
Tempête de Polonium 309 à Fokyoushima
Publié le 17 Juin 2026 par Jerry Cherry

Le 30 mai dernier, Tempête est annoncé, accompagné de Polonium 309 et Fokyoushima au Bar à Pitons (BaP). Surprenant en cette belle soirée, sous un ciel étonnement dégagé et encore ensoleillé pour l’heure, je me rends à pied au BaP pour assister à ce saccage total organisé par Factory entertainment.
Force est de constater un fait avéré : ailleurs dans la province, on attend avec impatience dans la salle que le show commence; au Saguenay, c’est le contraire. Les groupes attendent l’arrivée du public à l’extérieur. Cependant, au BaP, on a le plaisir d’avoir un feu de camp à l’extérieur, agrémenté de musiciens volontaires créant l’atmosphère. Pour dire, l’attente est très agréable sous les airs punk folk d’un guitariste et d’un joueur de banjo, sous la chaleur invitante des flammes, le temps de voir les gens commencer à arriver.
Polonium 309 : style radioactif et mutation musicale
Le band est toujours très présent dans mon organisme depuis son dernier passage à Jonquière. J’ai encore quelques cellules saines requérant l’irradiation. Polonium 309 est entré cette année dans ma liste de groupes à ne pas manquer, pour y rester.

Ce soir, on est en petit comité, juste la crème des crinqués, et une ambiance très conviviale se forme rapidement. Pour dire, entre les chansons, on jurerait être dans un show de garage avec des chums; les musiciens se lancent des piques avec le public. On lève tous ensemble nos verres entre chaque chanson, le fun est solidement pogné.
Encore une fois Polonium 309 affecte tout sur son passage et, comme son homonyme, il laisse une trace indélébile dans tous les organismes qu’il ravage de la puissance de sa musique. Mention spéciale au drummer; ce gars est d’une concentration presque hypnotique aux percussions, c’est malade.

Prochain show : La Ligne Verte
Vous pouvez voir Polonium 309 au Café La Ligne Verte à Montréal le 13 juin prochain. Le Café La Ligne Verte cherche des bands intéressés à jouer dans sa salle cet été (100 places). Si ça vous parle, voici leur adresse courriel : bookinglaligneverte@gmail.com.
Fokyoushima
Enfin ! Et oui enfin ! Fokyoushima, groupe de Saint-Prime, vétérans de la scène punk de ma région, dont nos chemins se sont souvent frôlés, mais jamais croisés. Musicalement, c’est un mélange de métal, punk avec un soupçon de vieux rock, aux paroles dénotant une habilité d’écriture ahurissante.

Fokyoushima rock la place et s’amuse autant que le public. C’est le chaos dans le crowd, et on prend à peine le temps de souffler entre les tounes. Les gens se garochent partout; je me croirais dans un jeu d’Hippo Gloutons. La seule pause notable fut celle pour la solidarité des micropénis entre deux chansons (Ah ! Fallait être là.)
Fierté régionale
Bref, que dire de plus sur Fokyoushima, le band roule depuis plus d’une dizaine d’années, et ce n’est pas sans raison. Le répertoire parle de lui même; aucun relâchement dans la discographie. Chaque album démontre sans conteste leur talent.
Je conclus en une phrase qui résume tout : Fokyoushima, un nom à inscrire dans l’histoire de la musique du Sag-Lac.
Tempête : meilleur dommage collatéral ever !
Pendant l’entracte on est plusieurs à se questionner au sujet de ce qui peut bien nous attendre par la suite. En effet, à l’extérieur, on lit le questionnement dans les yeux de plusieurs. Et pour cause, la majorité ne connait aucunement le prochain groupe, Tempête. Tous semblent dans le même état d’esprit : les deux groupes précédents ont donné tout un spectacle jusqu’ici… Si c’était ça le calme avant la tempête, c’est à se demander si on est préparés à ce qui va suivre.

Ce pressentiment s’est rapidement confirmé. Un départ à 9.5 sur l’échelle de distorsion, la première chanson instrumentale avec deux guitares qu’ils font vaciller devant les amplificateurs, comme un thérémine complètement psychédélique. Plusieurs dans le crowd se croisent du regard, les yeux arrondis à leur maximum, la stupéfaction se lisant sur chaque visage. J’ai même dû aider un ami figé dans sa stupeur, pointant le guitariste Antony Collin Bilodeau, la bouche béante et sans voix. Enfermez les mains de ce guitariste dans la cellule la plus recluse d’un asile abandonné, ses doigts sont fous à lier.

Les chansons de Tempête sont principalement instrumentales et jouées par trois musiciens hors pair. Peu de paroles, mais des messages forts et très réfléchis. Par ailleurs, je me dois de leur lancer des fleurs et le pot avec; je lève mon chapeau pour leur chanson sur le système de la santé et l’automédication : tout comme le sujet traité dans les paroles, la chanson est une cacophonie bien dosée.
Si Tempête est annoncé près de chez vous, laissez-vous emporter sans hésiter.
Rédaction et photo : Jerry Cherry
Correction : Jess Peach
Révision : Julie Fortin

