
Punk et poupées gonflables : Tulaviok @ Café du Clocher
Publié le 12 Juin 2025 par Julie Fortin
Dans le cadre du On s’en câlisse Tour, organisé par Macadam et par Punk Nation Production, Tulaviok visite le Café du Clocher en ce vendredi 6 juin. Le spectacle de ce soir, où jouent aussi Guillotine et Vermine Kaos, affiche complet depuis longtemps. C’est dire combien cet événement était attendu.
Puisque Alma rénove présentement ses infrastructures, on débarque alors au Clocher comme sur un chantier… mais pour venir s’y amuser. Aux alentours, je n’aperçois que des visages connus. Assurément que le bon monde se rencontre aux bonnes [meilleures] places.
Ouverture en force : Guillotine et Vermine Kaos
Dans l’effervescence ambiante qui ne cesse de croître, Guillotine assure une entrée en matière plutôt musclée. Toute grisée, je savoure leur musique aux tonalités hardcore durant mes petites emplettes à la table de merch’, où Loulou Laviok dédicace son bouquin, Tulaviok is not dead.
Dans la garnotte dehors comme sur le terrazo, nous sommes quelques-uns à nous trémousser, à nous dégourdir, en écoutant Yan Lacombe (voix) nous gueuler les aspects parfois difficiles de l’expérience humaine. Il porte en lui l’énergie sauvage et contagieuse de Guillotine, qui fuse dans toute la place. Le premier set s’achève sur une reprise des Bérus, Pavillon 36, et sur la chanson 50 nuances de gras. La glace est brisée, fondue et même évaporée après une telle performance.
Le temps d’un détour au char, histoire de voyager plus léger, et nous regagnons le Clocher. De ce fait, je manque les premières tunes de Vermine Kaos, mais assiste tout de même à la majeure partie du show, toujours partagée entre l’intérieur et l’extérieur. La foule s’épaissit dans l’intervalle, et les punks s’agitent de plus en plus au son de Corporation Destruction ou de Faussaires de la science, pour ne nommer que ces titres. D’ailleurs, Rondeau (lead) raconte la genèse de cette dernière en introduction : il s’agit en effet de l’une de ses toutes premières compositions. Vermine Kaos achève sa prestation sous un mercure ardent. Maintenant, tous sont plus que chauds pour l’entrée en scène de Tulaviok.
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Le “Queue rock” de Tulaviok
L’heure magique arrive enfin. L’énervement grandit. Le crowd réserve un accueil aussi vif que chaleureux à Tulaviok. Cette troupe française, qui chante la queue sans détour depuis les années 80, n’a décidément pas besoin de présentation en ces lieux. Dès les premières notes de Les filles de Camaret, les gens entassés chantent comme un seul punk, ce qui n’est pas sans surprendre les membres du groupe. En effet, la grande majorité des pistes du band sont connues de tous ici. On en gueule les paroles à gorge déployée. De fait, Quand je bande, Zob zob zob, Cinglés ou encore Gros dégueulasse sont reconnues par la foule sans même être nommées.
De plus en plus survoltée, la foule conquise s’emporte au son des hymnes paillards et anarchistes de Tulaviok. Un raz-de-marée de plaisir submerge littéralement l’assistance : hurlements, danse frénétique et bodysurfing sont à l’honneur dans la fosse. Moi-même, j’en suis, et je ne voudrais être ailleurs pour rien au monde. C’est certainement l’événement de l’année pour la scène du Saglac, LE spectacle auquel il fallait absolument participer.
Nina, accessoire de choix
Nina la poupée [gonflable] ayant été retenue contre son gré aux douanes, Tulaviok précipite sa version québécoise dans les bras de la foule lors de la chanson du même nom. Elle butine et vole dans les airs, portée de main en main durant la dernière partie du spectacle. Dans le pit, on s’éclate. L’énergie de la foule est à couper au couteau. Elle se combine pour croître au rythme des accords, exponentielle, presque infinie. Par ailleurs, les mots sont faibles pour décrire l’ambiance à la fois festive et sauvage qui sévit dans la salle : les murs suintent et la bâtisse respire.

Toute bonne chose ayant malheureusement un dénouement, la fin du spectacle s’annonce. Tulaviok quitte la scène sur la promesse d’un retour prochain, après avoir joué pas moins de quatre titres en rappel, dont Sac à gnôle et Skin ou Keupon. Quel spectacle épique !
Après le coït, le repos
Contrairement à mes habitudes, je commande un dernier verre à consommer, le temps de descendre du nuage où j’étais perchée. Dehors, les musiciens de Tulaviok se greffent aux petits groupes qui discutent et partagent certains moments de leur expérience québécoise : la surprise que leurs chansons soient connues, la place donnée avec respect aux femmes présentes dans le pit, l’accueil dithyrambique de la populace à leur endroit. Ils appréhendent avec délice leur prochaine prestation dans la région. Juste d’y penser, j’en salive presque.
Leur première tournée au Québec s’achève le lendemain, par la célébration des 30 ans des Ordures Ioniques, aux Foufs. Gageons qu’il y aura du monde à messe. En définitive, saluons les efforts déployés et l’engagement des organisateurs pour nous offrir la crème de la crème musicale !
* Album photo à venir sur la page du Bad Crew
Rédaction : Julie Fortin
Photographie : Annie Freska Blackburn
Correction & révision : Marie-Eve Landry





