
Subhumans subvertissent la salle Montaigne
Publié le 30 Sep 2026 par Jerry Cherry

Subhumans subvertissent le public de la salle Montaigne et je ne fus pas épargné en ce 19 septembre. C’était à la suite d’un contrat de travail et d’une longue route. Je m’arrête me reposer chez des amis de Québec. Ce n’est pas très loin de la salle Montaigne du Cégep de Limoilou, où se déroule le passage du groupe britannique légendaire : Subhumans.
C’est une première pour moi dans cette salle, et l’acoustique d’un amphithéâtre est toujours invitante pour un amateur de musique. Mais ce n’est pas cet argument qui m’y attira. Une fois rendu à l’évènement organisé par District 7 Productions, je réalise que ne pas être le seule à me déporter hors-région ce soir. En effet, il semble que certaines « embûches » ont empêché les fans du Saglac de voir les Subhumans dans leur propre région … à suivre.
Conflit Majeur, une relève avec de la substance
Conflit Majeur, ce jeun groupe émergeant fondé en 2023, a particulièrement piqué ma curiosité. Selon moi, tout explorateur musical qui se respecte est toujours attiré par les nouveautés de sons et d’artistes. Voir et entendre la performance de la relève est un appât auquel je ne résiste pas. C’est d’ailleurs pour cela que je précise à mon ami Quaker, qui m’accompagne au show : « Si on est pour encore arriver en retard, on part deux chars ».
Précisons qu’il s’améliore puisqu’on est arrivé à la salle Montaigne juste au moment où le groupe se présentait sur scène. Justin Thibault, au chant et à la guitare chez Conflit Majeur, prend le temps de remercier les organisateurs, District 7 Production. Entre autres, il est reconnaissant qu’on donne leur chance à des jeunes groupes dans leurs balbutiements de jouer sur scène avec un grand nom comme c’est le cas ce soir. À mon avis, Conflit Majeur a l’étoffe d’un de nos futurs gros noms de la musique au Québec.

Subjugués et fiers
Chaque membre du band dégage une énergie irradiant dans toute l’immensité de l’amphithéâtre. Avec leur punk rock rapide, énergique tout en restant mélodieux. Conflit Majeur touche à des thèmes tels la masculinité toxique ou s’insurge contre l’homophobie. Les jeunes rockent la place solide et démontrent sans conteste qu’il y a encore des jeunes »p’tits punks badass ». Surtout leur bassiste Thomas Bujold : le kid a du style, et sur un stage on dirait une balle de flipper entrain de jouer la game de sa vie. J’ai hâte de suivre son cheminement .
Comme je me déplace devant la scène, mes yeux s’arrêtent sur la foule. Je remarque alors avec stupéfaction que les gens placés devant semblent apprécier le spectacle, mais que le mouvement se situe surtout au fond de la salle…? Cela me surprend légèrement d’abord, et lorsque je me dirige vers la sortie à la fin du set, je reconnais beaucoup de visages. Mais pourquoi y a t-il autant de mes compatriotes du Saglac à Québec pour ce show?

Submergé par les Bad Waitress
À l’extérieur pendant l’entracte, avant le groupe Bad Waitress, les conversations vont de bon train. De fait, un sujet revient dans le discours de mes amis Saguenéens. C’est maintenant tout un défi d’avoir un billet pour le Café du Clocher que l’on doit maintenant s’auto-déporter pour assister au passage de nos bands préférés dans la province. Persona non grata sous son propre clocher !
Blague à part, Bad Waitress est un groupe composé de quatre demoiselles de Toronto. Elles ont dû faire une sacré impression lors de leur passage à Alma les deux jours précédents. En effet, on m’a fortement suggéré de ne pas les manquer. Je vous invite par ailleurs à lire les article de Julie et de Patrice sur ces deux soirs.
Article de Julie Fortin : Subhumans pour une deuxième soirée au Café du Clocher

Décidément, ce band est à ne pas manquer. Les Bad Waitress donnent non seulement une bonne représentation, leur prestance sur scène est indéniable. D’ailleurs, certains énergumènes dans le crowd gardent un fixe presque hypnotique et légèrement malaisant, mais je m’égare. Les filles donnent toute qu’un show ce soir, leur chansons nous ramènent dans une sonorité : punk, un peu grunge avec un soupçon des premiers groupes de NU métal. Bref, Bad Waitress un son et un style qui nous rappellent l’esprit des belles années de la musique des années 90. J’en aurais pris plus, c’était trop court à mon goût.
Subhumans sublime et subvient aux attentes
Enfin ! S’il y a un groupe dont le nom me vient naturellement dans mes groupes préférés, Subhumans se classe dans le top 10. Fondé en 1981, le premier démo du band se fait vite remarquer par Flux Of PInk Indians qui venaient d’ouvrir leur label à l’époque. Par ailleurs, je ne semble pas le seul à avoir les Subhumans gravé au scalpel dans la peau, parce que si mes compatriotes du Saglac s’avançaient tranquillement lors de bands d’ouverture, là le vent tourne brusquement.

Un vent de folie loin d’une petite bourrasque sans importance. Dans la salle colossale s’intensifie une réaction en chaîne d’où personne ne peut échapper. Le thrash, dès les premières notes, devient général, et aucun corps ne reste sans mouvement.
Je n’ai pris aucune note, j’ai pris des photos comme j’ai pu. Honnêtement je ne regardais pratiquement pas l’objectif. Demandez donc à une bouée d’essayer de photographier une tempête. Aucune berge à laquelle s’accrocher, j’ai suivi le mouvement et crié mon espoir sous les lyrics géniaux de Dick Lucas. Je salue d’ailleurs le dude que je connais fuck all, avec qui j’ai chanté une bonne partie des chansons comme si on était des grands chums vivant le show qu’on attend depuis des années.

Subhumans ne perd pas un iota de sa substance en prestation. Je les ai vus pour la première fois il y a de cela vingt ans, et du haut de sa soixantaine, Dick Lucas nous hurle dessus sans relâcher l’intensité, tandis que les musiciens gardent la note bien haute.
Rédaction et Photographie : Jerry Cherry
Correction & révision : Julie Fortin

