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Série – le Québec envahit l’Europe : The Carringtons

Publié le 17 Mar 2026 par

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Salut The Carringtons,

Pouvez-vous nous parler de la composition de votre band ? Les membres, comment vous vous êtes rencontrés, etc. ?

Salut le Bad Crew !
Longue histoire courte. The Carringtons existe officiellement depuis 12-13 ans, mais comme dans toute bonne série, le casting évolue au fil du temps. Ben (ex-Dance Laury Dance) est le seul présent depuis le jour 1. Alex (ex-Hipshot) est arrivé il y a plus de dix ans comme guitariste. Moi, je suis entré peu après, comme batteur… jusqu’à la pause en 2020. Quand on a décidé de recommencer en 2022-2023, j’avais l’envie d’apprendre la guitare et qu’on essaie de faire ça différemment. Charron a pris la basse en remplacement de Karl-Max. Finalement, je crois que c’est Dave (ex-Fifth Hour Hero) qui a approché Ben pour se joindre à nous.

Une game de chaise musicale, je crois.

Crédit photo : Olive Dussault

Comment se passe le processus musical au sein du groupe ?

La plupart du temps, Ben arrive avec des maquettes. Ensuite, on se lance dans une sorte de back-and-forth. On se renvoie des idées, je le challenge sur les mélodies, les accords, les beats… et on retravaille les chansons. Des fois, ça part de mes de riffs. Quand les autres arrivent, les morceaux sont déjà construits dans l’ensemble. On a aussi pris une décision importante : mettre l’égo de côté. Pas de solos interminables, pas de démonstrations techniques inutiles… Le concept de nos chansons, c’est qu’elles sont toutes d’une durée de deux minutes. Dans cet univers-là, il n’y a pas de 15 minutes de gloire… elle dure 15 secondes.

Sinon, outre les compositions, on essaie d’utiliser les forces de chacun pour être le plus autosuffisant. Je suis designer graphique de formation, donc je gère tout ce qui touche les visuels (artwork, merch, etc.). Alex prend en charge le booking et participe sur la portion photos/vidéos. C’est aussi lui qui s’occupe d’imprimer la merch chez sa sœur, qui possède l’équipement nécessaire de sérigraphie.

Who else can you trust to run the family business except family?Fallon Carrington

Vous êtes plusieurs bands à partir pour l’Europe presque en même temps. C’est du hasard ou ça s’est planifié comme ça ?

Total hasard. On savait que les boys de Don’t Try et Apes partaient dans les mêmes dates que nous. Ce qui est drôle, c’est qu’on part presque tous du même local de pratique pour traverser l’Atlantique… sans vraiment se croiser. Don’t Try joue à Londres le même soir que nous, mais à plus d’une heure de route. Il n’y aura donc malheureusement pas de pub crawl cette fois. Mais la prochaine fois, on pourrait peut-être organiser une soirée de type Quebec Invasion. Qui sait ?

Crédit photo : Thomas Morin

Est-ce la première fois que vous faites une tournée à l’étranger ?

Oui !
Avant 2020, on avançait un peu moins vite. Avant les sorties de 2024, le dernier projet remontait à 2018. On a pris le temps d’écrire, d’enregistrer, de peaufiner notre son et, soudainement, les portes ont commencé à s’ouvrir. On a joué un peu en Ontario, mais là… on traverse l’océan. Et honnêtement, on ne réalise pas encore tout à fait !

Qu’est-ce qui vous excite le plus à l’idée de tourner en Europe ?

Depuis qu’on ne peut plus fumer sur les terrasses… c’est difficile à dire (rires). Mais sérieusement, jouer ses chansons sur un autre continent avec ses amis, rencontrer de nouvelles personnes, créer des liens, vivre dans une van et jouer du rock pendant une dizaine de jours… quand même assez difficile de demander mieux.

Y a-t-il des villes ou des salles que vous avez particulièrement hâte de découvrir ?

Notre séjour ne sera pas vraiment des vacances. On joue à Paris… mais pas de visite du Louvre, de la Tour Eiffel, pas d’Arc de Triomphe, etc. On débarque, on joue, on dort et on s’en va vers la Belgique. La Normandie nous intrigue vraiment pour son histoire. Sinon, c’est surtout que les salles, les organisateurs et les bands qu’on va rencontrer ont l’air incroyablement sweet.

Comment vous êtes-vous préparés pour cette tournée (logistique, répétitions, adaptation du setlist) ?

Alex s’est chargé de la portion booking pour 95 % de la tournée. C’est lui qui est entré en contact (par l’entremise de certains amis) avec les salles, les associations, les promoteurs, les bands, etc. On s’est un peu entraidé par la suite, afin d’optimiser l’itinéraire et la logistique (instruments, hébergement, etc.). Je me suis occupé de la portion visuelle pour l’affiche de la tournée et autres besoins nécessaires.

On a quelques shows préparatoires au Québec pour se remettre dans le bain. Notre dernier remontait à novembre 2025. Alors on s’est booké : St-Jean-sur-Richelieu (7 mars), Trois-Rivières (20 mars) et Victo (21 mars).

Le gros défi : Alex habite maintenant à Montréal, donc les répétitions full band se font rares.

On connaît nos chansons, mais quand elles durent deux minutes… donc 45 minutes de set, ça fait beaucoup de chansons.

Croyez-vous qu’il y a des différences entre le public québécois et le public européen ?

Same but different?

Pour eux, on reste une épice étrange qu’ils ne peuvent pas reproduire. On est des « Franco-Ricains » (s/o SeinsSucrer). Pour certains, on sera une découverte. Pour d’autres, juste le groupe invité.

Mais, parfois, les meilleures surprises viennent du groupe que tu ne connaissais pas.

Comment croyez-vous que la scène québécoise soit perçue là-bas ?

Je crois que le Québec a déjà laissé sa trace :
Get The Shot, Don’t Try, les Vulgaires Machins, Mute, The Sainte Catherines, Fifth Hour Hero

J’en oublie fort probablement. Ils ont traversé l’Atlantique avant nous et ils ont ouvert des portes. D’autres le font encore.

Avez-vous dû adapter votre spectacle pour le marché européen ?

Quand je vais voir un band international, je ne veux pas qu’il adapte son show pour moi. Je veux voir ce qu’il fait vraiment. Alors on va faire pareil. On va monter sur scène, jouer nos chansons et voir ce qui se passe.

Le but : laisser une bonne impression… pour que la prochaine tournée soit encore plus grande.

Merci de votre temps ! Toute l’équipe du Crew vous souhaite une belle tournée !

Rédaction : Claudia Bo et The Carringtons

Correction : Val Girard

Révision : Marie-Eve Landry

Mélomane finie mais surtout, fan incontestée de punk rock sous tous ses genres, je suis la fondatrice et rédactrice en chef de ce magazine qu’est le Bad Crew. D’abord animée par une passion pour la culture d’ici et la scène locale, j’ai à cœur de mettre en lumière l’incroyable talent que nous avons ici et ainsi, créer un pont entre les artistes et leurs différents publics.