
Culture Sauvage : des shows à découvrir en Gaspésie !
Publié le 15 Juil 2025 par Cynthia Côté
Dans la MRC du Rocher-Percé, une production d’événements culturels et de booking d’artistes a vu le jour. Ils mettent la scène alternative, émergente et locale dans différents lieux, et ce, durant toute l’année. Delphine Lecouffe et Cédrick Francoeur sont les propriétaires.
Cynthia : Raconte-moi votre histoire, à quel moment Culture Sauvage a pris naissance ?
Cédrick : Culture Sauvage (CS) est née en fin 2024 avec la fermeture du Pub Pit Caribou. On a décidé de lancer CS pour continuer à animer cette scène culturelle. C’est un projet qu’on porte dans nos tripes depuis bien plus longtemps, je suis dans le milieu depuis 2009. Depuis une quinzaine d’années, j’ai produit des shows/festivals/tournées un peu partout au Québec dont à Sorel au Pub O’Callaghan, à Québec au Scanner Bistro et à Montréal. On voulait créer quelque chose qui nous ressemble : un espace de diffusion libre, inclusif, engagé, mais aussi festif et accessible, enraciné dans notre réalité gaspésienne. L’idée a vraiment pris forme à partir du moment où on s’est mis à organiser nos premiers spectacles au Chic-Chac à Murdochville cet hiver-là. Ensuite, sont venus les projets dans des lieux atypiques comme les sessions secrètes à la Distillerie La Société Secrète de Cap d’Espoir et les livestop sessions au Audiostop de New Richmond. Au cours du printemps, on s’est mis solide sur la production de tournées et à bricoler nos affiches, ma partenaire m’a coaché en sérigraphie maison et on s’est rassemblé autour de la musique et de l’art. Petit à petit, c’est devenu un organisme vivant.
Cynthia : Quels sont vos objectifs ?
Cédrick : Nos objectifs sont multiples, mais ils ont tous un fil conducteur : créer une culture plus libre, plus proche du monde ordinaire, plus proche de la marge aussi. On veut soutenir les artistes émergents ou indépendants et offrir des événements culturels alternatifs en région, là où il y en a souvent moins, de promouvoir des valeurs d’inclusivité, de solidarité et d’écoresponsabilité, encourager le faire-ensemble, le DIY, le partage de ressources et de savoir-faire. On croit à une culture qui ne soit pas réservée aux grandes villes ou aux élites. Culture Sauvage, c’est pour et avec le monde qui habite ici.
Si vous passez des vacances en Gaspésie, jetez un coup d’œil à leur programmation : des shows, des BBQ, des tattoos, des marchés, des soirées intimes et de la musique lourde !

Cynthia : Comme on peut le voir, votre programmation estivale est ultra remplie avec des shows et des événements tout aussi variés. Est-ce un beau défi de couvrir un aussi vaste territoire ? Avez-vous une équipe ou des collaborateurs ?
Cédrick : C’est effectivement tout un défi, mais aussi une grande richesse. Notre programmation estivale couvre une bonne partie de la Gaspésie : de Carleton-sur-Mer à Gaspé en passant par Chandler, Cap-d’Espoir, Percé et New Richmond. Ça demande beaucoup de coordination, surtout qu’on est une toute petite équipe (souvent solo) – la majorité du travail est fait de façon bénévole. Mais on ne fait pas ça seul : on a des collaborateurs et des collaboratrices incroyables, des partenaires locaux, des lieux culturels amis, des artistes généreux, et toute une gang de bénévoles motivés qui nous donnent un coup de main selon leurs moyens. Sans cette solidarité, rien de tout ça ne serait possible. Il me faut absolument mentionner les équipes du Pub Aire Salin de Percé, de La Société Secrète, du Audiostop disquaire et des ateliers à travers avec qui on collabore et qui nous ont fait confiance avec leur programmation événementielle estivale.
Cynthia : Vous avez aussi une ligne de marchandise upcylcée, fabriquée à partir de vêtements seconde main, désignée et imprimée en Gaspésie. Les gens peuvent commander sur votre site internet ?
Cédrick: Oui ! C’est un aspect du projet qu’on adore. On thrift des vêtements de seconde main, on les transforme, on les teint, on les imprime à la main en sérigraphie à Percé, grâce à nos amis des Ateliers À Travers. Chaque pièce est unique, écoresponsable et faite avec cœur. C’est à la fois une façon de soutenir notre mission et de porter fièrement les couleurs de CS. Notre boutique en ligne est en reconstruction en ce moment, mais on vend nos vêtements lors de nos événements, dans les marchés publics, et parfois en vente directe via nos réseaux sociaux. Les gens peuvent aussi nous écrire pour commander ou suivre nos annonces.
J’ai eu la chance de me procurer un vêtement à leur effigie avec le superbe Rocher Percé, mentionnant : La grosse roche !

Cynthia : On peut dire que votre plus grosse période est celle estivale compte tenu de la saison touristique ?
Cédrick : Oui, clairement. L’été c’est là où tout explose : les festivals, les tournées, les marchés, les rencontres. La saison touristique donne un bon coup d’énergie, et ça nous permet aussi de faire rayonner les artistes locaux auprès d’un public plus large, parfois même international. Cela dit, on travaille à développer des activités à l’année, notamment l’hiver, avec des shows plus intimes, des résidences d’artistes, de l’humour, de l’impro et des collaborations avec d’autres organismes culturels. On veut que la culture circule toute l’année, peu importe la température. Vous pouvez d’ailleurs toujours soumettre votre projet ou vos idées via notre boite courriel !
Comme mentionné sur leurs médias sociaux, Culture Sauvage, c’est plus qu’un projet culturel : c’est un vecteur de lien social, de création collective et de transformation positive du territoire. Territoire voisin au mien, la Gaspésie a une place particulière dans mon cœur et je suis très contente de cet engagement pour la scène. Je leur souhaite une longue et belle existence !
Rédaction : Cynthia Côté
Correction : Val Girard
Révision : Marie-Eve Landry

