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Le dernier Noël – rétrospective woke

Publié le 23 Déc 2025 par

Intro

Tant qu’à être le dernier Noël, pourquoi ne pas faire une rétrospective woke tout en frappant dans le nid de guêpes.

Le temps des fêtes, le moment de l’année où tout le monde se gave de l’opulence décomplexée. Le tout en donnant nos fonds de poche et de garde-manger aux pauvres pour se donner bonne conscience. Guess what, les pauvres n’ont pas juste faim à Noël ! Il faut dire que la guignolée des médias est la plus grande hypocrisie médiatique qu’ils ont trouvé pour s’acheter du capital de sympathie sur le dos des pauvres. De plus, chaque année, les médias ne font pas ce qui est attendu d’eux. Soit de rappeler que ladite guignolée est nécessaire, parce que les politiques ont abandonné un pan entier de la société. Durant ce temps, des itinérants crèvent dans leurs tentes. Des policiers racistes tirent sur des enfants immigrés. La CAQ tue ce qu’il reste de la démocratie avec ses projets de lois liberticides, anti-démocratiques, populistes, racistes, border fascistes et anti-syndicaux.

Historique


C’est bien connu dans l’histoire de nos civilisations, lorsqu’un État devient autoritaire, l’art de contestation surgit. L’art, c’est le moyen d’expression des faibles et des opprimés. Or, quand tout est censuré, l’art devient le véhicule pour exprimer et refléter ce que devient ledit État. Plusieurs courants artistiques le prouvent. Par exemple, le modernisme. Il est la réponse à la fin de la Première guerre mondiale, où l’on cherche à innover et à rompre les conventions sociales.

Au Chili, Pablo Neruda porte ses idées par sa poésie. L’expressionnisme allemand a été porté au théâtre, à la peinture et au cinéma. Il a érigé une fresque d’alerte et de contestation face à la montée du nazisme. En France, sous le régime de Vichy, c’est le courant existentialiste qui a été propulsé dans les arts et la philosophie.

À Cuba, dans les années 1960, on a vu naître un courant du cinéma révolutionnaire. Le cinéma de Santiago Alvarez, est une réponse à la propagande de l’impérialisme américain. Aujourd’hui, ça ne fait pas exception. La montée du populisme, de l’autoritarisme et du fascisme, plusieurs artistes ont pris à bras-le-corps cet état de fait. Ils dénoncent les politiques et autres dérives de droite et d’extrême droite. Il m’apparaît essentiel de souligner les efforts d’ici comme ailleurs pour dénoncer ces dérives politiques.

États-Unis

Earth to Eve

Earth to Eve s’est particulièrement démarqué cette année. Elle a fait bon nombre de singles au cours de l’année. Elle dénonce avec éloquence, appuyée par des faits irréprochables. Ne l’oublions pas, la meilleure arme face à ces courants de droite, ça reste encore l’éducation et le savoir. Ce n’est pas par hasard que chacun des mouvements autoritaires se trouve à couper dans l’éducation, les médias et les universités. Ce sont les véhicules du savoir qui donnent aux gens le sens critique nécessaires et les arguments pour contrebalancer les rhétoriques et les faussetés qu’ils véhiculent.

C’est exactement ce que fait Earth to Eve dans la plupart de ses chansons, mais particulièrement dans : “Threat Level Orange” et “No Kings”. Un mélange de pop et de rap qui rappelle des sonorités à la Billie Eilish. Parce qu’on le veuille ou pas, Eilish a réécrit les codes de la pop, ces dernières années. C’est une voix profonde qui transmet l’émotion. Ces paroles somme toute simples, et ce n’est pas un défaut — nul besoin d’être compliqué pour être pertinent — touchent la cible. La preuve qu’il est encore possible de faire de la pop intelligente et contestataire. De surcroît, autoproduite et DIY. Si ce n’est pas là l’esprit punk qui s’opère ici, je ne sais pas ce que c’est.

