
10 ans + 1 jour pour Punk Nation Production, ça en fait des shows
Publié le 15 Sep 2026 par Patrice Belley
Il est bon de vous retrouver, lecteurs. Un mois d’accalmie, aucun spectacle depuis The Mummies, le 25 juillet. Ce qui n’est pas coutume dans mon cas, mais un ralentissement prévisible si l’on se fie à ma feuille de route des années précédentes. Quoi de mieux pour renouer avec ma passion pour le punk que la célébration du 10e anniversaire de Punk Nation Production.
Programmation variée, échelonnée sur deux jours chaotiques. Hier, le vendredi 28 août, c’était l’amorce de ce beau trip avec Défaillance, The Defamed, Balm Squad, High Society et Komptoir Chaos. Je vous invite à lire l’article de Julie sur sa couverture. Pour ce samedi, résolution à adopter : une grosse de moins qu’hier. Cinq moins un égalent quatre. Disons que j’ai ressuscité tard dans la journée, juste à temps en fait.

Punk Nation Production
Punk Nation Production s’efforce depuis dix ans à organiser, planifier soigneusement des shows, majoritairement dans ma région du Saguenay. Son gestionnaire, Richard Rondeau y réside aussi. Il réussit à nous attirer de gros noms et ne manque pas une occasion de leur faire déguster notre célèbre tourtière.

Merci mon ami ! C’est tellement apprécié. Ce n’est pas toujours facile, mais lâche-nous pas. La scène a besoin de toi et de tous ces producteurs acharnés, nous satisfaisant, nous les fans amoureux de musique. De plus, la liste de groupes est internationale, nous sommes choyés.
Nuit Des Temps
L’antre nocturne choisi est la Nuit Des Temps. Bar/salle de concert situé sur la main de Chicout’, rue Racine. Je m’y tiens régulièrement pour admirer les artistes reçus qui frappent juste dans mes goûts musicaux. Nous y ressentons une intimité palpable générée par une proximité avec le public, une certaine connexion.
Justement, mon accompagnateur et conducteur désigné met les pieds dans cet établissement pour sa première fois. Blasphèmes et injures résonneront bientôt entre ses murs pour s’élever dans les hauteurs de sa mezzanine. Je jase tout bonnement des cinq bands qui joueront ce soir et, soudainement, le batteur de Ripcordz surgit pour se joindre à notre conversation. Une chance que je n’ai pas parlé en mal d’eux, mais impossible que ça arrive pour cette figure emblématique du punk montréalais.
Vermine Kaos
Vermine Kaos, groupe anarcho-punk du saguenéen de souche. Ce n’est pas une grande surprise de les retrouver sur le lineup, étant donné que le guitariste est l’organisateur en chef de Punk Nation Production. Ils sont dorénavant un trio après avoir traversé une période tumultueuse. Au final, ses deux membres fondateurs Richard et TJ se sont trouvés un nouveau drummer. « On vous présente Michel. »


Je me rends rapidement compte qu’il assure. Technique à fond, il est. Aucun temps mort, même nous dans la foule, nous ne relaxons pas. Défi physique en cours, à relever. Richard prend la parole « Chus fatigué, brûlé. Les français, ça boit en esti! » en faisant allusion à sa nuit avec Komptoir Chaos.


Double bass drum martelés à vitesse fulgurante, tel un sprinter olympique en pleine course. Il apporte, ajoute sa lourdeur à leur son qui en est redéfini positivement. « Pis? Trouvez-vous qui fait la job? »
Artificial Dissemination
J’ai fait mes recherches pré-shows et les prochains à s’exprimer, je suis impatient de les apercevoir performer live. Je vous présente Artificial Dissemination d’Hamilton en Ontario, un duo homme et femme qui forment un couple. Le batteur/chanteur commence le tout en se mettant à son aise en nous présentant ses boxers jaunes flash.

Ça déménage pas à peu près. Toutes les gueules présentes à l’écoute sont accotées au plancher de la Nuit des Temps. Je n’en reviens pas de ce que je vis et je ne suis pas le seul, c’est unanime comme constat. Le vocal alterne du masculin au féminin pour revenir du féminin au masculin, ce qui apporte une dynamique accrocheuse.


