
Une virée dans l’Est pour la tournée « L’ultime retour » de WD-40!
Publié le 05 Avr 2026 par Frosty Pat

C’est sur Ontario Est, au Cabaret Lion d’Or, que WD-40 terminait sa série de shows avec Dany Nicolas le 20 mars dernier. De Saguenay à Montréal, la tournée « L’ultime retour » célébrait l’arrivée en vinyle de deux albums emblématiques : Fantastik Strapagosse et Aux Frontières de l’Asphalte.


Que ce soit dans un bar miteux de St-Henri, sur les planches des Francofolies de Montréal ou même à côté de vedettes internationales, les cowboys restent les mêmes. Ce sont des colons sympathiques, des dépravés au grand cœur. Chaque beuglement, chaque sifflement porte une émotion précise et la salle la multiplie comme de l’écho.

L’univers WD-40 est unique. Il s’agit du seul band à avoir eu un greatest hits sans avoir de succès. Un documentaire sans avoir eu de carrière. Ils ont bâti leur popularité dans le cœur du peuple, un show à la fois.
Personnellement, je les ai découverts au Polliwog, à une période où la sobriété n’était pas la priorité de personne. L’époque de Crampe en Masse et Disco Alterno. Quand le band défrichait le chemin pour tous les talents du Saguenay que nous connaissons aujourd’hui, une track à la fois.
Dany Nicolas





Dany Nicolas ne s’est pas fait attendre longtemps. Même si la foule était un peu froide au début, son énergie sur scène a fini par nous rentrer dedans comme une claque au visage. Les deux musiciens donnent l’impression d’improviser tellement les styles partent de tous bords, tous côtés. Ils semblent s’enfarger les pieds dans des rythmes lourds et agressifs pour ressortir avec du folk uptempo et joyeux, comme quelqu’un qui se relève d’une chute.

Le Lion d’Or a fait résonner tous les styles musicaux depuis les années folles. Ses vieux rideaux feutrés ont vite reconnu le jazz dans la musique que Dany Nicolas nous bricole.


Le frontman incarne sa musique avec toutes ses tripes. Il prend des instants pour regarder en l’air et s’imprégner des vibrations. En revanche, son batteur essaie de provoquer des réactions en chaîne. Soit il contourne sa batterie pour faire face au public, soit il joue debout sur son banc. Pouvons-nous passer sous silence cette gigantesque caisse qu’il utilise comme bass drum et qui donne le ton depuis le début ? Le duo est reparti et nous a laissés avec plus de questions que nous en avions au départ. Par ailleurs, il faut très certainement plusieurs écoutes pour décoder toutes les subtilités offertes sans être constamment en état de surprise et d’extase.
WD-40

WD-40 a ensuite pris possession de la scène avec la subtilité d’un 18-roues. Le velours a laissé place à l’asphalte. Soudainement, l’audience s’est retrouvée au coude à coude, juste au bord du stage. À quelques pas de l’irrévérencieux Alex Jones qui porte déjà sa basse Thunderbird Vintage Sunburst et son harmonica.


Sans surprise, le setlist commence avec trois bombes de l’album Aux Frontières de l’Asphalte. Le son et l’éclairage sont au rendez-vous. Dans la salle, la foule hurle les paroles et calque chaque gémissement et chaque lamentation. Les regards s’entrecroisent. La secte chante, sourire aux lèvres, yeux dans les yeux.

*Aux Frontières de l’Asphalte *Café Chrétien *Jour de Paye *Là où les Chiens Jappent du Trou d’Cul *La Forêt *Fantastik Strapagosse *Mouche à Marde *Caisse de Douze *Né Pour Être Sauvage *Du Diesel sur le Prélart *Souvenir d’Amos *Mourir la Face dans Slush *La Mer des Tourments *Gramme de Mort *Tout pour le Rock *Immortel *Y’en Aura pas de P’tite Culotte *Femme tout Nue *Enfant de Chienne


De nos jours, le chanteur est plus sobre et plus énergique que sa crowd. Il maîtrise son instrument comme jamais. Nous sommes loin des performances de jadis, à l’époque où il fallait plusieurs arrêts aux toilettes pour assouvir sa dépendance. Les interprétations sont fidèles aux versions enregistrées. Le band passe du punk de garage à la finesse du blues en un clin d’œil, sans renier ses racines country.


Jean-Loup et son frère connaissent leur répertoire du bout des doigts et occupent la scène comme leur deuxième domicile. Le guitariste s’offre de véritables poses de rockstar. Ses lunettes de soleil et sa Gretsch rouge lui donnent toute la crédibilité pour appuyer son attitude. Il s’approche des gens pour performer comme s’il offrait chaque solo à quelqu’un en particulier dans la salle. De son côté, le bassiste saute et s’agenouille sans manquer une note. Pendant ce temps, le moshpit est bien établi. Les fanatiques de country-punk s’en donnent à cœur joie et le verre cassé est dispersé sur le plancher comme dans un squat. Le Lion d’Or a perdu son côté épuré pour devenir une arène de vieux punks.




Tout juste arrivé au sein du groupe à la batterie, Miguel frappe fort, littéralement. Il connaît la discographie du band comme s’il en faisait partie depuis toujours. La puissance de ses floor toms se fait ressentir jusqu’au restaurant d’à côté et se distingue du swing auquel Hugo Lachance nous avait habitués. À la guitare, Patrick Mainville n’a plus rien à prouver. Il a 10 ans de WD-40 derrière la cravate et son rôle est bien défini. Il apporte sa touche très académique à ce band si trash. Au fil du temps, sa place au sein de la formation s’est clarifiée. Si nous étions satisfaits qu’il remplisse simplement le vide à la rythmique pendant les solos de Jean-Loup, maintenant nous ne pourrions imaginer WD-40 sans son agilité et sa prestance unique.





Puisque ce rituel devait se terminer, nous devions absolument en immortaliser quelques instants. Voici deux extraits qui témoignent de l’énergie brute de la soirée :
Pour voir l’intégralité de la soirée en images, l’album photo complet est disponible juste ICI!
Enfin, si vous avez manqué le début de cette épopée, replongez dans notre revue du spectacle de WD-40 à Chicoutimi présenté le 11 octobre dernier.
C’est avec les semelles collantes que nous sommes allés engloutir nos hot-dogs all-dressed sur Papineau pour conclure notre périple dans l’Est.
Rédaction : Frosty Pat
Photos : Frosty Pat
Correction : Jess Peach
Révision : Marie-Eve Landry

