
Abitabyss étend sa swompe au CEM de Chicoutimi
Publié le 11 Oct 2026 par Jerry Cherry

En cette trop douce soirée du 25 septembre, rien de mieux pour me forcer à traîner ma carcasse que la perspective de me la faire brasser par Abitabys, de passage à Chicoutimi. Cette visite est d’ailleurs très attendue par bien des adeptes du band, considéré comme un pionnier du rural métal au Québec. Leur concept est hilarant et leurs tunes, écœurantes. Par ailleurs, j’ai invité mon ado à m’y suivre. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, si ton enfant se pense à Noël, quand tu l’emmènes voir un show de métal, eh ben t’as réussi en tant que parent. On se rend à la salle du CEM (Centre d’expérimentation musicale) à Chicoutimi, rue Rhainds. Aussi bizarre ça puisse paraître, je n’y suis jamais allé même si on reste seulement à quelques minutes.
Colony Omicron
Durant la journée, Guhn Twei dut malheureusement annuler sa représentation. Cependant, – et c’est une très belle attention de la part du chanteur – Simon Turcotte s’est donné la peine de faire une vidéo pour l’annoncer. Il y promet aussi que ce n’est que partie remise. Par ailleurs, un responsable du CEM a pris le temps d’en faire part au public et de remercier Simon d’avoir suggéré Colony Omicron, projet solo de Réal Casgrain, guitariste d’Abitabyss.
Après un ou deux « ce sera pas long, j’vas l’avoir », Réal finit par réussir à partir sa track d’accompagnement. Les percussions préenregistrées sont démentielles dès le départ. Les gens des deux premières rangées ont probablement entendu le sacre sorti de ma bouche, quand ça a starté d’ailleurs.

Le show est court, mais pour une représentation de dernière minute c’était magistral. Du bon brutal death bien senti dans une salle dont la sonorité ne m’a pas été vantée sans raison. C’était du gros lourd sonnant comme le ciel. Colony Omicron m’a agréablement surpris; pendant un moment je me serais cru à un spectacle de Putrid Pile.
SKWAR
Une formation fraiche du jour, directement du Saguenay. Elle vient tout juste de lancer son premier album éponyme, et ce soir c’est son deuxième spectacle. Toutefois, paraîtrait que ce soit le premier où SKWAR joue avec tous ses membres, selon les dires du chanteur.

Oh que le band niaise pas avec la puck. Il te livre la marchandise drette dans ta gueule. J’étais juste entrain de remarquer la présence d’un claviériste, quand le chanteur clame : »on starte ça ». Le menton m’a reculé pour aller me fesser la pomme d’Adam.
SKWAR c’est un grindcore rapide et violent à souhait ! C’est agrémenté par le son psychédélique du clavier, parfois même hypnotisant. Par ailleurs, j’ai tellement apprécié que je me suis procuré leur CD à la fin de leur tour de scène. Un très bon départ pour ce band, le show était excellent à mes yeux et à ceux des gens présents, à voir leur réaction. Je ne suis pas le seul dont le menton est aller toquer le gargoton…
ABITABYSS, je hurle ton nom à la lune sur une botte de foin

Ah ! Un de mes groupes préférés de métal au Québec. Je ne saurais vous dire combien de fois je les ai vus jouer. C’est l’un des noms qui me saute dans la face, même lorsqu’il est inscrit en minuscule sur un énorme flyer… Non seulement Abitabyss a un son qui déchire même un sac de jute avec son concept de rural métal. Tous déguisés, chacun représentant un pilier de l’économie abitibienne : les mines, le domaine de la foresterie, l’agriculture, chasse et pêche. J’en mouille mes cuissardes.
Alain Dubois, au chant, a trouvé la meilleure technique pour attirer le crowd près du stage. En effet, il nous offre généreusement des « paparmanes » de sa petite boîte à bonbons personnelle. J’approche mon fils pour lui dire, un coup le bonbon en bouche, qu’il ne devrait pas accepter de bonbons d’un étranger. De le voir ainsi, la sucrerie dans sa bouche béante, ne sachant plus l’avaler ou la recracher, a fait ma soirée. Abitabyss ont l’air aussi contents d’être au Saguenay qu’on est heureux de les accueillir. Ils nous décollent ça solide avec Tuk De Douleur, suivi de Sinistre Saucette à Slam. Le band n’est pas là pour nous prendre avec des pincettes, ils nous torchent les tympans solidement.
L’Abitibi et sa swompe

Entre les tunes, les membres du groupe nous font rire avec leurs introductions à la sauce rurale de fond de rang. Les interactions du légendaire Raoul Rochon (drum) portant son aveuglant casque de minier, sont toujours hilarantes. Abitabyss a même interprété une chanson spécialement composée pour l’occasion : Stéphane Beaulieu. C’est un fan du band qui leur a tellement envoyé de emails et autres messages pour qu’ils passent au Saguenay, qu’ils l’honorent d’une composition en son nom. Avant la chanson Supremacy 08, Rochon, passe une remarque concernant l’Abitibi (région 08) et le SagLac (région 02). Même loin l’une de l’autre, elles partagent somme toute les mêmes conditions rurales. En fait, ce qui rapproche les deux régions malgré leur distance est leur ressemblance. Étant quelqu’un qui a beaucoup voyagé pour le travail, je ne peux que lui donner raison .
Bref, Abitabyss fait partie des bons bands de métal au Québec. Je suis de ceux qui les attendaient depuis un moment au SagLac. Après Swompe Apokalypse, je vois que mon garçon implore son lit du regard. Alors, nous quittons le CEM ô combien satisfaits de la soirée. C’était une programmation surprenante, et la salle du CEM rend justice à la bonne musique. J’y ai découvert l’une des meilleures acoustiques dans la région, assurément. Merci l’Abitibi de nous avoir gâtés solide ce soir, on remet ça n’importe quand.
Rédaction, caricature et photographie : Jerry Cherry
Correction et révision : Julie Fortin

