
Pouzza FEST 14, jour 2 : L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tard
Publié le 11 Juin 2026 par Patrice Belley
11 heures du matin, nous avons survécu et sommes ressuscités le samedi 17 mai. Pouzza FEST 14, je suis prêt pour une seconde dose abusive musicale. De nombreux autres groupes tout aussi talentueux m’attendent dans quelques heures. La météo s’annonce clémente, il va faire beau et chaud. Ce qui fera un grand bien à des saguenéens qui sont encore à la saison du printemps, pas plus tard qu’hier. Fait qu’on sort les shorts de nos bagages pour se vêtir léger.
Je spot la merch sur la page Facebook du Pouzza FEST et je m’exclame « Hey, y’a un macaron, ah non c’est un ballon, ah non un macaron. » C’est là que l’expression t’es ben ballon-macaron est née et nous a suivie au cours de notre aventure.
Lors de notre marche vers un resto pour déjeuner, nous croisons un passant accompagné d’un lapin habillé en Canadiens de Montréal. Ça pue la victoire à plein nez en demi-finale contre les Hurricanes ce soir, avec tous ces signes encourageants. Notre cible est Eggspection et nous ne regrettons pas notre choix culinaire. C’est succulent ! Nous sommes flambant neufs pour attaquer la ville de Montréal.
DON’T TRY
Le commencement de ce récit est encore au Jardin des Bières pour un show offert gratuitement et généreusement de DON’T TRY. Les quatres amis embarquent sur la grande scène, pour notre plus grand plaisir. « Nous sommes de la ville de Québec, juste à côté. Faites du bruit ».

Le chanteur crinqué est constamment en mouvance sur le stage qui leur appartient. Ça transpire le punk. C’est chaud et humide pour le filet de porc.
Tellement du bon punk hardcore. Ils m’impressionnent grandement. « La dernière chance, CIRCLE PIT ! » La foule lui répond, de par ses actions et réactions agressives tout en ayant ben du fun.

Capable!
J’avais hâte de voir Capable! après avoir écouté en boucle leur vinyle Le Désordre Organisé, paru en 2024. « Pour qui, c’est une first time ? » Je lève ma main, et fiou, je ne suis pas le seul. Justin, orné d’une boucle d’oreille en forme de trombone, est équipé d’une jolie guitare blanche sur laquelle il est inscrit La bienveillance c’est punk en criss. Best slogan ever!

Pendant la pandémie, il avait sorti un album nintendo synth punk, intitulé Mange le cendrier. Les interprétations voyagent avec une sélection de leurs pistes les plus récentes, mais il y a des vieilles au travers du lot.

« Sixième fois que l’on participe au Pouzza. Mon fils et ma conjointe sont présents. » C’est ce qui est cool avec ce festival, c’est familial et formateur pour la jeune relève. Justement, un kid se lance en bodysurf – peut-être sa première expérience du genre – et après rien de moins que le pit qui l’attend.

Blood Command, prise 2
Il est temps de bouger, quitter les lieux vers notre destinée qui se trouve Chez Cléopâtre. Set surprise de qui ? Blood Command, remet le couvert pour un copier-coller dans une salle différente. J’ai appris entre-temps que la chanteuse fait partie d’un autre groupe punk, du nom de Pagan. Ils nous ont tombés dans l’œil lors de la veillée précédente. Encore plus déjanté et ayant la même énergie qui les animait.

La chanteuse s’amuse en crachant pour ensuite lancer sa bave dans la foule survoltée. L’objectif d’un photographe y goûte également. Pourtant, si je ne m’y me trompe pas, ce nest pas le band Crachat qui est devant nous.
« You are the best fucking crazy fans« . Un wall of death s’en suit. Nikki grimpe sur les épaules d’un spectateur pour affronter l’action en cours. De retour sur le stage, la vipère se dirige vers moi et je crains le pire. Je m’imagine la taille de la morve, clam que je vais recevoir en pleine tronche. Je suis sauvé ; elle liche sa tignasse.


Se laissant porter par ce public en body surfing gracieux. Sur scène, la dominatrice se tortille sur le dos, s’écarte et envoie un baiser soufflé. Finissant par se mettre à genoux aux pieds de son talentueux guitariste, pour le frapper de plein fouet avec sa main. Je ne sais pas si c’est dû au fait que nous nous trouvons à la base dans un bar de danseuses, mais elle donne tout à ses fans. Même son linge et ne s’en garde pas épais pour elle.
Deecracks
Déplacement majeur coûtant en temps, vers le Turbo Haüs. Deecracks, un trio autrichien qui revendique un nouvel album Brain Drain, créé il y a deux ans. Le concept est que 2024 marque le 50e anniversaire des légendaires Ramones. Pour rendre hommage à leur groupe fétiche, ils revisitent l’intégralité de cet album de 1989 qui fête ses 35 ans.

