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Parlons « culte de Port-Alfred »

Publié le 28 Juin 2023 par

Il y a quelques mois au Saguenay, on entendait parler d’un nouvel événement pour cet été, à La Baie. La curiosité titillée par ce mystère, je me suis rendue dans cette partie de la ville afin de rencontrer Andy et Guillaume, co-organisateurs du festival Le Culte de Port-Alfred. Entrevue culte, autour d’un bon verre de bière.

L’équipe et l’événement

Pour commencer, merci d’avoir accepté de me parler un peu du culte de Port-Alfred. Pour briser la glace, j’aimerais que vous me parliez un peu de vous.

Guillaume : Ben c’est nous deux. En fait, Andy et moi on joue dans Orloge Simard. Dans le fond, Andy est bien impliqué au niveau du Patrimoine de l’Église de Saint-Édouard, et c’est justement lui qui m’a approché pour faire le festival. Ça faisait un boutte qu’on en parlait de faire un festival, mais là avec l’église pis l’idée d’Andy, je trouvais ça cool et j’ai embarqué dedans avec lui.

Andy : Il y a aussi une autre personne qui s’appelle Pierre-Luc. Lui, il est déménagé à La Baie, ça fait peut-être 1 an. On l’a connu parce qu’il a fait nos vinyles. De fil en aiguille, on en a parlé et on est devenus des chums. Pis lui en plus, c’est un fan d’Orloge, fait qu’il venait dans nos spectacles et on a commencé à tisser des liens d’amitié avec lui. Pis finalement, on lui demandé d’embarquer avec nous autres.

C’est ça. Pis là, on lui a demandé parce que lui dans le fond, il monte des scènes, pour des gros festivals partout aux États-Unis pis au Canada, au Québec, partout. Comme là, il est en Floride en ce moment, c’est pour ça qu’il ne pouvait pas être là.

Est-ce que vous voulez me dire un mot sur les partenaires de l’événement ou si c’est « juste » vous trois? Parce qu’organiser un festival de même, c’est quand même gros au niveau de la logistique…

Andy : Nous sommes 3 co-organisateurs en fait, mais en plus on a de l’aide financière, provenant de divers paliers du gouvernement. Nous avons des associations avec des commerces qui nous feront certains rabais. On ne nommera pas nos partenaires, surtout parce qu’on a peur d’en oublier, et on ne voudrait pas froisser les gens.

Guillaume : Avec la visibilité qu’on a eue dans les médias (lire l’article du Quotidien), tout de suite y’a des gens qui ont appelé et qui ont proposé d’aider parce qu’ils ont vraiment la sauvegarde du patrimoine à cœur.

Andy : On peut quand même dire que la Brasserie Port-Alfred brasse une bière pour le festival, une bière culte.

La première édition du festival « Le Culte de Port-Alfred » aura lieu le 5 août prochain, sur le terrain de l’Église Saint-Édouard. En faisant mes recherches, j’ai cru comprendre qu’il y a 2 volets à cet événement : un volet pour mettre les groupes de la scène locale et régionale en valeur, pis l’autre volet, c’est pour amasser des fonds pour l’église Saint-Édouard.

Andy : Ce n’est pas vraiment pour ramasser des fonds pour l’église. En fait, y’en a 3 des volets : le premier volet, tu l’as nommé, c’est pour promouvoir la musique régionale du SagLac. Guillaume avait eu l’idée de faire un festival 100% régional. C’est pour donner une tribune à plein de groupes de la région, des fois des groupes moins connus, parce qu’il y a plusieurs festivals régionaux, mais c’est pas tous les groupes qui y sont mis en valeur.

Guillaume : Nous, on essaie justement de se démarquer avec ça t’sais, laisser la chance aux artistes régionaux de pouvoir faire des festivals. Comme ceux qui vont ouvrir le festival, c’est un groupe du secondaire, de notre école secondaire. Eux autres, ça va être leur premier festival ; c’est le premier show qu’ils vont faire devant beaucoup de monde.

Andy : Après ça, il y a le volet de la promotion de la sauvegarde de l’église Saint-Édouard. L’argent qu’on va avoir en surplus, ça va être pour faire d’autres éditions pour promouvoir le patrimoine de l’église elle-même, mais aussi celui du quartier, qui s’est beaucoup détérioré depuis la fermeture de la Consol, au niveau des commerces pis de la vitalité du secteur. Le troisième volet, comme je viens de dire, c’est vraiment la revitalisation du secteur de Port-Alfred. Donc, en faisant des spectacles, un festival dans le coin, ben ça va amener de la vie et réanimer le secteur.

