
Teen Mortgage, soyons adulescents avec le duo explosif
Publié le 25 Oct 2025 par Patrice Belley
Deux de mes comparses de shows, piliers des salles de spectacle me lancent à la va-vite sur un ton trop léger « Ouais ben nous autres, on monte voir Teen Mortgage à Québec le jeudi 2 octobre ». Sur le coup, je me suis dit : c’est qui eux autres? Curiosité suffisamment piquée au vif, je me lance précipitamment dans une séance d’écoute sur leur bandcamp. Ce qui se transforme vite en rush de vouloir tout connaître sur ce surprenant jeune groupe, je suis carrément accroché.
Unification de cinq allumés par la musique pour ce périple. Voyage sans chier, comme je les aime. Ça fesse moins dans le budget et ne coûte pas de congé du travail. Aller-retour dans ma ville ville voisine : Québec.

L’Anti
Immédiatement à la fin de notre chiffre, en route pour nous diriger à L’Anti Bar & Spectacles. Eh oui! Encore cette précieuse salle que j’ai si souvent fréquentée. Tellement de remerciements adressés à Karl-Emmanuel Picard de nous amener tous ces bands fabuleux.
Trop serrés dans notre horaire, pas le temps de souper. « Tout pour le rock! ». Go to the show.
W.A.G.
W.A.G. sont les premiers sur trois groupes à se lancer. Cinq musiciens chez eux, dans la ville de Québec, pour faire état de leur rock alternatif.

On se défonce
Le chanteur au crewneck rose donne une bonne prestation par son intensité. Casquette débarrassée, commencement d’un long headbang pour le pouilleux. Son guitariste de droite semble s’être amené ici directement après avoir dépunché chez Costco, à voir son habillement! C’est ça tout donné pour la cause, pour sa passion.

Un bon mélange
Des passes plus grunge et d’autres stoner, variété il y a. Influence ressentie de Queens of the Stone Age, l’essence est présente.
« Nouvelle chanson qui va comme suit. » Le petit barbu, occupant le poste de deuxième guitare, en a dedans avec son solo savoureux ; pas son premier et son dernier. Tout va rondement.

Aucune tranquilité
« Celle qui brasse le plus, vous prendrez un break après. » Interaction pour crinquer le public s’étant déplacé en ce jour de paie, mais sur semaine. Je l’ai bien aimé cette dernière. « Next plus coriace. » J’en comprends que W.A.G. n’en a pas de bout, sont pas arrêtables. « Dédiée à Marie-Josée Taillefer. J’aime votre énergie » ; et c’est réciproque je vais te dire. Ils réussissent à nous entrainer dans leur trip.

« Y’en reste deux. » La foule de répondre « Ahhh! ». « Vous êtes fins! » Basse grasse, un poids lourd pour l’avant-dernière. Une divertissante dernière composition provoquant un trash se déplaçant de manière coordonnée de gauche à droite. La danse en ligne du slam.
The OBGMS
Le groupe The OBGMs s’amenant de Toronto plug leur matos. Un ami commun nous a avisés que nous avions de la chance de croiser leur route. Ils étaient venus jadis au Saguenay, mais j’étais parmi les absents. Pour cette apparition, ils débarquent avec leur album Sorry, it’s over, encore chaud de 2024.
Introduction vive et sans détour. La première impression a passé le test. Shootez-moi ce que vous avez dans le ventre!

Calque
Annonce qu’un cover sera prochainement interprété. Les quatre musiciens s’en sortent élégamment également avec les compositions des autres, leurs modèles.

Melting pot
Le chanteur aux tresses de laine vient slammer avec les adeptes de musique forte occupant l’espace de L’Anti. Ya du punk certain, pop punk, punk rock, même du post-punk, ya du rock alternatif, ya aussi du hip-hop et également du rap. Étonnant!

Wait
Le maitre du chant descend de nouveau à plusieurs reprises. Il nous est demandé de s’accroupir en attendant patiemment « le signal ». Il est maintenant la seconde exacte où nous devons exécuté un saut synchronisé, jumper tous en unité.