J’assiste à une performance époustouflante débordante de puissance musicale. Ils jouent à une vitesse fulgurante, comme leur idoles en fait. Droits, ils sont. À récouter assurément.

Frida Kill
Nous retournons au Cabaret du MEM. Lieu faisant penser à l’espace, car le son meurt ici. Il est aspiré, abasourdi et contraint au silence. Sensation bizarre, je vous dis. Frida Kill nous y attend.

Quatuor féminin de Brooklyn à New York. Rapidement, je constate que l’on va entendre trois voix se mettant en valeur mis-à-part la batteuse. Ça groove !

Elles ont fait du bruit avec leur nouvel album City Gurl, en novembre dernier. Band à retenir.
The Holy Mess
Efforts consacrés à l’atteinte de l’entrée des Foufounes Électriques pour y apprécier The Holy Mess. Groupe jouant du death rock juxtaposé à un punk rock, de leur Pennsylvanie

J’aperçois le sympathique chanteur de The Boolweevils dans le slam. C’est lourd et rapide, bien exécuté.
The Sainte Catherine’s
The Sainte Catherine’s, groupe phare qui roule depuis longtemps, traversant les époques punk. Premier band québécois à avoir signé avec le géant label Fat Records. Je les vois en spectacle pour une seconde fois, suite à leur passage chez nous au Saguenay en 2021.

« Chus plus hot que Xhekaj des Canadiens. » J’utilise mon avantage avant-scène pour m’approcher de cet acte. Tout est pensé en incluant une jolie femme qui tient une pancarte à bout de bras affichant le score du CH, on se croirait dans un gala de boxe. Même Youpi est présent, de la fête.




Ballon de plage qui circule, voyage et je réussis à lui asséner un smash. Hugo s’en sort à merveille, malgré qu’il a le stress du festival à gérer en parallèle de sa prestation sans faille. Merci monsieur Mudie!
School Damage
School Damage sont trois torontois qui jouent à la Ramones. Un rejeton des maîtres, du punk pur et dur.

Des riffs qui restent figés dans notre tête. Morceaux qui défoncent finement les tympans et nous donnent envie d’en redemander. C’est une tuerie, ce trio ontarien.

Christy Costello
Christy Costello, c’est elle la reine directement de Minneapolis. Entourée pour notre soirée de quatre musiciens de haut calibre. Je fixe, porte mon attention sur le saxophone envoûté.

Du microphone léopard, une voix si douce et sans malice jaillit. Rien de comparable, leur couleur exprimée est teintée de post punk et parfois du soul. Vibrante, est leur musique.

The Anti-Queens
The Anti-Queens, band punk rock n roll d’Ontario, que j’ai croisé au Delüge Fest dans mon Jonquière. Les torontoises sont démentes, tellement que je tenais impatiemment à les contempler de nouveau.

Un punk plus garage et crasseux. Oh, que j’aime ça. Contraste évident entre leur beauté sauvage et leur rendu qui est sale, quant à lui. Mes amis qui m’accompagnent ont la gueule à terre, conséquence d’être vierges. Leur show a passé beaucoup trop rapidement. « Merci beaucoup ! »


Dead Bob
Nous allons faire nos épaves à dérive se dirigeant vers Chez Cléopâtre. Dead Bob nous y accueille avec le sourire. Formation difficile à cerner et de définir leurs styles. Cocktail festif et éclaté composé de cinq membres excentriques.

Parfait comme conclusion du jour, pour terminer allumé. Nous repartons de bonne humeur, absolument rien ne peut saboter ces moments impérissables.

2 accomplis sur 3
Je me sens presque comme dans Les 12 travaux d’Astérix, sauf que moi je n’en ai que trois à accomplir avec succès. Le jour 2 du Pouzza FEST 14 a également été mis KO. Mon groupe favori du 16 mai 2026 est Don’t Try. C’est bien parce que je me dois de n’en nommer, n’en souligner qu’un seul, mais je me suis gavé de plusieurs autres délicieuses compositions musicales à saveur punk. Prenez un long instant afin d’admirer la magnifique photo de Rémi Deschênes utilisée comme couverture de cet article.
De plus, j’ai mangé et dégusté le meilleur bol au poulet d’une existence au Central. Il est temps d’aller dormir afin de recharger ma batterie interne. Demain nous attend de pied ferme avec sa brochette bien garnie d’une panoplie de bands.
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Rémi Deschênes (Don’t Try, Capable)
Crédit-photo : Patrice Belley (Blood Command, Deecracks, Fridakill, Holy Mess, The Sainte Catherines, Oktoplut, School Damage, Christie Costello, Anti-Queens, Dead Bob)
Correction : Camille Charlebois
Révision : Julie Fortin