… À propos de la fermeture de l’usine
Après plusieurs tentatives et espoirs de relance, l’usine Abitibi-Consolidated de Port-Alfred a fermé définitivement en 2004. Cette entreprise, fournissant de la job à 640 travailleurs, fut complètement rasée en 2007. La fermeture de la Consol fait encore mal à la région aujourd’hui.

Pleine vue sur le Taverne Fest fait aussi référence à la fermeture de l’usine et à ses conséquences.

C’est tout à votre honneur de faire ce que vous faites ; on essaie tous de faire rayonner notre coin de pays, pour la population ou le tourisme. C’est certain qu’un événement comme Le Culte, ça va contribuer à faire la promotion de l’organisation.

Guillaume : L’église, c’est un monument évident; même avec nos yeux de néophyte, on est capable de voir que, objectivement parlant, c’est un beau bâtiment à La Baie. Je trouve qu’il est appréciable par tous.

Andy : Pis je pense aussi que les gens aimeraient ça pouvoir aller à l’intérieur, aussi les touristes. T’sais on parle des touristes, mais c’est aussi pour la communauté pis les gens de la ville surtout. C’est pour ça que le projet de bibliothèque [un projet de transformation des locaux], c’était le meilleur projet, mais l’administration municipale a refusé, fait qu’il faut trouver un autre projet. Le festival est aussi une arme pour continuer le combat vers la sauvegarde du bâtiment… ultimement.

Guillaume : T’sais les spectacles seront sur le perron ; y’a pas une meilleure tribune pour l’église. Tout le monde va avoir les yeux rivés sur la façade qui est… majestueuse et quand même imposante. On va éclairer l’église, avec toutes sortes de couleurs, on va essayer de justement la mettre en valeur. Tout le monde va pouvoir l’apprécier pendant au moins 12 heures, pis après ça, ça va rester dans l’imaginaire des gens. Ils vont partir chez eux, ils vont avoir eu du fun avec les artistes, avec la musique, mais aussi d’avoir apprécié un monument. Parce que t’sais, on passe souvent en face mais on prend pas le temps de l’apprécier. Là, ça va être un moment unique pour le faire.

Le visuel du culte de Port-Alfred est très beau, très parlant. Qui est derrière ce chef-d’œuvre?

Andy : En fait, c’est Alexa Tremblay-Francoeur. Elle a déjà collaboré avec Orloge; donc on la connaît pour ça. Elle avait aussi fait des chandails – des t-shirts pour l’église à l’époque où il y avait eu une campagne de financement pour la bibliothèque.

Guillaume : Elle a fait beaucoup de choses avec nous, dont un vidéoclip. Elle travaille pour les Films de la Baie, qui est une boîte de production, et elle est super efficace. On lui demande de quoi pis c’est tout suite oui, t’sais pis ça brette pas. On est tout le temps sûrs que ça va être beau. Quand elle nous est arrivée avec le visuel du festival, on trippait là ; on a trouvé ça beau.

L’affiche, je pense que c’est probablement une des plus belles que j’ai vues. En plus, Alexa elle est vraiment proche de la sauvegarde du patrimoine, c’était thématique à elle-même je pense. Pis comme elle est vraiment sympathique à notre projet, ça a aidé : elle a fait notre logo, elle a fait l’affiche. On va continuer à collaborer avec elle pour les autres éditions si elle veut.

La programmation et l’after-show

Horaire – Le Culte de Port-Alfred

La programmation est parue dans la dernière semaine d’avril. En la regardant, on remarque que les groupes en lineup proviennent tous de la région, même si certains sont désormais établis ailleurs dans le Québec. WD-40 et Orloge Simard tiendront lieu de tête d’affiche cette journée-là, mais il faut se le dire, vous avez quand même passé la gratte large pour la programmation!

Guillaume : Ouais, le plus large possible, au niveau des genres, des styles, des goûts pour attirer vraiment tout le monde. Pis aussi c’est le fun d’avoir une diversité musicale, ça fait plein de vibes différentes dans la journée. T’sais des fois de jour c’est plus mollo, pis après de soir, t’as les groupes plus métal qui arrivent, c’est plaisant.

Andy : On a de quoi aussi pour que, après le festival, ben ça va encore plus brasser là : métal, punk, quelque chose du genre.

