Home Scène Internationale Oi! It’s Ottawa : skins ‘n’ punks canadiens et allemands

Oi! It’s Ottawa : skins ‘n’ punks canadiens et allemands

Publié le 10 Déc 2025 par
Affiche du show

Tout droit venu d’Allemagne, Lammkotze est venu clore la première édition de Oi! It’s Ottawa avec Self ControlJenny Woo et The Infectors au Dominion Tavern d’Ottawa le 15 novembre 2025. L’évènement a été organisé par Jenny Woo, Chris Hawkeye (The Infectors) et Dizz Hupé (Pils Records) ; un grand merci à eux d’avoir préparé ce fabuleux spectacle ! 

The Infectors : 

The Infectors 1

Chris Hawkeye, le chanteur de The Infectors, commence en nous demandant si on est prêt à être infecté avant de n’avoir d’autres choix que de l’être par la chanson Get Infected. Entre le deuxième et le troisième titre, la transition s’est présentée en pause promotionnelle dans laquelle le groupe nous partagea que leurs deux premières démos sont disponibles gratuitement sur leur Bandcamp. Ils introduisirent par la suite Walk With Us, une nouvelle chanson à paraître sur leur prochain EP qui s’annonce très très bon. Ils poursuivirent avec Up To You avant de nous annoncer qu’ils seront en studio le 12 décembre pour enregistrer leur nouvel EP préalablement à un album qui ne saurait tarder l’année prochaine.  

The Infectors 2

Le band de street punk mélodique continue avec I Am Who I Am et Mad Mike, comme le surnom du bassiste qui chante cette chanson très influencée par ConflictHawkeye présente ensuite la formation. Bien que ça soit un nouveau groupe, chacun des membres à une bonne vingtaine d’années d’expérience dans la scène puisque trois d’entre eux firent partie de Machine Gun Dolly et le quatrième est un ancien Zero Hours. Le chanteur-guitariste dédicaça One Last Time aux autres groupes un peu avant la fin. Il y a eu un peu de mouvement durant celle-ci et un verre s’est brisé. Le chanteur de B.A.L.M. Squad est allé ramasser le dégât. Pour le remercier, le frontman de The Infectors note son geste d’un beau 10/10 à la fin de Okay, une tune au refrain super accrocheur. 

Jenny Woo :  

Jenny Woo 1

Pour bien débuter son set, Jenny Woo fit semblant de quitter la scène après uniquement 30 secondes de sono avec Voice of Oi! qu’elle recommença et joua finalement complètement. My Revenge et l’immense remerciement à The Infectors poursuivit le spectacle. La féministe oi! dédia One Tribe à chacun de nous, un hymne aux communautés oi! et punk dans laquelle elle se retrouve l’espace de quelques secondes seule avec sa guitare et sa voix singulière avant de nous demander de taper des mains avec elle. J’ai été étonné de constater que cette légende parle français lorsqu’elle a remercié Dizz Hupé de l’avoir aidée à organiser la première édition de Oi! It’s Ottawa.  

Après un premier pit de 3 personnes, elle continue ses remerciements en souhaitant au passage l’anniversaire de quelqu’un dont le nom m’a échappé. Pour fêter l’évènement, Jenny Woo et son groupe ont repris Chaos de The 4 Skins. Le titre qui suivit, à savoir I Refuse to Be a Victim, a facilement été un de mes préférés qu’elle ait performé ce soir-là. Plus tard, elle nous présenta le band avec lequel elle jouait pour la première fois en cette nuit de mi-novembre. Après, Jenny nous transmit un message punk/oi! qui commence à se répandre de plus en plus : « More women on stage ». Dans le même message, elle raconta qu’elle avait débuté son propre groupe parce qu’elle n’arrivait pas à trouver quiconque pour l’accompagner. Sur ce, elle continua avec Here We Stand et termina avec Should I Stay Or Should I Go des Clash

Self Control : 

Self Control 1

À l’écoute de la sono, je m’attendais à un concert très fort au niveau sonore de la part de Self Control. Cela se confirma dès un début sans prévention avec une de leur dernière chanson, Burning Inside. Assez rapidement, le chanteur du quintette se moqua du guitariste lorsqu’il nous présenta son accent anglais tout droit venu de Montréal. Voici la retranscription approximative : le guitariste demande : « Can I have more guitar in the monitor? » Ce à quoi le chanteur traduisit en « He said he just want an alligator in the monitor. » avec un accent aussi pire que son collègue musicien. Tout au long du concert, le chauve au micro s’est déplacé devant le stage (dont par terre) tout en bousculant et participant au pit. Son absence capillaire nous laissa voir des veines sur son front qui démontrent à quel point il se démenait et qu’il est une bête de scène.

