Home Scène Canadienne Necronomicon au menu d’un éclectique Culte @ Port-Alfred

Necronomicon au menu d’un éclectique Culte @ Port-Alfred

Publié le 07 Août 2026 par

Dame Nature et ses grands vents ont éclairci le ciel pour la quatrième édition du Culte de Port-Alfred, en ce samedi 1er août. Le menu de cette journée aussi spéciale que variée propose un éventail de saveurs issues d’ici. En effet, Necronomicon, Fred Fortin, GFK, LeParc et d’autres, sont rassemblés pour faire bouger les culs et ravir les cœurs d’un public déjà conquis. 

À mon arrivée, le site a des allures de kermesse paroissiale, tellement l’assistance et les kiosques sont variés. Il va sans dire qu’un tel événement fait rayonner tout le Saglac, et bien plus encore.

Les retombées visibles du Culte

Les efforts déployés lors des trois premières éditions ont visiblement payé, puisque des travaux sont en cours sur le bâtiment. À ce propos, sachez que Patrimoine Saint-Édouard a acquis l’église en 2025, pour un symbolique dollar. Depuis lors, la réfection du toit et de la fenestration est allée bon train, pour un résultat aussi éblouissant que brillant. D’ailleurs, un des vieux pinacles est exposé au pied de la flèche, son jumeau flambant neuf trônant déjà sur le toit.

De ce que j’en ai lu, Ville de Saguenay acquerra l’église pour la même somme symbolique, une fois ces travaux réalisés. Plusieurs projets sont présentement sur la table, notamment celui d’y aménager une bibliothèque. Qui vivra, verra.

GFK, Le hardcore à son meilleur

GFK commence sa seule prestation de 2026 sous un ciel boudeur, aucunement impressionné par la grisaille d’après-midi. Immédiatement, le band garoche ses accords vigoureux sous les hourras de la foule, parmi laquelle courent des enfants et des chiens. Un jeune métalleux déploie le drapeau du Saguenay parmi les bulles qui volètent allègrement dans les airs. Cela ajoute à la magie du jour. « Merci d’être présent avec nous autres, on est vraiment chanceux », de dire Jessy (voix) en introduction. On est content aussi, aucun doute.

Jeune fierté saguenéenne

Le groupe, formé en 1996, est dans une forme olympienne. Le drum propose un beat rapide, l’audience en redemande. Que demander de mieux pour atteindre le bonheur ? GFK nous conduit de titre en titre, survolant ainsi l’ensemble de sa discographie. Globaliverne et Rethinking Basic Antiracism me font bondir en arrière direction 2004, me rappelant au passage leur show de 2006, pour la sortie de Thanatopolicy. Mais je m’égare…

Malgré les ans, le son de GFK n’a rien perdu de sa superbe : c’est percutant et distorsionné avec une voix forte. J’adore. Le band chante les thèmes qu’il a toujours portés : la lutte contre l’homophobie, le racisme, le totalitarisme, etc. Tous ces sujets sont d’autant plus actuels, au vu de la situation mondiale… Toujours est-il que GFK frappe les esprits de ses justes revendications.

Fernando, le gars d’show

En guise d’introduction pour Power Is Invisible, Jessy présente Fernando au public. Mais qui est Fernando, me direz-vous ?  Ce n’est ni plus ni moins qu’un mannequin gonflable tagué de multiples autographes. Il suit GFK partout dans le Québec, et possède même sa propre page Facebook. Le band propose un bodysurfing pour Fernando, tout en précisant qu’il n’est destiné qu’à cet usage. Évidemment, cette tirade suscite bien des gloussements dans le crowd. Enfin, la chanson New World Orchestra sonne le glas de la prestation. Franchement délicieux.

Fernando, le gars d’show

Finalement, force est de constater que Fernando s’est bien envoyé en l’air, puisqu’il a aussi été aperçu dans le pit lors de Necronomicon.  C’était fabuleux.

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Au cœur de la tempête

Comme une accalmie au cœur de la tempête, s’élèvent les notes doucereuses d’Eléonore Dessureault. Sa prestation calme, presque tendre, vise assurément à calmer les enfants avant le souper. Et ça fonctionne : ses rythmes lents et doux enjoignent la foule à un apaisement certain, et les courses enfantines s’espacent de loin en loin.

