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Le Culte d’Overbass à Port-Alfred

Publié le 13 Août 2025 par

Ce samedi 2 août, la température est idéale pour une journée toute en musique, à la troisième édition du Culte de Port-Alfred. Cette année encore, l’événement s’adresse aux familles et à la communauté, présentant des groupes de musique et des artistes locaux, tout en étant hyper abordable. C’est là une excellente façon de stimuler la vitalité du quartier, tout en donnant l’occasion aux gens de se rassembler. Quand nous arrivons sur le site de l’église Saint-Édouard mon partenaire et moi, il y a déjà foule, et des gens de tous âges à part ça, de la poussette à la marchette.

Chou – La découverte Culte

Pas longtemps après ma rentrée sur le site, les premières notes de Chou commencent doux. C’est le moment idéal pour un détour au bar, je me dis. Je fus littéralement happée dans ma lancée, directement frappée dans les éclats de musique et l’énergie qui émanent tout à coup du stage. Assister à une telle fougue me coupe la soif raide; la bière attendra bien quelques instants. 

Le band, formé en 2018 et originaire de Montréal, est constitué de Bruno Bouchard (guitare), Charles Laplante (lead), Patrick Chagnon (basse) et Gabrielle Oltra (drums). Chou se décrit comme une formation “arachno-punk de bonne famille”. Chou nous pitche gentiment mais énergiquement quelques titres de ses albums, dont Blanc (2024) et Chou (2022). Tout comme moi, la foule est subjuguée et bouge sous cette excellente musique, tout en hurlant sa joie durant les petits intermèdes. J’ai adoré l’ensemble du set, dont leur chanson Y va y avoir des morts. Une fois le show fini, je réalise que “j’haïs ça avoir du fun” en leur compagnie, pour reprendre les mots indiqués sur leur merch. Quelle belle découverte.

Des Vanupieds mais pas des tout-nus

Il y a toujours de la place pour du bon punk rock, espace naturellement comblé par la musique des Vanupieds. Ça date en esto la dernière fois où je les ai vus jouer, il y a des années. Depuis le temps, je les suis quand ça adonne et écoute les nouvelles chansons qui sortent. Les années passent, le talent reste et se bonifie pour ce quintette local, qui vient d’ailleurs d’enregistrer un nouvel album, Les bandes étoilées, paru en juin. 

Leur prestation est tellement fluide que le set semble passer à la vitesse de l’éclair. En effet, la musique et les paroles franco s’imbriquent de façon harmonieuse et donnent envie de chanter tout en remuant de la croupe. De ce fait, je vous invite à jeter l’oreille sur On se croise les bras, “succès radiophonique” du band. Avant de partir, les Vanupieds demandent au public « d’inonder leur Facebook de demandes » lorsqu’ils annoncent la sortie de leur album en format vinyle, dans un avenir généralement rapproché. Enfin, ils joueront le 29 août au Café du Clocher, avec les Ordures Ioniques qui fêtent leurs 30 ans.

Les avancées Culte

Durant une des pauses, quelques nouvelles. En effet, Patrimoine Saint-Édouard vient d’acquérir le bâtiment de l’église Saint-Édouard, pour la somme symbolique d’un dollar. En effet, cet achat assure que l’église, désacralisée il y a plus de 20 ans, demeurera propriété collective. Cela la protège aussi de la démolition en attendant sa restauration, en quelque sorte. Aussi mentionnons que la visibilité des précédents Cultes a permis à l’organisme d’obtenir une subvention de la ville de Saguenay. L’argent servira à l’entretien et au maintien du bâtiment. Pour l’heure, plusieurs projets sont envisagés pour la bâtisse, dont un café communautaire et un espace d’interprétation historique et patrimoniale. Qui vivra, verra.

Le Culte – De bouffe et d’art

Je profite du soleil, de la boisson et de la bonne compagnie durant cette belle fin d’après-midi. Bruno Rodéo, son rock aux accents punk et country et son énergie caractéristique embarquent sur le stage pour un public déjà conquis. C’est le fun, le site est grand et je peux aisément l’écouter d’une oreille, bien assise au pied d’un arbre plus que centenaire.

Plus tard, un peu plus près de la scène, je le trouve ben beau avec sa chemise à franges. Bruno est gai comme un pinson et contamine le crowd de sa musique et de son entrain, notamment au son de Donnez s’y une bière. Éventuellement, un subtil hommage à Ozzy s’introduit au cœur d’un solo, où sonnent quelques notes de Iron Man; j’trouve ça fin.

Durant la fin de l’après-midi, je me régale de hot-dogs et d’art en parcourant les différents kiosques. De fait, je me sens très interpellée par la sculpture de David Dallaire, et par les dessins très réalistes de Jean-Philippe Arguin, avec qui je tire la jasette.

Plus tard, la musique de Dany Placard résonne en back. Elle est relaxe et hésite entre le rock stoner et les tonalités parfois country. Je l’entends en arrière-plan des mes conversations sans trop l’écouter, mais ça met un bon fond sur l’ambiance, qui est excellente. Les dernières familles quittent avec la brunante et on démonte les modules gonflables.

Du rock’n’roll plein les oreilles avec MORDiCUS

Voilà maintenant MORDiCUS, habitant la scène pour régaler la foule de son rock’n’roll groovy à souhait. Je reconnais immédiatement Oh maman en ouverture, avec son refrain ver d’oreille “ah oui, maman, maman, oh non !”  La chanson m’emporte du côté nostalgie, et je la revis comme si c’était hier. Faut dire que MORDiCUS roule sa bosse depuis un bail, de façon plus ou moins soutenue.

