Home Scène Internationale Pouzza Fest 14, jour 3 : Émotionnel tu es, passant d’un coup de cœur à un autre

Pouzza Fest 14, jour 3 : Émotionnel tu es, passant d’un coup de cœur à un autre

Publié le 11 Juin 2026 par

Il est 10 heures 59, le dimanche 17 mai, et le robot-policier est déjà à la verticale, plus efficace qu’hier en matinée. Je suis chargé à bloc pour enjamber un dernier jour « pouzzien ». Même formule, recette à appliquer pour nous : un gros déjeuner. Cette fois-ci, notre sélection s’arrête sur le Cochon Dingue. Un repas soutenant. Les protéinés sont gonflés à bloc afin de prendre d’assaut le Pouzza FEST 14 ! Expérience immersive, comme si vous étiez sur place avec moi.

Je me pogne un café au passage chez McDo, où je vis une scène rocambolesque. Un homme désespéré recherche son cellulaire égaré en le faisant sonner, à l’aide de sa montre. Il l’entend et tente de suivre sa trace. Il se dirige vers le comptoir des caisses et s’aventure derrière celles-ci, poursuit sa chasse au trésor vers les bornes libre-service et appuie son oreille sur le mur. Ma commande est servie et je dois quitter les lieux sans connaître le dénouement de cette histoire. J’en ai conclu qu’il avait sûrement démonté le mur. Cet individu a fait ma journée et elle ne fait que commencer. On repart la machine !

Taxi Girls

Comme pour nos deux journées inoubliables précédentes, les festivités s’amorcent à l’extérieur au Jardin des bières. Les girls de Taxi Girls sont là pour enflammer les punks, réunis en ce dimanche après-midi. Soudain, une percée de soleil se pointe et est la bienvenue. La drummeuse infernale performe aussi avec Dirty Cheetah.

Taxi Girls

À la guitare, vous pouvez reconnaître Margaret Tracteur. Pour la chanteuse en one-piece rose et aux gigantesques lunettes de soleil, elle en est à sa deuxième présence après son apparition d’hier avec les jeunes General Chaos.

J’en suis à une seconde appréciation de cet incroyable groupe féminin. Bien sapées sont les demoiselles. Les artistes voient toujours le temps filer sur un chronomètre mis en évidence en permanence à l’arrière-scène.

Taxi Girls

Madame Tracteur se lance d’un solo féroce après l’autre. Elle torche solide en tant que guitariste stylée.

Les Dales Hawerchuck

Une bière, un drink, une bière, un drink. À un moment donné, il faut soulager le filet de porc en me rendant aux luxueuses toilettes chimiques non binaires. Qui sont-ils ? Ce sont Les Dales Hawerchuck qui s’avancent sur les planches où les artistes y laissent leurs tripes. Ils proviennent de chez nous, plus précisément du Lac. Deux frères de sang s’allient dans cette formation attachante.

Les Dales Hawerchuck

Nous connaissons les astuces à appliquer après deux jours d’expérimentation du site. Alors, nous nous installons au meilleur spot, une bande d’ombre le long de la clôture en avant. « Nous sommes les Dales… ». Le crowd s’enflamme au jeu de leur chanson classique, thématique.

Le son est parfaitement tuné, ajusté ; ce qui n’est pas une tâche facile pour un show à l’extérieur. « Passe à droite, passe à gauche, oui monsieur… » J’ai écouté et été agréablement surpris par la qualité offerte sur leur nouvel album, Attaque à cinq. Les Dales sortent leur rage avec la livraison de l’une de ces nouvelles compositions réussies. Les gars ont livré de quoi de solide, incontestablement. J’en ai eu des frissons !

Les Dales Hawerchuck

Autre objectif : se goinfrer d’un autre extraordinaire bol au poulet, le meilleur que j’ai dégusté de ma vie. Il a fallu récidiver sans hésitation au Central. Miam miam, c’est bon dans le bedon !

Gully Boys

Le prochain chapitre à vivre à l’intérieur se trouve aux Foufs. Gully Boys, quatuor féminin, se charge de cette mission. Album éponyme ayant vu le jour en 2025, à surveiller.

Gully Boys

Elles arrivent de loin, du Minnesota, pour propager leur musique endiablée. Poussant des cris revendicateurs parmi leurs textes, livrés avec passion ressentie.

La responsable des tambours s’exprime beaucoup, est volubile au micro, livrant des discours touchants et empreints d’humanité. Groupe engagé, porteur d’un message en plus de leur musique qui est exquise.

Gully Boys

The Skammers

Selon la carte à suivre, le point de destination suivant se trouve Chez Cléopâtre. Le band que j’ai noté est ¡Fuákata!, mais lorsque nous nous pointons dans cette salle, une performance est en cours. C’est la fin du set de The Skammers.

The Skammers

Nous catchons immédiatement que le produit présenté est dans la catégorie du ska par la déco et l’instrument additionnel utilisé : un saxophone. Je me rends rapidement compte que ce sont de vrais pros de ce genre musical, visiblement pas des amateurs. La danse exécutée change également de style, on skanke.

The Skammers

¡Fuákata!