Promenade au cœur de l’Art

Durant cet intermède, je déambule parmi les kiosques afin d’étancher ma soif d’Art. De facto, mes yeux se régalent des œuvres humoristiques de Lormand Namour et s’écarquillent devant la fresque de Joëlle Gobeil. Les stands de tatouage de Emman Soul InkRH needles, Captain Bricolage et de Fleurs de  Lou ne sont pas en reste et proposent une foule de pièces-éclair pour graver le Culte dans ta peau.

Puis, j’analyse un moment les tableaux et les sculptures de Marie-Michèle Gourde et de Jean Delisle. Ensuite, je plonge tête la première dans la sérigraphie de Joanie Simard, avec qui je tape la jasette. J’y apprends qu’elle est membre de L’assistante riposte et en profite pour glaner quelques infos sur le futur de la formation. T’sais, tant qu’à y être ! Un peu partout, on aperçoit la patte de David Dallaire, fidèle au Culte depuis ses débuts.

LeParc, aussi amusant qu’un carré de sable

Juste à entendre la rumeur durant la journée, on savait que le set de la formation LeParc était des plus attendus. Leurs chansons instrumentales oscillent entre le rock garage et le stoner, et présentent parfois des sonorités plus funk, voire un tantinet psychédéliques. Évidemment, cet intermède musical est délicieux à l’oreille. Les gens se sont massés – et c’est le cas de le dire – devant la scène afin de profiter de chaque note, jusqu’à épuisement du son.

LeParc, quatuor jusqu’alors  inconnu de mes propres tympans, vient de Jonquière et définit sa musique comme étant du “rock prog ludique”. À voir le fun qui fuse du stage, cette affirmation est définitivement juste. Effectivement, les musiciens complices semblent s’amuser énormément lors de cette prestation étonnamment décoiffante. Je vous invite d’ailleurs à écouter leur album, Au Parc, lancé à la fin d’avril. Vous allez voir, ils ont de quoi à dire, même en restant silencieux.

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Les Double Dry Bowes… comme la bière

Durant l’entracte, deuxième apparition des Double Dry Bowes depuis celle de l’après-midi.  En effet, Mat Lévesque et Simon Trottier assurent la transition vers Necronomicon. Ce duo humoristique aux paroles salaces et impromptues, frappe fort et gagne gros, faisant se bidonner toute l’assistance. Dès le premier mot et jusqu’à la fin, ce couple d’impolis partage des tranches de vie et des vieilles tunes de son cru. 

Cet intermède sans censure aux sujets aussi simples que les Prime Time aux raisins ou la bière, suscite beaucoup de rires et de commentaires parmi la foule. En bout de ligne, Les Double Dry Bowes auront tenu leur promesse de “tout donner jusqu’au boutte” en 15 minutes.  Pour un band-pas band qui est parti d’une joke, c’est réussi. Plus sérieusement, allez lire l’histoire de leur genèse (ici), vous allez pisser de rire.

Necronomicon, 35 ans plus tard

Durant la pause et jusqu’au début du show, le public en place évolue pour se colorer du noir des amoureux du métal. Chaque personne présente anticipe avec délectation le moment où Necronomicon apparaîtra sur scène, pour une première à La Baie depuis 1991. De fait, la foule réagit bruyamment à leur présentation et accueille le band à corps et à cris, prête à tout.

Dès lors, les rythmes lourds et rapides de Necronomicon emplissent l’air, chargeant l’atmosphère d’une énergie indescriptible. Et là, il se passe de quoi, tous happés que nous sommes par ce black/death métal aussi dynamique que pesant. Comprenez-moi bien : On savait que ça allait être “métal”, mais , on a carrément plongé dans le côté sombre et délicieux de la chose.

Quelques tunes passent, et on retourne en 1998 avec Pharaoh Of Gods puissante, rapide, poignante. 

Un retour aux sources

Entre les chansons, Rob The Witch (voix / guitare) se remémore : « nos premières photos en ‘91 c’était en avant cette fucking church là. » C’est fou de constater à quel point la Vie a ce don de tous nous ramener à certains moments précis dans nos existences, un genre de full circle si je puis dire. Je crois bien que, pour Necronomicon, c’était un peu ça à cet instant. C’est émouvant. 

