
La noirceur du métal habite Bagoth avec son album Martyrs Duplessis
Publié le 05 Avr 2026 par Patrice Belley
J’étais pénard à faire défiler mes fils d’actualités avec mon cellulaire en main quand ce mot a surgi tout à coup : Bagoth. Je me suis rapidement rendu compte que c’est le nom d’un nouveau groupe, il ne m’en fallut pas plus pour avoir envie de digger davantage cette mine d’espoir.
Groupe de métal francophone enfanté par deux gars du Saguenay connus du paysage musical, résidents de La Baie. Ce sont des séduisants membres du band culte Orloge Simard, les plus beaux : Andy Ellefsen et Guillaume Bouchard.
Brand new band
Tout nouveau groupe, flambant neuf après cinq années de dures labeurs avant de voir le jour. Bagoth est le diminutif du secteur Bagotville situé dans la ville de La Baie, leur patelin. Clin d’oeil à la merveilleuse chanson d’Orloge Simard sur la rue Bagot.
Style musical proposé à l’opposé de ce que l’on a déjà entendu de ces deux personnages. Ils se proclament artisans de la scène métal, dans la branche black metal ou métal noir. D’emblée, je ne suis pas dans ma palette, attiré par ce type de musique. Ceux qui ont une quelconque peur ou crainte, lancez-vous; c’est plus accessible que vous ne le croyez. Poursuivez votre immersion…
La gang
Andy et Guillaume ont composé les paroles ensemble. Monsieur Ellefsen assure le vocal principal. Tandis que monsieur Bouchard est excessivement versatile : vocal, basse, clavier, guitare électrique, guitare acoustique, boîte à rythmes, percussions et composition musicale.
Collaborateurs essentiels au processus ils sont, de grands noms de la scène métal qui se sont joints à Bagoth. En voici la liste exhaustive :
Christopher Rannou-Poulin : Guitare rythmique et guitare solo (Beyond Fiction)
Michel Bélanger : Batterie (Gorguts et Cynic)
Gabriel Pearson : Arrangement et piano
Louis-Clément Tremblay : Saxophone
Olivier Simard : Chant de groupe
Maxime Bouchard : Chant de groupe
Maxime Bernier : Chant de groupe
Alex Côté : Chant de groupe
Patrick Morin : Chant de groupe
Mixage et matriçage : Christopher Rannou-Poulin
Prises de son : Pierre-Luc Gilbert (PL records), Guillaume Bouchard, Christopher Rannou-Poulin, Michel Bélanger et Gabriel Pearson
Réalisation : Guillaume Bouchard
Production : Andy Ellefsen et Guillaume Bouchard
Pochette et calligraphie : Bianca Dallaire
Photos : Maxime Bernier
Visuel : Alexandre Goulet – graphic design (logo Bagoth)
Agaces, ils sont
Deux singles ont émergés sur toutes les plateformes d’écoute en continu : Saint-Jean-de-Dieu et Martyrs Duplessis qui a eu droit à une publication vidéo avec les paroles de leur chanson phare. Olivier d’Orloge Simard est aux commandes pour la job de montage.
Planète Claire
Pour le 26 février, écoute exclusive de l’album Martyrs Duplessis et vente de l’album en format CD/vinyle chez Planète Claire. Lancement entre les murs de notre chère boutique de cossins de musique du Saguenay. Je saute sur l’occasion et me présente la face en temps et lieu.

Savoureuse bière de la microbrasserie l’Hopera offerte aux convives.

La shop est ouverte
Vinyle, du linge, en v’là !


Magnifiques hoodies.

Format CD aussi disponible ainsi que des t-shirts.


J’ai opté pour le très réussi long sleeve.


