Home Scène Canadienne Cruel Fate, Guhn Twei et The Vanishing Act : le destin cruel provoqué par Glencore en trois actes disparus

Cruel Fate, Guhn Twei et The Vanishing Act : le destin cruel provoqué par Glencore en trois actes disparus

Publié le 10 Déc 2025 par
Affiche du show

Les grindcoreux de The Vanishing Act ont performé une seule fois en 2025 et c’était le 22 novembre dernier au Dominion Tavern d’Ottawa avec Guhn Twei et Cruel Fate. Initialement, le groupe grindcore saguenéen Chadhel devait aussi y participer. Cependant, pour une raison inconnue de la programmation du spectacle de Sewer Pool Productions, il s’est retiré.

Cruel Fate

Ce groupe old school death metal de Gatineau est celui que j’ai vu le plus de fois dans ma vie. Ayant donc un total de cinq shows à mon compteur, je peux dire que celui-ci était probablement leur meilleur.  

Après un court sample, leur set débute avec The Crucifer qui se caractérise par sa musique lente et lourde jusqu’au ding ding d’une cymbale de la batterie de Simon Bouchard qui accélère le rythme de la chanson. La suivante contenait un riff crissement bon performé par Claude Lecompte à la guitare et Martin Choquette à la basse.

Cruel Fate 2

Pour mon plus grand bonheur, Cruel Fate a joué Descente aux enfers, une vraie tuerie infernale provenant de l’antre de Satan. Le groupe a profité de la seule pause de sa prestation pour remercier les autres bands, la soundwoman et Zac (chanteur du groupe de death/grind Gland) de Sewer Pool Productions. Ils ont quitté la scène après le titre Abyss Inverted.  

Simon a fait plusieurs grimaces et Ben Bertrand, le chanteur de la formation, a eu une belle prestance tout au long de leur concert. La voix de ce dernier est tellement d’outre-tombe qu’on avait du mal à l’entendre par moments. Son gosier proféra deux rituels sépulcraux inédits imprégnés de crust devant surgir au courant de l’ère prochaine des troubadours gatinois. 

Guhn Twei

Guhn Twei 1 (photo de Simon Bouchard)

Alors que les membres de Guhn Twei préparaient leurs instruments, le micro de Simon Turcotte, le chanteur et bassiste, n’arrêtait pas de descendre et c’était assez drôle. L’intro de leur prestation est faite de plusieurs extraits de reportages concernant la Fonderie Horne et Glencore contre qui ils militent. Selon le groupe, ce sont des contracteurs de cancers qui mènent à des amputations semblables à celle qu’a subie Simon à sa jambe droite. Ils ont d’ailleurs débuté avec la chanson Glencorruption sur laquelle la foule bougea énormément. 

Un peu plus tard, les activistes se présentent en disant qu’ils viennent de Rouyn-Noranda, la « Capitale de l’arsenic » et ils continuent avec le titre éponyme. En essayant de prendre des photos sur la chanson Infanticide, je me suis rendu compte que le pit était pas mal dangereux. J’accuse les drum beats de malade d’Étienne Pelchat et les riffs violents de David Alisich-Bérubé et Jeanne Perrin

Deux morceaux plus loin, la troupe nous introduit Slam de mine, une nouvelle chanson vraiment lourde, mais restant dans le slam metal (un style extrême se rapprochant du brutal death metal). Après les remerciements, ils enchaînent avec Hymne à la guillotine, un peu plus traditionnel pour leur style hardcore metal/grindcore.  

Beaucoup de personnes attendaient avec impatience le titre Lac Terreur. Cette chanson de quatre vers, récités par Jeanne, a été dédiée aux enfants de Rouyn. La dernière toune m’a surpris avec son interlude remixé, mais Parasites reste tout de même une super bonne chanson. Pour bien terminer leur showGuhn Twei et une partie de la salle a fait un doigt d’honneur à Glencore en leur balançant un beau Fuck you

(Pour en apprendre plus sur le combat mené par Guhn Twei et la censure dont le groupe est victime, vous pouvez lire ce très bon article de Charles Loco.)

The Vanishing Act

The Vanishing Act 1

Ce groupe dont j’ai souvent vu le nom m’a grandement étonné. Surtout lorsque j’ai reconnu le visage du bassiste et chanteur, membre de They Grieve et Alaskan, deux groupes d’atmospheric sludge metal impressionnants sur scène.

The Vanishing Act joue dans un tout autre registre musical avec son grindcore émotionnel. En tout cas, après une sono qui nous fit entendre des sons bien weirds, on a eu le droit à un spectacle totalement malade entre rapidité folle, cris étonnants et nouveautés brutales. 

Les deux premiers morceaux que le band a joués étaient nouveaux et j’ai noté que le deuxième était particulièrement rapide et court. Peut-être que c’est indirectement l’annonce de l’arrivée prochaine d’une réalisation de haute qualité. Il y a eu plusieurs échanges vocaux entre l’un des guitaristes et le bassiste. Vers la moitié du spectacle, le quatuor a remercié les autres groupes. Par la suite, petit clin d’œil au vendredi qui suivait le show avec la toune Black Friday, jour de rabais massifs.

The Vanishing Act 6

Une des intros suivantes m’a vraiment plu puisqu’elle était très simple : un, deux, Fuck you. Le chanteur-guitariste a par la suite présenté un titre subséquent de la même manière qu’il chante, c’est-à-dire en gueulant. Impossible à comprendre! À un moment donné, l’instrument de ce dernier a arrêté de fonctionner, ce qui nous a permis de mieux entendre l’autre guitariste pour quelques instants. The Vanishing Act a terminé la soirée avec Treating the Earth as a Pissing Ground, une toune trouvable sur leur split avec Agathocles

Pour encourager les groupes de la soirée :

Cruel Fate : https://cruelfate.bandcamp.com/album/destin-cruel & https://beacons.ai/cruelfate

Guhn Twei : https://guhntwei.bandcamp.com/album/capitale-de-larsenic & https://linktr.ee/guhntwei?utm_source=linktree_profile_share&ltsid=2ba998c3-2ede-4941-a684-9c590ae91724

The Vanishing Act : https://thevanishingactgrind.bandcamp.com/album/split-w-g-o-d & https://www.facebook.com/thevanishingactgrind

Crédits :

Rédaction : Eddy H. Chavaudret

Photos : Eddy H. Chavaudret et Simon Bouchard (toutes les photos de Guhn Twei, sauf la dernière)

Correction : Céline Montminy

Révision : Marie-Eve Landry