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Pouzza Fest, survivre au troisième jour pour Subhumans

Publié le 31 Mai 2025 par

Pouzza Fest, troisième jour en ce dimanche 18 mai, deuxième lendemain de veille. Je vais donc dormir un peu plus tard, jusqu’à 11 heures, pour me remettre sur le piton.

Si vous voulez vivre le trip complet, je vous invite à débuter votre lecture avec mon article racontant mon premier jour 1 au Pouzza FEST.

Commanditaires essentiels

Le Pouzza Fest 13 est commandité principalement par la Microbrasserie Pit Caribou. Les Instruments de musique Long & McQuade amplifient le festival. La liste de sponsors est longue, chacun est tout aussi important du premier au dernier. En résulte une réussite de grande envergure.

Merci des milliers de fois au Pouzza Fest et au Bad Crew de me permettre d’analyser la musique punk sous tous ses angles.

En début d’après-midi, Les Foufounes Électriques se transforment en marché aux puces avec des tables de merch des bands faisant partie de la riche programmation. Quelques emplettes complétées et je m’en vais me gaver d’un colossal déjeuner sucré-salé.

14 heures 15, j’ai rendez-vous avec un gala de lutte. Un ring a été installé au Jardin des bières.

Avec cette pluie battante, nous choisissons une autre activité intérieure. Nous allons chez Arcade MTL nous dégourdir les jointures avec une grosse 50.

Les orages ne cessent pas, à notre grand désarroi. Pas le choix de se motiver pour trois groupes que je ne manquerais pour aucune raison.

Thunder Queens

17 heures 40 et c’est Thunder Queens au Jardin des bières. L’ayant écouté d’avance pour me convaincre, je me suis procuré l’album Strike One en format vinyle.

Trio de jeunes femmes impressionnantes qui occupent toute la place sur la grande scène, à l’extérieur. VioletLola et Clara œuvrent dans le punk grunge depuis London en Ontario. La reine de la batterie à la moumoute frisée établit ses bases et les autres n’ont tout simplement pas le choix de suivre. Elles ont créé leur propre son correspondant à leur identité, à leur personnalité. Leurs compositions concordent avec l’ambiance pluvieuse et les reines frappent comme le tonnerre. Le nom de ce groupe est immédiatement gravé dans ma mémoire.

Je suis tellement détrempé de partout que je suis congelé. Je vais me chercher une poutine bien chaude dans les foodtrucks à encourager, un rush de calories.

Enfants sauvages

18 heures 30, les Enfants sauvages s’amènent sur la scène mouillée. Ils sont de la ville de Québec et excellent dans le punk garage ben sale. Je les ai vus en shows maintes fois. Les voyous arrivent avec du nouveau matériel se retrouvant sur leur troisième album Avant la mort, enregistré one shot live et paru le 16 mai 2025.

Enfants sauvages

Rox arbore maintenant des cheveux plus courts aux épaules. Elle est couverte d’un t-shirt bedaine. Elle se donne à fond et saute sans arrêt. Dr. Acula redéfinit les barèmes de la guit, Burger Max fait sortir le meilleur de sa basse rasoir, Etienne A/V le bassiste aux mains magiques et Nic-En-Chest pioche le drum. Le trash s’intensifie sous le battant des précipitations abondantes. La bouette virevolte dans les airs, mes pantalons s’en voient salis même si je suis aux abords du troupeau. Setlist incluant des valeurs sûres et de nouvelles compositions. Ne manquez pas leur opéra punk présenté une seule fois à l’Arquemuse situé à Québec le 6 juin prochain. Vive le punk qui peut être aussi une forme de poésie !

Subhumans

19 heures 20, enfin Subhumans au Jardin des bières. Je suis encore plus détrempé que lors des deux groupes pavant la voie à ces légendes du Royaume-Uni. Nous sommes choyés, les êtres de cette formation en sol québécois sont : Bruce, Dick, Phil et Trotsky.

Les sous-humains sont les maitres de l’anarchopunk depuis 1981. Âgés, mais crinqués, dans une forme resplendissante. Leurs discours engagés et politiques sont toujours d’actualité. Revendicateurs ayant comme armes de combat leurs instruments de musique. Il fait de plus en plus froid. Orteils et doigts engourdis : pas grave, la musique me réchauffe. Je demeure en mouvement au rythme de Subhumans. Le sol sableux n’est plus qu’une mare de boue qui est propulsée avec une hauteur variable selon la violence de la danse punk en cours. Cette scène me rappelle, par instants, Bérurier Noir sur les plaines d’Abraham dans des conditions météorologiques semblables. Une performance aussi inoubliable et formidable qui vaut tous les efforts demandés. Ben hâte de spinner leurs vinyles en me remémorant ce chapitre pittoresque !

Je rêve d’une douche chaude et de vêtements plus secs, mais ça devra encore attendre…

F.Y.P

J’accours pour pogner F.Y.P, the Five Year Plan, aux Foufs même si le band startait à 20 heures. De 1989 à 1999, le groupe a eu un total de 20 membres différents. En partant, c’était un one-man band accompagné d’une médiocre Fisher Price drum machine. Alors, je suis chanceux de pouvoir profiter de ce groupe live, car il n’est pas très actif.

Je ne suis pas le seul qui avait cet itinéraire en vue. Tous les spectateurs sont entassés comme des sardines, recherchant la chaleur. Oh que ça fait du bien d’avoir quatre murs et un toit, le confort. Les punk rockeurs de Los Angeles en Californie sont dynamiques. Je ressens la vague californienne, mais à leur sauce. F.Y.P a su se définir et s’est trouvé sa niche personnelle. À écouter de nouveau !