Garçons bêtes
« Two more, one new song. » J’ai un faible pour la dernière, du new stuff exclusif. Je vais donc surveiller de près leurs prochaines sorties. Beastie boys, un peu comme point de ressemblance sinon je sais pas trop. Je me fais un devoir d’aller les rencontrer et de me dénicher leur vinyle que je fais autographier.

Teen Mortgage
Teen Mortgage, formation d’actualité, depuis 2017. Groupe positivement méconnu, de la lointaine ville de Washington. Devrait-on plutôt dire un duo, on a ici deux mecs hyper-talentueux. James Guile au vocal et à la guitare, rehaussé par le batteur Edward Barakauskas.
Ayant signé en 2019 avec le label King Pizza Records. Forts de deux albums complets. Leur premier Teen Mortgage de 2024 est, au final, une compilation de tout leur matériel renfermant leurs EP et singles. La patience de leurs fans n’a pas eu besoin d’être aiguisée, car avril 2025 rime avec le nouveau dévastateur Devil Ultrasonic Dream.

Un géant
Quelle jolie batterie! Ceinturés de minou rose sont les tambours la composant. Écran en background affichant les images de vidéos en provenance du projecteur. Ça sent bon, augure bien.
Une armoire à glace arrive pour s’assoir derrière sa batterie. Il me fait penser, traits de ressemblance avec le géant à la tête cloutée dans Happy Gilmore, mais avec cheveux longs. J’en suis impressionné, une bête. Démarrage en trombe avec son roulement de baguettes pour Teen Mortgage. Je sens déjà que ça va être bon, un frisson me passe de bas en haut. Il est brutal, percutant!

Le maigrichon
Son partenaire est un jeune homme introverti, sortant difficilement de sa coquille. Contraste avec celui du super band précédent. Deux styles différents, opposés. James le virtuose a aussi des allures de Jack White.
Je capote sur son vocal qui résonne live similairement aux albums studio. Microphone postillonné à souhait. Le chanteur prodige dégouline de sueur, de puissance évacuée. Sa fougue et jeunesse en ébullition. Innocence jumelée à une naïveté bien exploitée.

Recto-verso
Le duo est un couteau à double tranchant avec un drum et une guitare en compétition pour les plus belles notes acérées. Tellement captivant individuellement, je dois alterner constamment mon regard d’un à l’autre pour ne rien manquer de cet incroyable spectacle. Flamboyants, ils sont!
Vidéos de dessins animés vintage présentés en continu derrière eux ajoutant du piquant à l’expérience client.

Incomparable
Deux créateurs d’un son brut mélangeant le punk et le hardcore avec une touche de garage, grunge ainsi que du surf rock. Une musique assumée et passionnée. La distorsion manipulée avec soin est la bienvenue dans leur registre. Je dirais qu’ils me font penser, à certains égards, au groupe australien King Gizzard and the Lizard Wizard.

Sonorité d’exception
Ils sont tight, drettes comme des poteaux. J’en reviens pas comment ça sonne ben à soir. Le mérite revient en partie à la salle L’Anti et au soundman of the night. Je suis estomaqué!

Sur le speed
Edward est aux commandes d’un tournoiement répété de sa baguette tenue dans sa main droite. Je constate que les versions jouées en show sont beaucoup plus rapides, comme c’est souvent le cas. C’est surréaliste!

« Last song. » Cette dernière chanson décolle avec un solo de cymbale. Teen Mortgage, pour l’ensemble de son œuvre, analyse et s’indigne contre la farce sociopolitique qu’est la vie en 2025 ; s’il y a leçon à retenir.

La faim
Je suis redevenu ado le moment d’une soirée. Nous, comme duo, on a Rouge Pompier et les États-Unis ont Teen Mortgage. Je tiens à souligner le travail exemplaire de l’éclairagiste. Good job body!
Nourris par la créativité que nous venons de vivre nous sommes, mais le ventre finit par crier. Seul espoir, un McDo 24 heures ouvert pour nos appétits insatiables. On s’enfile des trios et des poutines tant attendus. C’est bon dans le bedon!
Prochain arrêt musical au CEM pour les ressuscités WD-40.
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Patrice Belley
Correction : Marie-Joëlle Tremblay
Révision : Marie-Eve Landry