1876

1876 est un nom lourd de sens. Au Québec et au Canada, il s’agit de l’année d’entrée en vigueur de la Loi sur les Indiens (sic). Aux États-Unis, il s’agit de l’année où l’État a emprisonné les nations autochtones dans des “réserves”. En juin 1876, le conflit culmine avec la bataille de Little Bighorn. C’est ni plus ni moins la guerre coloniale contre les autochtones.

Ce groupe punk rock autochtone des États-Unis a sorti l’EP “Pow Wow Punk Rock 4”. Un punk rock mélodique qui marie des sonorités autochtones au punk rock. Le groupe s’approprie le genre en y ajoutant des éléments de la culture propre aux autochtones. Se réapproprier sa culture et intégrer sa culture à ce qui existe déjà, c’est une partie intégrante de la lutte contre la colonisation. Ça permet d’exposer la lutte contre la colonisation à certaines personnes qui n’auraient pas autrement été touchées. Ça s’inscrit dans le continuum de l’éducation populaire pour leur cause.

Nous n’en parlerons jamais assez. Les peuples autochtones ont vécu et continuent de vivre un génocide perpétré par l’État avec la complicité des élites religieuses judéo-chrétiennes. Autochtones du monde entier, peuple palestinien, même combat. Personne n’est libre jusqu’à ce que tout le monde soit libre. Solidarité aux peuples opprimés !

Canada

PROPAGHANDI

Le plus prog des groupes punk a sorti l’album “At Peace” cette année. Propagandhi a toujours fait la promotion d’idées de gauche. Ils perpétuent la tradition. C’est on ne peut plus clair avec le titre “Benito’s earlier Work”. Le lien avec Mussolini et le fascisme est clair et franc. Le titre décrit comment quelqu’un est érigé au pouvoir par la dérive autoritaire.

Soit le béni de Dieu, le culte de la personnalité, le culte de la violence et une société sur le bord du gouffre. Lier le passé au présent, c’est un des éléments essentiels du savoir.  Connaître l’histoire nous donne des indices clairs pour la suite. Propag en fait la démonstration et nous donne une leçon bien importante. Nous avons une responsabilité individuelle de nous éduquer et une autre collective de transmettre le savoir à son prochain.

UNION THUGS

Plus près de chez nous, les Union Thugs ont toujours mis en lumière les rapports de force qui s’opèrent dans nos sociétés. Cette année, nos thugs préféré-es n’ont pas chômé et ont sorti deux EP : “Coup de grisou” et “Coup de grisou vol. 2”.

La lutte des classes est le fondement même du groupe. Dans ces deux nouveaux EP, le groupe nous rappelle que le capitalisme est inhérent à des rapports de force inégalitaires entre les pauvres et les riches, et les boss et les employé-es. C’est le précepte même de la dérive à laquelle on assiste actuellement. Le capitalisme est ébranlé, entre autres, par les guerres, la pandémie, les récessions économiques, la crise écologique. Il n’hésite pas une seconde à employer la répression et la violence pour asseoir son pouvoir. Un important rappel que les milieux de travail ne sont pas démocratiques et que le capitalisme, lui, est amoral, asocial, anational et apatride. 

Conclusion


Devant la montée du fascisme, de l’autoritarisme et du populisme, il faut une réponse combative de la part de l’ensemble de la société. La société civile a le pouvoir de non seulement dénoncer, mais aussi de montrer la voie aux politiques. Nous n’avons pas et ne devons pas tolérer les discours, les actes et les politiques haineuses. Les crises vécues dans nos sociétés résultent des politiques rétrogrades mises en place par et pour les riches. Nos dirigeants sont des pourris, et les pourris nous appauvrissent. Le 29 novembre dernier, une grande manifestation a rassemblé plus de 50 000 personnes pour dénoncer les politiques indécentes des bouffons qui nous gouvernent. Nous devons agir. Investissez dans vos syndicats, groupes communautaires et autres groupes affinitaires. Ensemble, crions d’une seule voix : GRÈVE SOCIALE GÉNÉRALE ILLIMITÉ !

Rédaction : Goon Loco

Correction : Jess Peach

Révision : Marie-Eve Landry