
B.A.R.F. – VISCÉRAL
Publié le 21 Sep 2025 par Marie-Lyne Jean

Plus de trente ans après avoir imposé leur crossover thrash comme un pilier de la scène métal québécoise, B.A.R.F. revient frapper fort avec Viscéral. Un titre qui dit tout. Brut, cru et sans concession. À travers cet album de 12 morceaux, déjà disponible depuis le 12 septembre. Il s’impose déjà comme une claque incontournable, à écouter, puis réécouter sans relâche.
Une structure cinématographique
Dès l’ouverture, la pièce instrumentale Viscéral installe une atmosphère lourde et menaçante, comme l’annonce d’une tempête sonore. Plus loin, Viscéral II agit comme une respiration au coeur du chaos. Une pause dramatique qui intensifie la tension et donne au disque une construction quasi cinématographique.
Piste par piste : une plongée dans les tripes
- Berserker : Un cri primal, une déflagration brute où la perte de contrôle devient une célébration. Ici B.A.R.F. signe une véritable déclaration de guerre sonore.
- Comprendre : Plus introspective, cette chanson explore la dualité entre haine et raison, un cycle inévitable entre vie et déraison. Sombre et philosophique, elle se grave en tête comme un mantra.
- Écoeurantite : Véritable bombe politique, le groupe dénonce les gamiques, la ferveur démocratique factice et les dérives néofascistes. C’est frontal, enragé, et d’une clarté désarmante.
- Skaliss : Un défoulement pur et simple. Le texte, scandé comme un slogan de rue. Avec un son skacore, le morceau fusionne la lourdeur métallique et les rytmes du ska. Ce qui donne naissance à une hymne de révolte aussi directe qu’efficace.
- Ténèbres : Descente dans l’obscurité de l’âme, entre désespoir et perte de repères. Hypnotique et pesante, cette pièce est l’une des plus marquantes par son intensité émotionnelle.
- Fils bâtards : Métaphores mécaniques et visions infernales pour peindre l’autodestruction. Entre anges déchus et coeurs lacérés, B.A.R.F. signe une fresque poétique et sans issue.
- Crève : Catharsis violente, où insultes et malédictions s’enchaînent sans filtre. C’est excessif, nihiliste…et c’est ce qui fait sa force.
- Déboires : L’alcool comme refuge et poison, traité avec autant de lucidité que d’autodérision. Porté par un rythme entraînant, le morceau trouve un équilibre grinçant et attachant.
- Vendu : Humour noir et ironie mordante. L’idée de vendre son âme, mais de trouver l’enfer complet, fait de ce titre une satire délicieusement acide de la corruption morale.
- Du sang dans le sable : Clôture dramatique. Entre poésie sombre et constat tragique, ce morceau dépeint la guerre, ses innocents sacrifiés et ses survivants marqués. Une fin qui pèse longtemps après l’écoute.
Des textes en français, plus tranchants que jamais
Viscéral tire une partie de sa puissance de ses textes sans détour. Politiques, introspectifs ou sarcastiques, ils frappent de plein fouet. B.A.R.F. rappelle avec force qu’on peut faire du métal extrême dans la langue de Molière, sans rien perdre en impact international.
Les moments phares
Quatres titres incarnent particulièrement l’essence de l’album :
- Ténèbres pour sa noirceur hypnotique,
- Déboires pour son réalisme grinçant,
- Vendu pour son ironie corrosive.
- Skaliss pour son énergie skacore qui amène une touche festive au coeur du chaos.
Ces choix démontrent l’équilibre unique de l’album entre brutalité, réflexion, révolte et surprises stylistiques.
En conclusion
Avec Viscéral, B.A.R.F. livre un album cohérent, brutal et profondément authentique. À travers 12 morceaux qui oscillent entre défoulement, engagement et introspection. En réalité, le groupe montre qu’il reste un pilier du métal québécois, capable de parler autant aux fans de la première heure qu’aux nouvelles générations.
En somme, un disque qui porte bien son nom avec justesse, Viscéral jusqu’à l’os. À ressentir dans les tripes et à rejouer encore et encore.
https://www.facebook.com/barfmtl
https://www.youtube.com/channel/UCUWEJqks4fS-cM6G_ybUm1g
Rédaction : Marie-Lyne jean
Correction : Marie-Joëlle Tremblay
Révision : Marie-Eve Landry