Nous croisons un attroupement de jeunes filles qui ne se peuvent plus et brûlent d’impatience de voir le chanteur qui se pavane en chest, selon leurs dires. ¡Fuákata! a installé sa table de merch derrière laquelle ce mec retire son chandail. Il est en mode préparatoire avant de dévaler sur la scène adjacente.

Fuakata!

Dès les premiers accords et les premières notes lancées, je sais que nous allons vivre de quoi d’intense. Ils transmettent une joie de vivre. Un summer feeling m’habite et me plonge dans l’ambiance de l’été tardif du Québec. Le séducteur de ses dames sait habilement animer un public en délire. Je m’avancerais pour un style reggae punk, innovateur. Ce groupe remporte, haut la main, la palme du jour.

Fuakata!

Home Front

Au bout du Jardin des bières, il y a Home Front, groupe de l’heure, originaire d’Edmonton. Un mix équilibré à point, entre le punk, post-punk, synth-punk et le new wave. Dans ce projet, Graeme MacKinnon gère le chant, les guitares et la basse. Tandis que Clint Frazier assure à la batterie, aux synthés, aux claviers et à la programmation.

Ce que l’on nous sert, ce sont des riffs et des beats costauds. Syntoniser leur plus récente création, baptisée Watch It Die. Splendide !

MVLL Crimes

Nous allons nous achever au Turbo Haus, endroit de prédilection pour se divertir avec exagération. On se laisse tenter par le cocktail spécial de la place et il s’avère savoureux. Quatre amis ontariens ont monté MVLL Crimes, majoritairement de la gent féminine, un seul homme au décompte. Seconde fois que je les croise.

Lâchez votre cellulaire, installez-vous confortablement et imprégnez-vous de leur vision déformée, déconnectez-vous de la réalité. Approprions-nous cet instant. Une leçon de punk. « Merci de votre attention ! » Flamboyants, ils sont !

MVLL Crimes

Cross Dog

Cross Dog, un autre joyau de l’Ontario. Deuxième fois pour moi, après avoir été estomaqué à L’Anti à Québec. Le guitariste arrive avec tout son immense attirail, beaucoup de gear à installer. Problèmes techniques interminables. Finalement, il en a trop de pédales à sa disposition.

Crossdog

Ils jouent fort, bruyamment et de manière énergique. Socialement engagés, entre autres pour le punk féministe. Spécimen rare de bon hardcore, ajoutant des nuances métal. Authentiques, ils sont.

Crossdog

C’est violent, agressif et convaincant ! Le vocal est plus qu’un instrument dans ce groupe pour la leader. Tellement d’intensité !

Crossdog

Chou

Pour Chou, j’en suis également à ma seconde expérience live. Le Pouzza FEST 14 va se terminer avec ce groupe d’ici, de Montréal. Ils produisent une sonorité arachno-punk.

Chou

Ça buche, j’en profite pour trasher un tantinet. La vibe, la gang est trippante. Un acrobate amateur monte sur le stage, en fait à dix pouces du sol afin d’exécuter un backflip. Malheureusement, c’est raté, ouch ! Meilleure chance à la prochaine tentative. Eh bien oui, deux chansons plus tard, il tente de nouveau cet exploit. Il s’élance et c’est un backflip complet en retombant de justesse sur ses pieds !

Chou

Je savoure chaque minute et seconde s’écoulant excessivement à mon propre goût. Ces trois jours épiques ont passé trop vite, mais seront gravés à jamais dans nos crânes.

Beaucoup de noms inoubliables

Encore une journée couronnée seulement de succès au Pouzza FEST 14. Le groupe qui m’a le plus épaté, marqué est ¡Fuákata!. Ce qui totalise une participation honorable à 31 spectacles. Même score final que l’an dernier, il me semble. Je m’excuse auprès des autres groupes que je n’ai pas eu la chance de voir en personne, mais sachez que je vous ai tous écoutés via vos plateformes de diffusion en ligne (Bandcamp, YouTube, Spotify…).

Voici ce qui a permis cette croisade parfaite… La liste, la map ultime qui m’a permis d’être si efficace entre chaque changement de bands auxquels j’ai assisté. Certains se sont bien marrés d’elle. Au final, elle nous a démêlé, aidé à se retrouver à travers la ville et ses différentes artères menant aux portes de salles remplies de rêves éveillés.

Tout a roulé, coulé rondement. Vive les organisateurs et tous les artisans qui se sont déplacés, disposant ce rêve musical dans le domaine du possible. Je mange un gigantesque hamburger avant de me déclarer offline. Je suis rond comme un œuf. Bonne nuit !

Rédacteur : Patrice Belley

Crédit-photo : Rémi Deschênes (Gully Boys, Homefront)

Crédit-photo : Patrice Belley (Taxi Girls, Les Dales Hawerchuck, The Skammers, Fuakata!, MVLL Crimes, Crossdog, Chou)

Correction : Val Girard

Révision : Julie Fortin

Je suis chargé de projet informatique à l'Université du Québec à Chicoutimi. Pour le Bad Crew, je suis rédacteur depuis février 2024 et photographe quand la situation se présente. J'aime beaucoup assister à de nombreux shows chaque année. Ce qui me motive, c'est de faire rayonner la scène musicale et ainsi faire découvrir des groupes québécois et internationaux. Ma paie, c'est de voir la formation de nouveaux groupes et que les promoteurs continuent à organiser des spectacles.