Toute cette hallucinante collection est disponible via leur boutique en ligne.
Martyrs Duplessis
Je quitte Planète Claire avec mes emplettes et je m’empresse de déposer ce nouveau vinyle sur ma table tournante. Je savoure ce moment en mode appréciation et analytique. Sa date de sortie officielle est le 27 février, mais moi je l’ai d’avance! Moins de 24 heures avant tout le monde!
Connotation politique, mais pas trop, pas à outrance. Ce n’est pas indigeste, ça coule bien. Ils apportent leur touche, leur vision de ce volubile politicien qu’était Maurice Duplessis de son vivant. Premier ministre, figure emblématique marquante de notre histoire. Du bon, de l’exécrable, mais juste la vérité crue.
On va le vivre ensemble!
1. Martyr Duplessis
Martyr Duplessis, la pièce maîtresse et d’ouverture de cet opéra métal. Elle donne le ton à la suite du carnage. Rythme soutenu avec batterie destructive et technique. Solonelle, marche aux allures militaires proposée, incitée. Il faut rentrer dans les rangs et profiter de son intensité. Cris de ralliement, paroles en français nettes et franches. Un maudit bon huit minutes, ben investies.
2. La loi du cadenas
Avec La loi du cadenas, on repart pour un voyage de huit minutes qui sont bienvenues. Une torpeur nous tombe dessus, descente vertigineuse dans les abysses. Influences stoner dans le beat. « Whisky! » Refrain rassembleur, hymnes métaux. Voix enragée, enrouée à force de se répéter. « À feu! » Une réalité accablante et d’une tristesse incroyable. Des bonne passes de guitare, un métal accomplissant son rôle.
3. Lionel Groulx
Lionel Groulx nous introduit dans une dimension vocale différente. Certains bouts rappellent le death metal avec ses incantations rappelant du scream. Grognements, lamentations éjectées par l’oesophage brûlant de dénonciations.
4. Louis IX dans le ciel de Trois-Rivières
La précédente mise en bouche de courte durée prépare le champ de bataille pour Louis IX dans le ciel de Trois-Rivières. Retour du mix gagnant avec un chant scream alterné. Chants pratiquement cantiques. Textes salués en français. Ya du Black Sabbath saupoudré dans leur mélange explosif. Spotlight de nouveau sur la guitare. Rafraîchissant est Bagoth.
5. Maluron Malurette
Un clavier dominant nous amène vers cette extraordinaire composition. Maluron Malurette est lancée! Musique impériale. Instrumentalement efficace et directrice.
6. Antifédéralisme
Trois minutes plus tard se pointe Antifédéralisme. Elle a de la personnalité. Une introduction hypnotisante pour nous ramollir, endormir avant de nous faire sursauter. Vitesse effroyable jamais atteinte jusqu’à ce point. Rédemption demandée, exigée. Rebellion contre le fédéralisme. Sa merveilleuse structure s’étale sur cinq minutes trop vite écoulées. Discours inséré, pause méritée.
7. Talbot néogoth
Place au saxophone! Map avait le sien dans le punk. Maintenant, le métal du Québec en a un. Talbot néogoth c’est un déferlement de mots saccadés délivrés constamment en accélération. Tambours en folie pour toile de fond. Oh, le sax est de retour! Elle sonne les années 30, un bond dans le passé trouble.
8. Saint-Jean-de-Dieu
Saint-Jean-de-Dieu dégaine et dévoile son attirail, fait feu. Quelle bonne batterie et la guitare qui la rejoint. La voix trash metal de Guillaume nous retrouve à nouveau. « Nous sommes nés dans la grande noirceur, maudite chienne de vie. » Répétons-le en choeur. Six minutes de gros fun!
9. Schefferville
Schefferville, composition de choix comme finalité. Elle a le devoir de bien closer tous les chapitres exposés au cours de l’album. Instrument excentrique de retour : le saxophone. Chaque touche appuyée avec lourdeur, insistante. C’est parfait comme conclusion en douceur. On ne demeure pas en criss.
Concept approuvé
Ça passe le test! Niveau d’agressivité et de violence variable tout au long d’une composition. Phases transitoires intelligemment positionnées. Bagoth est une bête chevauchée avec adresse qui se tortille, débat d’un courant musical à un autre.
Leur célèbre doigté présent sur chacune des notes exécutées. Arrangements ténébreux ; c’est lourd, on aime ça de même. Ils sortent des sentiers battus, défrichent les branches du métal.
Après plusieurs écoutes, un goût qui se développe. Je dois avouer que je suis conquis par ce groupe de métal noir qui a su développé son propre style non conventionnel. Ils inventent, forgent leur identité unique en soi.
Musique parlée à la Francoeur et compagnie. Je détecte du Anonymus, Mononc Serge… Me remémore également l’album Poésie Oralité Métal Musique Écrit (P.O.M.M.E.), compilation de titres récités par plusieurs groupes underground québécois établis. Bagoth, c’est un métal québécois chanté dans notre langue francophone.
Dernier acte
Au final, Andy et Guillaume ainsi que leur précieux entourage, enrobage sont de véritables artistes accomplis. Où nous mènera ce manège métallique ? En show peut-être un jour, spectacles à venir, c’est un mystère… Complexité de former un band complet, car c’est plus qu’un duo qui est requis. De toute manière, nous avons un excellent album saguenéen de plus pour nous bombarder les oreilles fièrement.
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Patrice Belley et Maxime Bernier (en noir et blanc)
Correction : Camille Charlebois
Révision : Marie-Eve Landry