Guillaume : La décision de terminer à 11 heures [pm], ce n’est pas la nôtre; on n’a comme pas le choix d’aller dans le sens des réglementations de la ville, mais on veut que le monde continue encore après 11 heures ; c’est là que les soirées deviennent le fun.

Andy : On veut finir ça vraiment tard. (rires)

Note : L’after-show et sa programmation ont effectivement été annoncés quelques semaines plus tard. Au moment de l’entrevue, c’était encore une surprise à venir.

After-show – culte Port-Alfred

À ce propos, je crois que WD-40 profite de sa présence en région pour souligner son 30e anniversaire. J’imagine que les gars étaient quand même enchantés de venir fêter leurs 30 ans ici.

Guillaume : Ben y’étaient contents. Ce qu’ils m’ont dit c’est « Tu tombes à point parce que dans le fond on faisait aucun show pour célébrer nos 30 ans, aucun show au Québec ». Pis là, ça adonne que nous on les a au festival, pis on va les fêter bien comme il faut, avec des vinyles pis tout… T’sais eux autres, y’ont pas de vinyle…

Julie : Ouais ! J’ai vu que WD-40 allaient sortir un vinyle spécial… en même temps que l’événement, mais aussi pour fêter leur 30e

Guillaume : Ouais, pis ça va être exclusif au festival, , du moins pour la première batch. Après ça, ils vont en faire d’autres. En tout cas, pour la première batch, ils vont se vendre au festival.

Andy : Pis y va y avoir de quoi de particulier pour c’te batch-là; ça va peut-être être la couleur du vinyle ou autre chose, mais y vont être très limités. On attend de 1000 à 1200 personnes, fait que t’sais ça va partir vite. Ça c’est Pierre-Luc, l’autre co-organisateur; lui il fait des vinyles en plus.

Le groupe Orloge Simard est listé, et a sorti un album « La culture du culte » Peut-on y voir un lien, ou est-ce un heureux hasard?

La Culture du Culte - Orloge Simard

Guillaume : Notre pochette, la photo, on est dans l’église. Ç’a toute des liens c’est sûr.

Andy : Non, c’est pas un adon en fait. Comme Guillaume l’a dit tantôt, moi je suis impliqué depuis plusieurs années dans la corporation Patrimoine Saint-Édouard. J’avais eu l’idée de prendre les photos des statues dans l’église, pour conserver en même temps un pan de l’histoire. Parce que, à ce moment-là, ça parlait de faire le projet de bibliothèque [dans les locaux]. Moi j’me disais, « Go il faut faire la pochette le plus rapidement possible avant qu’ils commencent les travaux, avant qu’ils ôtent tous les ornements et pis qu’on perde l’aspect ancien du bâtiment ».

De plus, c’est à Port-Alfred, nous on est un groupe régional, baieriverin et fier de l’être. Y’avait plusieurs aspects à ça. T’sais l’histoire, la culture de notre place, mais aussi objectivement c’est un beau bâtiment; juste les statues dans cette église-là ça faisait une belle pochette aussi on va se le dire…

Guillaume : Je pense qu’elle est effectivement très belle. Pis nous, on a acheté des balustrades de l’église pour les amener sur le stage. Je sais pas si vous avez vu un des lancements, mais on avait les statues, plus les balustrades en avant, fait qu’on recréait l’intérieur de l’église sur le stage pendant les lancements.

Andy : Pis la banderole en arrière aussi, le gros drap… un genre de 32 pieds par 20 pieds, une affaire de fou. C’était vraiment une photo de l’église, on était « dans pochette », t’sais.

Guillaume : Dans le fond, c’est une photo de l’église sans les statues, mais vu que les statues étaient sur le stage, ça donnait l’impression que c’est nous qui joue dans l’église. On a amené l’Église Saint-Édouard à Québec, pis à Montréal aussi.

À quoi peut s’attendre le festivalier pour votre première édition? Y a-t-il des activités en marge de l’événement ?

Andy : Il va y avoir des artistes visuels qui vont présenter leurs œuvres, fait qu’ils vont arriver avec leur corpus et créer [sur place]. Certains d’entre eux et d’entre elles vont faire des œuvres live. Il y a David Dallaire de confirmé pour l’instant. Lui, il va faire comme une œuvre conceptuelle plus structurelle, sculpturale, live pendant tout le long. Ce ne sera pas une toile t’sais. Toute la journée, il va construire son œuvre et pis les gens vont pouvoir circuler dedans ou de quoi du genre.