Récompense méritée, je vais aller-retour à ma chambre d’hôtel me refaire une beauté.

Maxime Gervais

Pendant ce temps…

C’est toujours quand on quitte une gang qu’il se passe de quoi de notable. Mon chummy aperçoit Maxime Gervais au bar et lui dit « Salut Max, je n’aurais jamais pu me rendre à cette troisième journée du Pouzza sans mes patchs pour le dos ». Max de répondre « Quoi ? ». « Attends, je vais te montrer. » Maxime s’exclame « Je vois juste ton trou de balle. » Mon ami se met à lui sonder le dos avec sa main pour la ressortir enduite d’un gel. « Ouach ! » Il s’essuie, finit par décoller sa patch et la montre toute dégoulinante. La Palme d’or pour l’anecdote de notre Pouzza FEST, ancrée dans les annales.

Jerkoff Diary

Je suis de retour. Go pour la poursuite des hostilités que le Pouzza FEST a à offrir…

Je me transfère au Café Cléopâtre. À 20 heures 40, Jerkoff Diary secoue les fondations du stage. C’est de la nouveauté dans mon cas. Qualifié de drunkpunk et ladynoise, ce qui m’aide à donner une appellation à son style musical. La formule appliquée fonctionne, la foule s’excite. La chanteuse impose sa loi, sa vision de la musique aux racines de Toronto en Ontario. À surveiller !

Hood Rats

21 heures 30, Hood Rats. Ça se passe encore au super Café Cléopâtre. Plus récent album disponible en format vinyle : Crime, Hysteria & Useless Information contenant 14 titres, depuis avril 2024.

Hood Rats

J’ai connu cette formation en première partie d’Agent Orange au Bar Le Ritz et je suis devenu un fan sur le champ. Je suis donc enthousiasme de remettre ça avec ces malades de Montréal. Le groupe se situe dans ma talle de prédilection avec son old school rock and roll. Occupied Territory, Fuck The Police et We Can Be Zeros sont jouées au cours du setlist. J’en suis ravi, car lors de mon spectacle antérieur, Hood Rats n’avait pas ce nouveau répertoire à son actif. Une leçon de punk garage ben crasseux !

Conditions Apply

Je peux une fois de plus demeurer dans le confort du Café Cléopâtre. Il est 22 heures 20 et c’est au tour de Conditions Apply. À la première tone, nous avons tous capoté. Du punk hardcore dans ta yeule. Des passes Oi! menant à une musique hallucinante. Deux mâles dominants au front et une fille à lunettes à la batterie. Les Montréalais sont fâchés et passionnés à fond. J’achète les yeux fermés !

Iron Chic

Je décide de continuer la nuit avec Iron Chic aux Foufounes Électriques à 23 heures. Ils arrivent de Huntington Station à New York. Les cinq mecs jouent une autre palette de couleurs, le pop punk emo. Quelle maîtrise !

Dig It Up

En dessous de nos pieds, Dig It Up de Montréal arrive au Cabaret des Foufs à 23 heures 45. Il y a un problème : pu de jus électrique, plus rien ne s’allume. Quelques minutes de retard et c’est parti. Les barbus fâchés sont dans la catégorie à la fois du hardcore et du post-hardcore. Voix rauque et juste pour appuyer le mix. Le party est ici à soir, nous sommes prêts à recevoir le lundi 19 mai.

Samiam

Je suis curieux d’aller à la rencontre de Samiam en haut, même s’il est passé minuit. Ils en ont fait du chemin à partir de leur Los Angeles. Ces hard rockeurs sont dans le portrait depuis 1990 : des vieux routiers. Des tournées avec Bad Religion, Green Day, The Offspring… Ils ont contribué à l’invention du emotionally heavy melodic hard rock.

Gang Band

Un troisième lendemain veille nous attend de pied ferme demain matin. Dix formations complètent ma dernière journée du Pouzza Fest. Défi physique accompli, mais également mental. 31 bands en trois jours, tout un gang band. Repos du guerrier, deux jours de congé planifiés pour m’en remettre. On n’a plus 20 ans. J’en reviens la tête débordant de souvenirs impérissables.

Pour une dernière fois, je suis vraiment désolé pour les groupes que je n’ai pas pu admirer. Un gros Merci à l’organisation, au bénévolat, aux commandites, aux artistes et aux spectateurs de contribuer dans l’entraide. C’est beau à voir ! Regardez les prises de vue à couper le souffle réussies par notre photographe Pat Frost, ainsi que les vidéos publiés sur la page du Bad Crew.

L’an prochain, je sais encore où passer du bon temps pendant la fin de semaine de la fête des Patriotes. Les dates sont fixées pour les 15, 16 et 17 mai 2026. Le Pouzza, c’est un farfadet qui exauce tous nos vœux et qui nous offre des cadeaux en termes de découvertes. C’est un rendez-vous !

Rédacteur : Patrice Belley

Crédit-photo : Patrice Belley

Correction : Valérie Lapierre

Révision : Julie Fortin

Je suis chargé de projet informatique à l'Université du Québec à Chicoutimi. Pour le Bad Crew, je suis rédacteur depuis février 2024 et photographe quand la situation se présente. J'aime beaucoup assister à de nombreux shows chaque année. Ce qui me motive, c'est de faire rayonner la scène musicale et ainsi faire découvrir des groupes québécois et internationaux. Ma paie, c'est de voir la formation de nouveaux groupes et que les promoteurs continuent à organiser des spectacles.