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Tête d’affiche avril 2026 : Killing Daisies

Publié le 01 Avr 2026 par

Pour lire l’entrevue du mois dernier, c’est ici.

Salut Killing Daisies, et merci d’avoir accepté d’être notre tête d’affiche du mois d’avril.

Salut le Bad Crew merci à vous pour l’invitation, c’est super apprécié !!

Vous êtes un groupe originaire de Sept-Îles formé en 2019. Est-ce que vous avez des influences locales au nord du 50e parallèle ?

Yess, évidement! On a eu des bands marquants durant notre jeunesse. La scène septilienne était fleurissante. On a grandi au son de Gou-H, Damage, Arsenic, Toothpick et même un peu de Kalembourg dont certains des membres ont formé Karkwa un peu plus tard. Sinon on ne peut passer sous silence Trendy 5 dont Denis notre drummer et Yves notre guitariste étaient deux membres originaux. Ce band a complètement marqué les années 90 en apportant leur vibe plus punk rock.

Quelles sont vos autres principales influences ?

Notre band étant formé de membres tous issus d’une génération différente, notre palette de goût ratisse quand même très large. Mais on se rejoint tous à quelque part au milieu de tout ça. Je crois que c’est ce qui fait un peu notre identité sonore. J’ai demandé aux gars de me nommer leurs influences musicales.

Pour Dave notre bassiste, ça tourne pas mal autour de RKL, NOFX, Cigar, Descendents;

Pour Yves notre guitariste, Pridebowl, Lagwagon, Slick Shoes, Thrice;

Denis lui, Groovy Aardvark, Pantera, Anonymus, Raised Fist, Good Riddance;

Pour Mathieu, ça tourne autour de Rufio, Thrice, Mute, Propaghandi.

Bien entendu, ils n’en ont nommé que quelques-uns, c’est difficile sur le vif comme ça nommer nos influences musicales.

Pour ma part, j’aime tout, ou presque en autant ça vient me chercher dans les tripes…j’ai été élevée par une famille de mélomane, ma mère m’a initiée très jeune à Pat Benatar, Fleetwood Mac etc… La musique a toujours été au centre de ma vie. Dès que j’ai développé mes propres goûts musicaux, je dirais vers mes 10 ans, j’ai débuté ma phase Nirvana (accompagnée d’un très gros kick sur le beau Kurt Cobain dont les posters placardaient les murs de ma chambre haha) …j’ai ensuite trippé solide sur Hole . Mais mes premiers coups de cœurs punk rock ont rapidement été the Offspring, Lagwagon, No use for a Name

Oufff que j’ai pogné de quoi. Depuis, après avoir découvert plein de bands, vu pleins de shows, je te dirais que mes bands «prefs » et je déteste dire ça quand même parce qu’il y en a toujours des nouveaux qui « pop » quand je dis ça haha. Mais ceux qui restent toujours en haut de liste et que je qualifierais de bands influents appart ceux déjà nommés plus haut c’est Adhesive, Craig’s Brother, 88 Fingers Louie, Useless ID, Much The Same et plus dernièrement se sont taillés une place dans le top, The Corps, Making Friends et St.-Plaster.

Je vais m’arrêter là, avant de m’emporter. Mais ceux-là sont tous des bands dont je ne me tannerai jamais et dont je me dis souvent que j’aurais tellement rêvé d’avoir composé telle ou telle chanson. Bon, là vous allez dire Nad, elles sont où les femmes ? J’aime beaucoup les voix masculines, mais j’adore aussi les voix rauques à la Brody Dalle de The Distillers, Emily Bones de The Anti-Queens et évidement la belle Aimee Allen de The Interrupteurs.

Crédit photo : Pat Frost pour le Bad Crew

Comment le band s’est formé ?

Long story short, en 2018, Denis, qui est aussi mon chum dans la vie s’était racheté un drum pour un projet qui a finalement avorté avec un autre band. Comme il était super motivé vu que ça faisait près de 15 ans qu’il n’avait pas joué, on s’est dit que ça serait tripant partir de quoi ensemble. J’ai chanté pas mal toute ma vie, j’ai eu un duo folk acoustique, j’ai chanté dans des bands de mariage, j’ai été choriste pour quelques projets également, mais j’avais jamais vraiment joué uniquement du punk rock alors ce projet était plus qu’intéressant surtout de vivre ce trip là avec mon amoureux. Vite fait, on a recruté Dave à la basse, Yves et Francis aux guitares. On a commencé en montant des covers, ça nous a appris à se connaître en tant que band, savoir jusqu’où on pouvait aller musicalement individuellement versus en groupe.

On a monté un méga setlist de 32 tunes, car on avait été bookés pour jouer au Tournoi Orange, un tournoi de volleyball qui accueille annuellement près de 3000 à 4000 joueurs de partout. Mettons que ça donne un pas pire party !! C’est exactement à ce moment que la covid a tout annulé. On a quand même continué à jammer pour le fun et monter des nouvelles chansons. On s’est fait remettre à l’année suivante et ça a encore été annulé par la deuxième vague…c’est à ce moment précis qu’on s’est dit fuck off les covers et qu’on a commencé à composer nos propres tunes. S’en est suivi notre premier EP Break The Silence. Par la suite, Francis a quitté le band et quelques mois plus tard Mathieu s’est joint à nous. On a mis les mains à la pâte pour composer Echoes of Tomorrow paru il y a déjà un an presque jour pour jour.