Guillaume : Pis t’sais lui y vient de La Baie, mais il a habité longtemps à Québec. Il travaillait à l’Œil de Poisson, je pense. Il fait sa maîtrise actuellement à l’UQAC en Arts, et il a exposé au Centre des Arts et de la Culture de Chicoutimi. Bref, c’est un artiste vraiment multidisciplinaire, fait qu’il va faire de quoi de très cool. Après ça, il va y avoir d’autres artistes, mais plus du style pictural, vraiment « classique toile-peinture », mais dans un style plus contemporain.

Soutenir le Culte Port-Alfred

Comment peut-on faire pour soutenir Le culte et se renseigner sur les nouveautés ?

Guillaume : On annonce tout sur Facebook pas mal. Les gens doivent vraiment nous suivre sur Facebook et Instagram. Quand on a des annonces ou des mises à jour, on les fait là. C’est important, parce qu’on n’a pas un article dans le journal à tous les jours.

Andy : Acheter les gilets du festival aussi. On se fait des fonds d’avance pour financer tout ce qu’on a à louer et à payer. La meilleure façon c’est encore de nous parler par message privé sur le Facebook, ou par courriel au culteportalfred@gmail.com.

Y a-t-il encore des billets en vente? Si oui, à quel prix?

Andy : En fait, on en vend au Paradox pis à la Tabagie sur la 6e avenue, c’est vraiment à côté de l’église. Sinon en ligne sur Lepointdevente.com. C’est trente piasses en vrai ou 30$ plus les frais en ligne.

Julie : Un gros merci les gars de vous être déplacés. On va rester à l’affût pour connaître les nouvelles annonces en attendant Le Culte de Port-Alfred, le samedi 5 août prochain, sur le terrain de l’église Saint-Édouard.

Une dernière surprise avant Le Culte

Avant la parution, j’ai eu accès à la liste des artistes qui feront, pour la plupart, de la création en temps réel. Leur démarche artistique a été résumée brièvement.

– David Dallaire –

Œuvre in situ durant la journée : David Dallaire est un artiste multi disciplinaire qui vit et travaille à Saguenay. Sa pratique artistique est issue d’une interprétation visuelle de la précarité du vivant et d’une analyse des facteurs qui modifient son intégrité. Ses compositions sobres faites de matériaux comme l’acier, le bois ou autres matières recyclées intègrent des éléments qui, autant sur le plan visuel que symbolique, sont plutôt contrastés. David espère lors de chaque projet, faire vivre au public un moment qui l’amènera à se questionner sur l’expérience sensible que lui procure son milieu de vie.

– Anicko –

Exposition et peinture en direct : « Ma démarche est axée sur la complexité de l’émotion et de la psychologie humaine. C’est à travers des personnages aux couleurs vives sous forme de casse-têtes humains, de cellules ou d’êtres fragmentés que mes interrogations et réflexions nourrissent ma quête. À travers eux, je souhaite offrir au spectateur le réveil d’une émotion intérieure, une ouverture d’esprit, un arrêt sur la conscience. Je m’intéresse à la trace du temps, aux impacts du monde extérieur dans nos vies, à notre fragilité, à nos pouvoirs et à nos dualités identitaires. »


– Shana Patry –

Exposition : Shana se concentre sur la capture du temps dans des moments de mélancolie et de nostalgie. Elle s’intéresse à la dualité entre le certain et l’incertain, le cycle de la vie et de la mort, et les traces de notre existence.

– Rosemarie Caron –

Exposition et création en direct :  » Ma démarche artistique s’oriente autour du rapport entre l’être humain, sa spiritualité et son environnement. L’autofiction, ma sensibilité et mon intériorité sont des éléments récurrents dans mon travail. »

Rédaction : Julie Fortin

Correction : Emmy Guilbault

Révision : Marie-Eve Landry


J'aime la musique punk depuis que je suis "floune" : ça me permet d'évacuer ce trop-plein d'énergie et d'agressivité en les canalisant dans de quoi de cool. Correctrice et chroniqueuse pour Le Bad Crew, j'ai pour objectif de faire rayonner la scène du SagLac, qui est vivante, accueillante et remplie de trésors de toutes sortes! Hors scène, je vends la meilleure bière de la région chez Anormalt (Chicoutimi).