MORDiCUS, comme les présente Maxime Desrosiers (voix) c’est Laurent Racine à la guitare, Martin “Moe la légende vivante » à la basse, Pierre-Luc Laberge (guit’), Gabriel (synthétiseur / tambourine), et Luc Gagné à la batterie. Ces habitués du stage n’en sont pas à leur premier tour de chant, mettons. Leur jeu est harmonieux et fluide; c’est l’expérience à l’œuvre sur scène. Les amoureux du rock’n’roll franco de MORDiCUS sont bien servis, et l’ado (14) de mon partenaire m’a avoué connaître la plupart des chansons jouées. Un bon point pour la relève. La reprise des Stones, Sympathy for the Devil, donne naissance à un chœur bruyant de “woo-hoo”, mais annonce bientôt la fin du set. C’était génial.

Après le rock, l’attente

La foule crépite et s’agite dans l’intermède, aussi impatiente que gonflée à bloc. Ceux qui les connaissent savent que, pour Overbass, le son hardcore, le chant trilingue et les instruments-quatre-cordes sont à l’honneur. Ce band montréalais a principalement roulé sa bosse entre les années 90 et 2004 (peut-être plus, corrigez-moi si je me trompe). Certains membres du public les découvriront pour la première fois tandis que d’autres, plus aguerris, revivront une époque maintenant révolue. C’est ben pour dire, la dernière fois où j’ai vu Overbass, j’allais encore au cégep pis le pot n’était pas légal. Ça date. Si je m’attendais à un retour plutôt corsé, je fus servie.

Overbass [nous] rajeunit de 20 ans

C’est avec une fébrilité certaine que le groupe finit son installation. L’électricité est comme en suspens dans l’air, attendant le bon moment pour exploser. Enfin, voilà la belle Shantal (chant), accompagnée de ses musiciens. Tout de suite, elle décolle : « En passant vous êtes prêts pour votre voyage dans le temps ? …c’est parti ! » Oh oui que c’est parti, sur les chapeaux de roues en plus, sur les airs du Petit cactus.

Comme trip du passé, il n’y a pas mieux. Le crowd répond, embarque, chante, danse. C’est une petite frénésie remplie de joie. Les succès d’Overbass jouent les uns après les autres, agrémentés des tranches de vie du band ou de ses membres. Ainsi, on se délecte de No Beer !!, Plein mon Cass, Tenochtitlan ou Libertad. C’est intime à souhait : Shantal nous raconte même son arrivée “fraîchement débarquée du Mexique ici même à La Baie”, l’année de ses cinq ans.

Puis, une autre histoire nous ramène encore plus loin derrière, à l’époque où la jeune Arroyo, se rendait en secret à des spectacles de Capitalist Alienation pour étancher sa soif de hardcore.. Joël (basse) jouait dans ce même band avant l’aventure Overbass. Le plaisir était donc palpable sur le stage autant que dans le pit lorsque deux covers de Capitalist Alienation ont retenti.

Le Culte du fun

Honnêtement, je crois qu’il fut jouissif pour Overbass de descendre tous les saints du ciel – et encore plus – lors de la dernière et épique Saint-Sacrement. Avouez, quand même qu’il y comme une sorte de poésie dans le fait de jurer sans retenue sur le perron d’une église, même désacralisée. J’ai eu un gros frisson de plaisir.

Décidément, le temps passe vite, trop vite. Après la tune, DJ Fat Fuck, MC de la soirée, se porte gardien du temps : il est 23 heures, c’est la fin. Le public n’est pas de cet avis. Il réclame un rappel, hue le pauvre gars et se dresse comme un seul homme, refusant de quitter. Les minutes passent, la fougue ne diminue pas. Le MC cède, Overbass rembarque, le public a gagné. Finalement, la foule aura droit à son rafraîchissant -60 avec les vents. J’peux tu vous dire que le fun était pogné solide avec le canon à mousse, le trash, le déferlement de joie, avec moé qui gueule en arrière. Cultissime.

La conclusion des festivités

Une journée n’est pas suffisante pour goûter à toutes les merveilles du Culte. Par leur implication, toute la bande des organisateurs met de la couleur et contribue à rassembler la communauté. En fait, le bonheur est fait de simples choses : les gens, l’art, la musique, la bière et la bouffe.

Le Culte se poursuivait évidemment à la Brasserie de Port-Alfred, avec Beyond Fiction et Quarante-Quatre. Il est garanti que tous les tripeux y ont déménagé pendant que je reprenais la route de la maison après cette cultissime journée.

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Rédaction : Julie Fortin

Crédit-photo : Jerry-Cherry

Correction & révision : Marie-Eve Landry


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé la musique, le style punk et les crêtes dressées. J'suis une intello finie, un peu geek et un peu pirate. J'évolue régulièrement dans les shows et dans le événements. Tu m'y verras souvent en retrait, mais toujours à l'écoute. J'ai parfois l'air sauvage parce que je dis pas un mot ou si peu. En fait, j'suis dans ma bulle, à penser à toutes sortes d'affaires ou à juste vivre le moment présent. Viens me parler, j'suis ben smatte, bien que j'aie plus de mots sur papier que dans la vraie vie. Correctrice, rédactrice et admin au sein du Bad Crew, j'ai pour objectif de faire rayonner la scène du SagLac, qui est vivante, accueillante et remplie de trésors de toutes sortes!