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Ça punk aux Francos 2026 !

Publié le 17 Juin 2026 par

Le 13 juin, au deuxième jour des Francos de Montréal, on a eu droit à quelques groupes punk dans l’océan de la programmation des Lou Adrianne Cassidy et Kinji00 de ce monde. Les Breastfeeders, Groovy Aardvark et Béton Armé étaient les reps de la riche scène punk hardcore francophone au Québec. Le festival a bien fait de ne pas prendre ce sous-genre pour acquis dans la musique de la francophonie. En ce samedi soir, le quartier des spectacles est devenu un paysage d’une foule de personnes difficilement navigable, mais d’une énergie pétillante.

Béton Armé


Comme toujours, Béton Armé captive l’âme de tous les amateurs de hardcore dès les premières notes distortionnées à la guitare. Des fans chantant toutes les paroles en avant étaient suivis par des personnes les voyant pour la première fois. Elles étaient placées timidement en arrière afin de ne pas se faire absorber par le pit assez agressif.


Béton Armé n’est pas Béton Armé sans Dan Prestone. Le frontman est une perle rare du hardcore avec sa présence scénique digne des légendes du punk comme Jello Biafra ou Ian Mackaye. Son corps en action constante, il communique une envie irrépressible de bouger. On ne peut s’en empêcher, dès qu’il descend pour crowdsurfer pendant un refrain, on ressent l’adrénaline coulant dans les veines des partisans du pit.


Véritable à leur inspiration des bands Oi! des années 80, les « woooh » chantés en chœur résonnaient à travers la Place des Arts. D’ailleurs, on y entendait encore des échos après que les amplis se soient éteints.

Groovy Aardvark


Groupe vétéran ensemble depuis maintenant 40 ans, Groovy Aardvark comptait le plus de personnes dans son crowd. Parents avec leurs jeunes enfants, adolescents venus de leur plein gré, personnes âgées, tous étaient venus pour de la musique transcendant les générations. Des cris beuglants qui rebondissaient sur les bâtiments autour avec des lumières stroboscopiques étaient coupés par les discours et échanges du band.

Ayant expliqué que chaque membre choisissait en alternance une chanson à reprendre, le band est parti pour un cover d’une chanson serbe, accompagné d’une violoniste.

« On est un band pacifiste », ils disent. « Les seuls punchs qu’on donne c’est des punchs musicaux »

Et des punchs musicaux, Groovy Aardvark en a donné. Ce groupe a marqué — et marque encore — la scène musicale québécoise. Poussant toujours les limites de la créativité, le groupe se retrouve encore en studio pour la première fois en 25 ans, prêt à s’y attaquer encore.

Les Breastfeeders


Dès 19 heures, le soleil encore levé avec l’été cognant à la porte, les Breastfeeders prennent la scène Spotify des Francos 2026. Charmants comme d’habitude avec leur esthétique yéyé-années 60 et leurs tounes catchy, leur set était un bon mélange d’ancien et de neuf. La ville engloutie, leur récent album sorti en 2024, composait un bon tiers des chansons jouées, avec le reste datant de leurs plus anciennes œuvres
musicales.

Leur iconique tambouriniste et hypeman Johnny Maldoror exécutait, comme toujours, un workout impressionnant en gardant l’énergie pendant le set d’une heure. Grimpant sur les barrières et lançant son tambourin dans l’air pour l’attraper (au moins la majorité des fois), la bizarrerie fait vraiment la beauté des Breastfeeders. La foule s’est réchauffée à temps pour leur chanson finale, Ça Ira, de leur premier album Déjeuner sur l’herbe (2004) où nous étions laissés sur un ensemble dansant.

Des spectacles francophones se poursuivront jusqu’au 20 juin sur la Place des Arts pour les Francos 2026.

Rédaction : Beatrix Hooton

Correction : Camille Charlebois

Révision : Julie Fortin