sent qu’on est à la bonne place.

Ça part toujours de la même question : « On vas-tu avoir du fun à faire ça ? » Si la réponse est oui, on y va et on donne notre 200 %.

Vous décrivez votre musique comme du « punk de chalet ». Qui a trouvé cette expression et que représente-t-elle pour vous ?

On ne se souvient plus de qui a inventé l’expression « punk de chalet », mais ça résume assez bien ce qu’on fait : souvent, dans un chalet, il n’y a pas vraiment d’électricité pis nous, on fait du punk acoustique. Ce n’est pas plus compliqué que ça !

Qui dans le groupe compose et qui écrit. Bref, comment se passe votre processus de composition ?

On essaie que le processus de composition soit le plus ouvert et collaboratif possible.

Ça part souvent d’un riff ou d’un texte amené par un membre du groupe et une fois que l’idée est lancée, tout le monde met son grain de sel : on retravaille les paroles, on s’amuse avec les harmonies et les arrangements puis on cherche la meilleure façon de faire ressortir l’énergie du groupe.

Une toune du Collectif Route Laflamme, c’est rarement l’œuvre d’une seule personne : c’est vraiment le résultat d’une gang qui construit quelque chose ensemble.

Crédit photo : Rosane DL

Sentez-vous qu’un groupe plus folk punk a sa place dans la scène ? Comment croyez-vous être perçu par les autres groupes punk ?

Bah, on pense qu’il y a de la place pour tout le monde.

Au fond, le punk a toujours été beaucoup plus une question d’attitude que de sonorité. Qu’elles soient jouées sur une guitare électrique ou un banjo, l’important, c’est que les chansons incarnent quelque chose de vrai, qu’elles soient chantées avec les tripes, sans se soucier des conventions. En toute modestie, c’est pas mal ce qu’on fait.

On ne sait pas exactement comment les autres groupes punks nous perçoivent, mais on a toujours senti une belle ouverture de la part de la scène. On est cool avec tout le monde, et tout le monde est cool avec nous. Le fait qu’on soit un groupe plus acoustique ne change rien à ça.

On imagine que certains pourraient nous décrire comme ça : c’est un peu comme si le Québec Redneck Bluegrass Project avait couché avec les Ordures Ioniques et que leur enfant avait écouté un peu trop de Days N’ Daze.

Partout où vous passez, vous faites littéralement lever le party. On sent que vous êtes heureux d’être et on sent une belle chimie entre les membres. Qu’est-ce qui fait qu’après toutes ces années, vous êtes encore heureux d’être là ? Allez-vous être là encore plusieurs années ?

La réponse est simple : on a encore du fun.

On ne fake pas, on ne sait pas comment. Depuis le début, le moteur du Collectif Route Laflamme, c’est de se retrouver entre chums, de prendre des idées un peu folles et de voir jusqu’où on peut les amener. On n’a jamais perdu le plaisir d’être ensemble, que ce soit dans une salle devant un public, dans le pick-up sur les routes du Québec ou dans notre local de pratique à travailler sur une toune. On garde ça simple, on respecte le talent de chacun et on rigole comme des p’tits fous !

Et oui, on va être là tant que nos vieux corps vont suivre !

Vous avez choisi de chanter exclusivement en français. Est-ce que ça a toujours été une évidence pour le groupe ?

Oui, ça a toujours été une évidence pour nous. On écrit sur ce qu’on connaît, dans nos mots, sans trop se prendre la tête. C’est la langue dans laquelle on pense et dans laquelle nos textes prennent vraiment leur sens. On chante comme on parle ; ce ne serait tout simplement pas authentique de faire autrement. Ce n’est pas un choix politique ou une question de valeurs profondes, c’est juste… nous.

Est-ce que vous avez déjà ressenti une pression de chanter en anglais pour rejoindre un public plus large ?

Réponse ultra-courte : non.

Qu’est-ce que le français vous permet d’exprimer que l’anglais ne permettrait pas ?

Chaque langue a sa propre couleur. L’anglais permet d’exprimer plein de choses, mais le français, c’est la langue de nos histoires, de notre humour et de notre quotidien. C’est dans cette langue-là qu’on niaise, qu’on sacre, qu’on raconte nos anecdotes et qu’on trouve les petites tournures de phrases avec lesquelles on gosse des chansons !

Vos chansons sont très ancrées dans la culture québécoise. Est-ce important pour vous de préserver cette identité ?

On ne part pas avec l’idée de protéger la culture québécoise à bout de bras ou quelque chose du genre. Ce n’est pas le but de ce projet. Bien qu’on soit fiers de chanter en français et de faire partie de ce beau grand tout, on veut juste faire des chansons qui se rapprochent le plus possible de ce que nous sommes réellement. Si, au passage, ça permet à quelqu’un de se reconnaître dans nos textes ou de partager un petit bout de notre univers, c’est parfait. On continue !

Merci d’avoir répondu à nos questions et on espère vous croiser quelque part cet été.

Rédaction : Claudia et Collectif Route Laflamme

Correction : Jess Peach

Révision :

Révision : Marie-Eve Landry

Mélomane finie mais surtout, fan incontestée de punk rock sous tous ses genres, je suis la fondatrice et rédactrice en chef de ce magazine qu’est le Bad Crew. D’abord animée par une passion pour la culture d’ici et la scène locale, j’ai à cœur de mettre en lumière l’incroyable talent que nous avons ici et ainsi, créer un pont entre les artistes et leurs différents publics.