Home Scène Internationale Le Café du Clocher témoin de la critique sociale des Subhumans

Le Café du Clocher témoin de la critique sociale des Subhumans

Publié le 02 Oct 2026 par

Les légendaires Subhumans à Alma, c’est complètement dingue ! « Passe sur la palette de Mudie à Gingras et il score ! » La dernière fois que je les ai vus en spectacle, c’était au Pouzza FEST en 2025 et j’en avais écrit un papier. Différence notable du fait que c’était une performance à l’extérieur avec une pluie tellement intense qui m’a fait frôler l’hypothermie. Cette fois-ci, j’aurai la sonorité d’une salle de qualité et l’intimité du Café du Clocher.

Je fais partie des « petits pas vites », la gang qui a manqué la première mise en vente pour le vendredi 18 septembre. Tous les tickets se sont écoulés en un temps record de quatre minutes. Alors, je me suis heureusement repris pour la supplémentaire du jeudi 17 septembre.

Subhumans

Café du Clocher

Nous sommes jeudi après-midi et pendant ce temps, au Café du Clocher… Sam prend le thé avec ses convives. Le côté anglais qui refait surface.

La soirée installée et je suis de retour dans mon Café où je me trouvais il n’y a pas si longtemps pour VioleTT Pi la semaine dernière. C’est plein à craquer. Les murs et assises, pas un pied carré qui n’est pas occupé par un punk.

Le Café du Clocher

Bad Waitress

Le quatuor féminin Bad Waitress, provenant de l’Ontario, débarque avec sa couleur rock bien à lui. Les Torontoises vivent la totale en participant à la tournée, visitant plusieurs villes. À chacune des positions stratégiques, nous retrouvons Kali-Ann Butala (guitare/vocal), Nicole Cain (basse), Eva « Moon » Palmar-De melo (drums) et Katelyn Molgard (guitare).

Bad Waitress

Nous amorçons un voyage musical avec elles, débutant par un son planant, limite stoner. Changements de vitesse fréquents assurant un saut d’un genre musical à un prochain.

Elles livrent des épisodes punk bien sentis et donnent tout ce qu’elles ont à offrir. Pure énergie brute. Elles sont adorables tout en étant affûtées. Un tout nouvel album nommé In The Hollow paraîtra le 30 octobre prochain, porté par le single Loving Kind.

Bad Waitress

Je remarque que la prochaine composition tentée n’est pas facile celle-là ! Dès son amorce, il faut réussir à se timer entre les changements de tempo. Elles doivent se reprendre par trois fois et elles en rient, se font du fun. C’est beau à voir, nous en rions avec elles. Ce léger contretemps valait amplement ce qui a suivi.

Les filles se joignent au crowd almatoise pour attendre aussi impatiemment Subhumans. Je suis « stashé », positionné très près de la scène. Je suis sur le bord du hall d’entrée avec, à mes côtés, la drummeuse, que je m’empresse de féliciter.

Subhumans

Subhumans, c’est vraiment la formation du UK, fondée en 1980. À ne pas confondre avec l’autre bon groupe canadien du même nom. Les messieurs ne rajeunissent pas, mais vivent toujours de leur passion commune à 65 ans. J’ai le bonheur d’avoir devant moi trois membres originaux sur quatre : Dick Lucas au vocal, Bruce Treasure à la guitare et Trotsky à la batterie. Quatrième membre arrivé un tantinet plus tardivement, Phil Bryant à la basse, depuis 1983 quant à lui.

Ne nous laissons pas faire

Nos légendes, celles que nous chérissons, habiles pour dresser un portrait satirique, mais réaliste, de notre pauvre société. Se baptisant eux-mêmes des « sous-humains », ils incarnent la perception gouvernementale du peuple. Fervents du mouvement anarcho-punk. Dick est encore une fois endimanché d’un t-shirt converti en camisole, bien musclé et pas une once de gras. Il court, ne tient pas en place une seule microseconde. « Bonsoir… allo… merci ». Le titre initial adéquat pour lancer le débat est AGD, All Gone Dead, tiré du premier album The Day the Country Died, paru en 1983.

Peuple opprimé

In your face! Il me crache dessus. Oh ! Passons à un beat reggae. Cinquième interprétation est Apathy qui raconte comment tout le monde se fout de ce qui se déroule autour de leur personne sur la planète.

Subhumans

Équité impossible dans l’injustice

En frappant son arme de prédilection, soit son microphone sur son crâne, ça me rappelle la façon de faire de Wattie de The Exploited et aussi Brutal Youth. Il l’empoigne et le tord, il tente de visser quoi au juste ? Je vais m’amuser dans le thrash animé, le temps de deux morceaux qui déménagent. Plus tard, la pièce No est jouée tellement rapidement, même si elle l’est déjà en version studio.

Subhumans

Propos politisés

Tantôt, il utilise ses deux mains, prenant la forme de bouches qui se parlent et se répondent l’une à l’autre. Conversation binôme en solitaire. Peu après, il mime ce même personnage qui mange, mastique, déguste pour finalement lancer le tout dans la foule. Susan est sélectionnée comme prochaine chanson, pratiquement jamais interprétée en spectacle. Chanceux, nous sommes.

Subhumans

Synthé additionné à la révolution réveillée, pilotée par un nouveau venu avec la troupe punk. Monsieur Lucas, avec sa posture typique du dos légèrement courbé, vomi, expulse ses revendications éternellement d’actualité.

Discours prononcé

« Last one. » Religious Wars est lancée, dénonçant des guerres menées et causées par la religion à l’échelle mondiale. Une setlist éreintante d’une durée de 59 minutes.

Subhumans

Redevenons des humains à part entière

Subhumans est une machine de guerre, construite indestructible, du bon vieux temps d’il y a 46 ans. Sérieux candidat au show de l’année et j’y étais. À la hauteur d’une solide réputation internationale forgée dans le milieu musical punk. Je me suis fait conseiller d’explorer les trois autres bands de Dick Lucas. The Mental, actif de 1979 à 1980, a été son tout premier groupe punk. Culture Shock, actif de 1986 à 1989 puis reformé en 2013, qui propose un mix d’anarcho-punk plus du ska, dub et reggae. Citizen Fish, actif depuis 1990 et dominant la scène ska-punk.

Demain, nous serons le 18 septembre, Journée de l’album québécois. Pour l’occasion, je me présenterai chez Planète Claire pour voir Goudron lancer son nouvel EP, Plaza. Quelques jours plus tard, je serai devant d’autres légendes du punk : les Sex Pistols. Watchez mes prochains articles sur ces sujets palpitants. À bientôt !

Rédacteur : Patrice Belley

Crédit-photo : Patrice Belley

Correction : Valérie Lapierre

Révision : Val Girard

Je suis chargé de projet informatique à l'Université du Québec à Chicoutimi. Pour le Bad Crew, je suis rédacteur depuis février 2024 et photographe quand la situation se présente. J'aime beaucoup assister à de nombreux shows chaque année. Ce qui me motive, c'est de faire rayonner la scène musicale et ainsi faire découvrir des groupes québécois et internationaux. Ma paie, c'est de voir la formation de nouveaux groupes et que les promoteurs continuent à organiser des spectacles.