
Vaincre le tunnel pour une soirée dansante, signée Longueuil un pays
Publié le 04 Mar 2026 par Jess Peach
Samedi le 21 février dernier, je me suis rendue au Foyer Saint-Antoine dans le cadre des spectacles organisés par Longueuil un pays, une association visant à raviver la scène alternative qui existait jadis à Longueuil, pour y voir Perpendicolor, Fragile et Thick Glasses.
L’Association Longueuil un pays
Je suis arrivée tôt afin de discuter avec LP (à la programmation) et Candide (bar & gestion de la porte), tous deux derrière ces soirées. Et un peu aussi pour pouvoir manger la fameuse pointe de pizz de Longueuil Pizza, tant vantée par nos amis de Thick Glasses. J’ai également pu profiter d’une dégustation de cidres et de vins de chez Coteau Saint-Paul, gracieuseté de La Boîte à Vin.
En attendant que le premier band commence, j’ai jasé avec LP qui m’expliquait, avec des étoiles dans les yeux, que sa programmation va bon train. Même assez pour que les prochaines dates disponibles soient en novembre seulement. Longueuil un pays est une association axée sur la communauté – tous les profits supplémentaires générés par les concerts (porte, alcool, breuvages, nourriture, etc.) vont à la Fondation du Foyer Saint-Antoine, un organisme venant en aide aux personnes handicapées. L’esprit se veut également familial et je l’ai immédiatement constaté en mettant les pieds dans la salle, où plusieurs enfants se couraient après entre les adultes qui eux, bavardaient avec une bière à la main.
La salle, quant à elle, est absolument magnifique. C’est une ancienne chapelle aux allures grandioses – des lustres majestueux, des plafonds très hauts, des vieux planchers de bois qui craquent, un mur de pierre au fond de la scène, et un deuxième étage me rappelant un peu la disposition des (feux) Katacombes. D’ailleurs, LP me mentionnait qu’il aimerait dégager assez de profits pour pouvoir rénover le 2e étage qui n’était malheureusement pas accessible au public, pour éventuellement devenir le « Mini-Foufs » de Longueuil.
L’ouverture du spectacle avec Perpendicolor
Le show a commencé avec Perpendicolor, un groupe dont je n’avais jamais entendu parler. Dès les premières notes, ils ont donné le ton à la soirée : un son lourd, tantôt stoner rock, tantôt alternatif, et des membres qui savent franchement où ils s’en vont.
Victoria Richardson à la voix passe d’une voix juste et grave, à un growl bien placé, en ne perdant pas une minute entre deux chansons. Benjamin Trudel-Bureau joue de la guit comme s’il n’y avait pas de lendemain et on sent du blues dans ses riffs. Guillaume Datugan Martin slap sur sa basse, on dirait parfois que j’entends du Tool, du Red Hot Chili Peppers ou du KoRn dans les influences. Finalement, Alexis Frechette tient le tempo pour accompagner ses musiciens qui ont offert un set bien exécuté – tous les yeux étaient rivés sur la scène et j’ai vu beaucoup de sourires durant leur performance.

Fragile, directement de la France
Vient ensuite le groupe Fragile, directement de Angers en France. Franchement ça a été un immense coup de cœur pour moi. Là encore, je ne les connaissais pas, et j’ai eu un solide « WOW! ». Pour les fans de Title Fight, Mil-Spec, Militarie Gun, Drug Church – bref si vous aimez la vibe shoegaze & post-hardcore (ou « modern hardcore », comme ils se décrivent sur leur page bandcamp) – vous allez clairement être servis.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le fait qu’il y ait quatre vocals, ce qui rend le tout plus dynamique à regarder. Et parlant de dynamisme, que dire de l’énergie de chacun des membres! J’ai eu de la difficulté à prendre des photos qui ne sont pas floues, tellement ils bougeaient tous. Le chanteur, Baptiste Pelletier, a même terminé le set dans la foule, après avoir invité Hugo (au son) à se joindre à lui juste avant.
Si vous ne connaissez pas encore leur musique, accourez vite écouter leur tout dernier album BIG BIG SMILE, paru le 7 novembre 2025.



La tête d’affiche : Thick Glasses
Finalement, c’est Thick Glasses qui embarque comme tête d’affiche. J’ai croisé des gens qui ne les connaissaient pas, et je leur ai vanté la qualité des musiciens : ma parole a clairement été honorée. Maudit (ce n’est pas le mot que j’aurais choisi mais il faut quand même que je demeure professionnelle) qu’ils sont solides! Gab est un sale bon drummer, je n’en reviens pas à chaque fois – sans vouloir rien enlever à Dave (guitare et chant), Charles (chant et guitare) et Julien (basse) bien sûr. C’était la troisième fois que le groupe jouait à Longueuil, et ils étaient unanimes : c’était la meilleure des trois fois!
Le public montrait clairement leur appréciation par des headbangs, des sourires, et plusieurs personnes qui chantaient les paroles à tue-tête. À un certain moment, Charles nous invite à partir un pit et faire du 2 step, mais en rajoutant ceci : « les prochaines tounes sont faites pour se décalisser la face, mais faites attention à vous autres pis faites attention aux autres, c’est important ». Des vraies perles, ces gars-là!


Ils ont terminé le set avec la chanson Doggo où la foule s’est déchaînée (respectueusement). À peine retourné vers leur gear pour se débrancher, qu’on entendait la foule crier « THICK GLASSES! THICK GLASSES! THICK GLASSES! », pour réclamer un rappel. C’est alors qu’ils ont sorti des boulamites la chanson Vedgétarien de leur album En orbite paru en janvier 2018, et que Dave nous a fait un beau hand stand.
Terminer la soirée en beauté
C’était une soirée formidable et j’ai déjà hâte à la prochaine.
Pour conclure, j’avoue que j’adore la formule avec trois bands – ça ne me laisse pas le temps de sentir que mes pieds et mon dos font mal, et ça me laisse assez d’énergie pour aller danser, même sur le dernier groupe. La salle est magnifique, le staff est amical, et je suis certaine qu’ils auront de plus en plus de succès.
D’ailleurs, LP nous annonçait à la fin du spectacle que la tournée 123 Punk qui s’arrête là le 1er mai prochain a « sold-out » durant le show, ce qui laisse croire que les gens qui y mettent les pieds confirment leur appréciation de la place.
Rédaction : Jess Peach
Crédit-photo : Jess Peach
Révision : Marie-Eve Landry