Le grand au micro est tombé lors d’une de ses décentes au milieu de la foule, mais il a rapidement été remis sur pied par ceux qui l’entouraient. Un gars est aussi monté sur scène pour chanter avec eux pour un instant. Dans les environs de la fin de leur set, le groupe a remercié toutes les personnes présentes. Pour les trois derniers morceaux, j’ai cédé aux supplications d’un dude qui me demandait de l’accompagner dans le pit dans lequel je me suis presque cassé la gueule dans le fil du même chanteur que j’ai bousculé pendant ces trois titres. Asti, ça bougeait ! 

Self Control 4 (en train de boire)

Je ne parle pas vraiment de la musique ici, parce que c’était tout bonnement du hardcore de la vieille école parfaitement exécuté, autant musicalement qu’énergiquement. 

Lammkotze : 

Lammkotze 1

Le clou du spectacle arrive enfin avec le trio allemand de Lammkotze. Avant de débuter, le guitariste chanteur nous demanda si on voyait ses cheveux de skinhead dans le vent propulsé par un ventilateur proche de lui. (Blague skinhead) L’intro de leur premier morceau, Wieder Da m’a bizarrement rappelé Zombie de The Cranberries. En tout cas, le combo du refrain en Woo avec des paroles allemandes, cela donna de la super oi! J’ai remarqué un peu plus tard que le chanteur, qui est aussi guitariste, jouait sans médiator et même parfois avec le pouce. À l’antipode, le bassiste utilisait pour sa part un pick. Du côté du batteur, il ne regardait quasiment jamais sa batterie, il regardait plutôt la foule en train d’essayer de comprendre le langage germanique et de s’amuser en même temps. Les trois skins ont plus tard bu et fait passer dans la taverne un flacon de Nordbrand Pfefferminz, un alcool verdâtre allemand à la menthe poivrée, qu’ils avaient ramené d’outre-mer. Le vocaliste a ensuite remercié les gens présents dans la salle en anglais et en français.

Lammkotze 2

Bien que certaines chansons soient en anglais, Jenny Woo s’est donné un défi en acceptant de chanter avec le groupe dans leur langue maternelle sur Mehr als nur ein Wort ou, en anglais, More than just a Word. Le chanteur a pourtant lui-même chanté sa partie en anglais alors qu’elle est normalement en allemand. (Après recherches, j’ai trouvé que Jenny avait déjà chanté ce morceau avec eux en anglais sur une version acoustique se retrouvant sur le vinyle de Vom Kopf Bis Zu Den Boots.) C’était sa première fois dans cette langue, mais elle a étonnement très bien performé. Le quatuor était fort souriant pour la durée du titre. Pour clore en beauté, Lammkotze a repris un de leur groupe préféré, c’est-à-dire Cock Sparer. Ils ont fait un pot-pourri d’environ 4-5 hymnes incluant Take ‘Em All et Because You’re Young. Sur ce dernier, il y eu une agglutination autour du micro pour scander le refrain. Je ne sais plus pendant quelle partie du medley c’est arrivé, mais les chanteurs de B.A.L.M. Squad et de The Infectors sont montés sur scène pour participer à une fin légendaire.  

Lammkotze 3 (avec Jenny Woo)

La musique oi! allemande est un créateur de souvenirs indélébiles et je suis très chanceux d’avoir pu y participer. 

Photo de fin de soirée avec les groupes et les organisateurs (photo de Courtney O'Hara)

Pour encourager les groupes de la soirée :

The Infectors : https://www.facebook.com/theinfectors613 & https://theinfectors613.bandcamp.com/album/contagious-frequency

Jenny Woo : https://www.facebook.com/jennywoooiproject & https://www.youtube.com/channel/UCSl3WpW4mZc9i9d4Or1_1bA

Self Control : https://www.facebook.com/hcmylife89 & https://www.youtube.com/channel/UCvajFtSRqBci127vOvTTHHA + https://pilssessions.bandcamp.com/album/self-control-session-19-5-23 (Pils Sessions)

Lammkotze : https://www.lammkotze.com/ & https://linktr.ee/lammkotze

(Pour plus d’histoires mythiques passées au Dominion Tavern ou pour en apprendre plus sur la scène de l’Outaouais, vous pouvez lire mes autres articles ici)

Crédits :

Rédaction : Eddy H. Chavaudret

Photo : Eddy H. Chavaudret et Courtney O’Hara (dernière photo)

Correction : Marie-Joëlle Tremblay

Révision : Marie-Eve Landry