Juste une guitare et une batterie, simpliste dans leur complexité musicale et l’énergie qui en circule. Ils sont enjoués et délivrent avec sourire fendu. « Big beer and I love it. » Wow!
Skull N Bone
SkullNBone débarque de la métropole, mené par leur chanteur Chany. Actif de 1999 à 2011 avec Inepsy en tant que chanteur/guitariste, accompagné de Sam Verville le batteur, qui l’a suivi d’un band à l’autre. Je n’ai pas eu le privilège d’assister à l’une de leurs performances à l’époque.
SkullNBone existe depuis 2008 imposant son style punk brut aux accents rock ‘n’ roll. Inspiration directe des bands UK82.


Micro rapidement extirpé de l’emprise de son pied. On ne le sentait pas à l’aise, pris au piège et maintenant l’animal est libéré de sa cage. Le chanteur trapu n’en a rien à foutre du stage ; il est optionnel.


Aussi savoureux que lors de l’écoute de leur vinyle, voire plus, évidemment. Il y a un ingrédient punk rock que j’aime bien dans ce mélange organique. Pimentez ce cocktail explosif d’une voix rauque que l’on adore tant et vous obtenez une musique qui vous tord la colonne vertébrale.

Mau Maus
Oh ! Inversion de l’ordre de passage des groupes, car ce n’est pas Ripcordz qui s’installe. Mau Maus s’en vient ! Le gros nom INTERNATIONAL attendu, en provenance du U.K. de Sheffield. Ils font la promotion de leur nouvel album The Battle Scars Of Human Debris, récemment paru en juin 2026.


Les gars sont crinqués et startent leur mascarade pour maintenir l’ambiance effrénée festive qui plane sur place. Leur genre est très expéditif avec une livraison de chansons d’une durée d’une minute. La portée est sur le speed.

Le party est pogné ! Participation impromptue du singer de SkullNBone. Il nous est demandé par les membres de Mau Maus de tous monter avec eux sur la scène. Photo de gang en scandant, à l’unisson, « Fuck Trump! »

Ripcordz
Le quatrième et dernier à s’exercer est Ripcordz de Montréal et connu internationalement. Heureux de les revoir. Multitude d’albums salués dans leur bagage musical.
J’ai visité leur table de merch toujours administrée par le charismatique Paul Gott, tellement sympathique. En fait, c’est lui l’entité Ripcordz, son âme. Procuration du nouveau vinyle Are You Feeling Lucky, Punk?, collection de titres parus sur compilations, mais jamais sur leurs albums. Casquette renouvelée après une épopée à Walt Disney menant à sa perte.


Ces punks excellent dans le punk hardcore. Le vétéran s’entoure d’un vent de jeunesse, insufflé par deux jeunes dont il pourrait être facilement leur père. Bassiste à la chevelure rose maquillé, barbouillé à la Joker, décoré de nombreux tattoos et l’équivalent en piercings.


« La prochaine est la meilleure composition punk jamais écrite. Je sais que c’est vrai, parce que je l’ai écrite. » Le batteur s’en donne à cœur joie, sourire de possédé accroché dans face. Il réalise un rêve de jouer dans Ripcordz, Ripcordz désormais c’est lui. Le mec assure tournoyant ses baguettes et frappant violemment ses peaux.

« Time for 1 or 2 more? » Le soundman s’empresse de s’écrier de toutes ses forces « one, one, one! » Directives moches de devoir closer à minuit maximum. Le setlist des deux dernières formations en a souffert.
Tu vieillis donc bien vite
Bonne fête, joyeux anniversaire et bravo à Punk Nation Production ! Mon coup de cœur et celui de pas mal tout le monde va à la formation Artificial Dissemination. Emmène-nous en encore des groupes punk, on est capable d’en prendre.
Après le calme émanant du mois d’août, la tempête est belle et bien levée. Un mois de septembre excessivement achalandé m’attend avec Subhumans, Bad Waitress, Sex Pistols, Guhn Twei, Abitabyss, Skwar…
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Jerry Cherry
Correction : Camille Charlebois
Révision : Julie Fortin