Puis, la musique reprend, et la foule plonge avidement dans l’obscurité décadente de la musique, s’en délecte. Et j’en suis. Les rythmes et la profondeur – dirais-je la noirceur – du son sont tout à fait hypnotiques, combinés à la rapidité du drum, qui vient nous chercher dans le fond des tripes. Plus tard, Rob (voix) s’enquiert :  » Qui c’est ici qui connait pas Necronomicon ?” Peu de mains se lèvent à son grand étonnement. 

Il relate au public les débuts de la formation, le départ pour Montréal, la percée du band… On se sent chanceux d’ouïr ces confidences qui n’en sont pas, on accueille avec compassion sa crainte avouée de rejouer dans son patelin après avoir fait le tour du monde. Quand même, ce gars de La Baie, il en a fait du chemin…

Un peu plus de Necronomicon avant la fin

Une fois la jasette terminée, The Witch lance : “êtes vous prêts pour plus ?” Évidemment qu’on en veut plus : on en prendra jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Tout de suite, il enchaîne : “la prochaine tune est sur notre dernier album (Unus) […] Paradise Lost« . S’ensuit une quasi-frénésie, le pit se déchaîne encore un peu plus, les têtes bangent, les chevelures volent. 

Peu avant les dernières pièces, le groupe redirige les fans vers sa page Facebook pour l’achat de merch’ et de musique, puisqu’ils ont… malencontreusement omis d’embarquer la boîte. Ce sont des choses qui arrivent. Enfin, Necronomicon tient à préciser que l’ensemble des bénéfices des ventes lui revient, dans une prise de position contre la grosse industrie, qui appauvrit les artistes comme autant de cancers. Personne ne saurait être plus en accord avec ces propos. Le spectacle s’achève sur un rappel ardemment réclamé par le public.

Un peu plus tard, une vidéo partagée par le band promettait un retour sur l’une des scènes de la région dans un futur plus ou moins rapproché.  En attendant, Necronomicon jouera le 12 septembre prochain, à Québec. Tenez-vous le pour dit.

Fred Fortin, un p’tit coup de rock avant de partir

Juste avant l’entrée en scène de Fred Fortin, les cloches sonnent pour la première fois depuis leur restauration. Dans leur résonance, s’élèvent aussi les cris, les bras et les hourras des gens, dans un moment énergique, empreint de solennité.

Il y a belle lurette que j’ai perdu la carrière et la musique de Fred Fortin de vue. Toutefois, le voilà qui nourrit la foule d’un généreux rock’n’roll, aux envolées blues/jazz sur les bords. Le foule, loin d’être fatiguée, se colle un peu plus et forme une bulle d’intimité.  Profitant de la noirceur fraîchement tombée, des projections illuminent la façade en simultané. Mon esprit vagabonde avec les images, au même tempo que la musique. De gammes en solos, la prestation se dirige vers son terme.

Puisqu’il ne pouvait quitter le crowd comme ça, Fred introduit son rappel par un “câline de bine de tabarouette”, avant d’entonner “quelques chansons salaces » et bien assumées, comme T’es grosse pis t’es belle, que la foule chante en chœur. C’était une belle soirée avant l’after. D’ailleurs, surveillez bien la sortie des articles racontant les hauts faits de l’après-midi et de l’après-spectacle.

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Rédaction : Julie Fortin

Photographie : Jerry-Cherry

Correction & révision : Marie-Eve Landry





D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé la musique, le style punk et les crêtes dressées. J'suis une intello finie, un peu geek et un peu pirate. J'évolue régulièrement dans les shows et dans le événements. Tu m'y verras souvent en retrait, mais toujours à l'écoute. J'ai parfois l'air sauvage parce que je dis pas un mot ou si peu. En fait, j'suis dans ma bulle, à penser à toutes sortes d'affaires ou à juste vivre le moment présent. Viens me parler, j'suis ben smatte, bien que j'aie plus de mots sur papier que dans la vraie vie. Correctrice, rédactrice et admin au sein du Bad Crew, j'ai pour objectif de faire rayonner la scène du SagLac, qui est vivante, accueillante et remplie de trésors de toutes sortes!