Comment réussissez-vous à concilier la visibilité et la distance ? Cela doit représenter un certain défi ?

C’est effectivement un défi puisqu’on ne joue pas aussi souvent qu’on voudrait. On mise beaucoup sur les réseaux sociaux pour se faire connaitre et les gens sont super car ils partagent beaucoup et ils parlent de nous. Évidement on essaie de profiter de chaque opportunité qui se présente dans la mesure du possible quand on est tous disponibles. Des fois on a l’impression d’être oubliés vu qu’on est loin, mettons qu’on n’est pas les premiers sur la liste quand les bookers des grands centres cherchent des bands.

Mais je dirais que malgré les enjeux que ça peut nous causer d’être loin de la civilisation, ç’a aussi ses bons cotés. Comme on ne joue pas souvent, les gens ne sont pas encore tannés de nous voir et ils apprécient quand ils ont une opportunité de nous voir jouer dans leur coin. Ils sont peut-être plus motivés à se déplacer en sachant qu’on a fait 10-12 h de route pour aller jouer là-bas.

Je ne dirais pas que votre succès a été instantané, mais vous avez réussi à vous tailler une place très rapidement, comparé à d’autres bands qui piétinent depuis plus longtemps. À quoi attribuez-vous cette reconnaissance rapide de la scène ?

C’est une très bonne question. Honnêtement, je ne sais pas. On joue de la musique avant tout pour le plaisir, on ne se fait pas d’attentes. On travaille fort pour faire de la musique qui nous ressemble et qui nous fait vibrer. On vit le moment présent parce qu’on ne sait jamais quand est ce qu’on ne pourra plus vivre notre passion à fond. Et on partage ça avec ceux qui veulent bien être présents et s’ils embarquent dans notre trip tant mieux. On ne se prend pas au sérieux, on est près du monde, on aime le vrai et probablement que ça se ressent.

Sinon, je dirais que dans le monde dans lequel on vit, peut-être que nos chansons sont arrivées au bon moment dans la vie des gens. Nos chansons parlent de la vie en général et certains s’y reconnaissent.  On essaie du mieux qu’on peut d’avoir une attitude positive malgré tout parce que même dans la grisaille, il y a toujours du beau qui ressort.

Peut-être qu’on est un peu différent de ce qui se fait, vu qu’on vient de la Côte-Nord. Ou peut être que le point soulevé plus haut compte un peu aussi, vu qu’on ne joue pas souvent, il y a un peu d’engouement par rapport au fait qu’on apporte un peu de nouveauté.

On a eu la chance de partager la scène avec plusieurs bands très nice aussi qui sont devenus des amis instantanément. Avec qui on a créé des liens solides et qui nous encouragent et nous supportent dans notre art. On pourrait simplement dire que les étoiles étaient alignées simplement afin qu’on ait le plus de fun possible à faire le truc qu’on aime le plus au monde ? Qui sait.

Comment êtes-vous perçus dans votre communauté, surtout dans le style que vous jouez ? Y a-t-il un public, de la demande ? Ou vous devez toujours vous exiler ?

Sept-Îles est une ville qui sait apprécier un bon show de punk rock. Quand on joue chez nous, c’est toujours un événement. Comme on dit : « y’a du monde à la messe » : les chums, la famille, les collègues, les enfants, les « matantes », tout le monde est là! C’est cool en maudit comme vibe. 🙂

Le seul problème, c’est qu’on ne peut pas jouer trop souvent si on veut que tout ce beau monde continue à tripper quand on joue. Alors on s’est dit qu’on ne ferait pas plus que 2-3 shows par année à Sept-Îles. Alors on apprécie chaque fois où l’on joue devant des gens sans exceptions.

On ne peut pas faire cette entrevue sans parler de votre présence au Punk Rock Holiday 2026. Pouvez-vous nous en parler ? Comment c’est arrivé ? Quel a été le processus ? etc.

Hey je me pince encore de ça ! Ça faisait quelques années que je voyais passer des vidéos de ce lieu complètement paradisiaque sur les réseaux et que je me disais faut aller là un jour. On avait des amis aussi qui voulaient y aller. Puis, en 2025, j’ai gagné un petit crédit voyage. Alors ça allait de soi, on allait à Tolmin en Slovénie pour vivre le Punk Rock Holiday en tant que festivaliers! C’était malade, un fest sur 5 jours, 2 scènes dans un parc national entouré de montagnes et de forêts luxuriantes sur le bord d’une rivière couleur émeraude. Il y a une pancarte Welcome to paradise en arrivant là-bas et on a vite compris pourquoi.

Bref. On pourra en reparler plus en détails à notre retour; je m’égare du sujet. Il y avait un kiosque où on pouvait déposer notre candidature. En fait, pour appliquer il faut absolument être sur place et laisser une copie physique. Aucune inscription en ligne. Heureusement on avait apporté quelques CD avec nous. Alors on a déposé notre candidature et balancé ça dans l’univers sans se faire d’attentes.

Quelques mois plus tard, comme on n’avait pas eu de retour et notre deuil était fait, on a cru qu’on n’avait pas été sélectionnés, car la programmation était prévue pour sortir dans les prochains jours. Et soudainement, il y a eu une publication Facebook qui disait que sur les 134 bands qui ont appliqué, 12 avaient leur place sur la programmation et le public devait voter pour 9 bands sur les 19 qu’ils avaient affichés. Quand on a vu notre nom dans la liste on n’en revenait juste pas. Pour nous c’était déjà un accomplissement en soi que notre nom sorte parmi les 134 bands qui avaient appliqué.

On s’est encore dit que, même si on n’était pas pris à la suite du vote, on serait super fier de ça!  Les gens ont voté, on a reçu près de 3000 votes et on a été choisis pour jouer sur le Beach Stage au bord de la rivière. Quelques jours après la programmation sortait et on n’en revenait pas encore. Ils nous ont contactés et on a confirmé le tout et nous voilà en train de planifier notre voyage en Slovénie. Mais cette fois, pour aller y jouer et pour aller prendre des vacances bien méritées en band, notre deuxième famille. Tsé, quand je parle d’étoiles alignées, ben voilà! À date tout ce qu’on a balancé dans l’univers s’est produit…TOUT. C’est fou!

Ah oui! Et j’en profite pour dire que j’ai encore quelques billets à vendre pour le festival (qui est sold out). Si jamais vous avez envie de venir vivre l’expérience PRH, contactez moi en privé sur messenger. Ça va me faire plaisir de vous influencer à venir vivre le trip d’une vie! 🙂

Vous avez été signé rapidement sur le label des chums de Thousand Island Records. Qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Ah Thousand Islands Records !!! Premièrement soyons honnêtes, ils sont tellement sweets comme humains, Cynthia et Bruno. Et tout le reste de l’équipe, une équipe du tonnerre. Ils ont des valeurs tellement similaires aux nôtres, que ça a cliqué instantanément. Ils nous ont tout de suite donné un gros élan de confiance mutuelle et beaucoup de support. Ils ont aussi grandement contribué à notre visibilité, notamment avec l’aide de Mike chez Earshot Media, qui nous a envoyé dans pleins de podcasts, de radios et de playlists partout dans le monde. Alors ça nous a mis sur la map en maudit à la sortie de Echoes of Tomorrow.

Ce qui est super cool avec ce label, c’est que chaque band de leur roster est important pour eux. Que ce soit le gros band le plus connu ou le plus petit band local, (pour ne pas dire le band du fin fond de la Côte-Nord) haha ! Tout le monde est égal. On ne sent pas qu’on est juste la saveur du mois et si on travaille de notre côté pour faire bouger les choses, ils sont là, pas loin. Ils nous appuient à 100% et c’est vraiment stimulant! Sans compter qu’ils ne nous oublient pas quand il y a une possibilité de nous suggérer sur un show.

À part le Punk Rock Holiday et le show des 10 ans de TIR, qu’est-ce qui s’en vient pour vous ?

Évidemment, il y a des trucs qu’on ne peut pas encore dévoiler. Mais on s’enligne pour notre plus gros été a date. À part la Slovénie en août, on avait été invités à jouer dans un festival en France, Le Gros Tonneau Festival à Artonne début mai. Nos amis de Dead Alright qui y avaient joué en 2023 nous avaient fortement vanté la qualité de ce festival, alors on a accepté l’invitation et avec l’aide de quelques contacts, on a réussi à s’organiser une petite tournée majoritairement en France et en Belgique. Les dates exactes et les lieux serons annoncés sous peu.

Et on joue chez nous à Sept-Îles le 18 Avril à la Salle des Congrès avec Love Those You miss.

Événement

On a d’autres belles annonces qui s’en viennent. Alors restez à l’affut sur nos réseaux sociaux pour la suite des choses.

Un gros merci le Bad Crew pour l’entrevue. C’était super cool de votre part de penser à nous. Vous faites une sacré belle job. On apprécie énormément votre support et tout ce que vous faites pour mettre la scène de l’avant et on a adoré répondre à des questions super pertinentes. On remet ça un de ces jours, d’ici-là on s’voit dans le pit!

Rédaction : Claudia Bo et Killing Daisies

Correction : Camille Charlebois

Révision : Marie-Eve Landry

Mélomane finie mais surtout, fan incontestée de punk rock sous tous ses genres, je suis la fondatrice et rédactrice en chef de ce magazine qu’est le Bad Crew. D’abord animée par une passion pour la culture d’ici et la scène locale, j’ai à cœur de mettre en lumière l’incroyable talent que nous avons ici et ainsi, créer un pont entre les artistes et leurs différents publics.