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Les vétérans du métal québécois Dead Brain Cells, Genetic Error et Soothsayer avec Wodos à l’Anti

Publié le 20 Oct 2026 par

Les vétérans du métal québécois Dead Brain Cells, Genetic Error et Soothsayer annoncent qu’ils feront trembler L’Anti, le 3 octobre. Ma chance inespérée de les croiser en spectacle. Ajouts supplémentaires à mon palmarès, même si je doutais d’y arriver un jour.

Soirée toute en saveur « métalleuse » et, à ce festin trois services, s’incorpore Wodos, pour compléter ce festin musical. Pour sa part, ce band est présentement en tournée de lancement d’album.

Dead Brain Cells

Tant qu’à jaser « culinaire », notons que nous nous sommes gavés d’une savoureuse poutine au casse-croûte Chez Gaston. Une espèce de tradition quand il y a un show en face, à L’Anti Bar. J’ai donc initié un de mes amis de la partie.

L’Anti

Nous arrivons à l’heure tapante de l’ouverture des portes. Dès notre arrivée, je constate un public de tous les âges, générations de plusieurs strates temporelles au rendez-vous. Ça s’explique par la sélection stratégique d’un groupe plus jeune avec les trois principaux expérimentés. Je me dirige vers la zone marchande peuplée de quatre tables de merch. Je redeviens enfant dans un magasin de jouets !

Ce qui saute aux yeux est la colossale batterie qui domine le centre du stage par sa stature imposante. Prête à souffrir, attendant ses prochains bourreaux. Elle arbore un rouge flamboyant et ornée du logo de Soothsayer sur ses deux énormes burnes au sol. Différents sets de cymbales sont disposés aux abords de la scène. Ils seront intervertis entre chaque band devant prendre ses aises. Une bête, taureau mécanique à maîtriser, qui y parviendra ?

Soothsayer

Wodos

Wodos, ils sont quatre. Quatre authentiques tripeux et joueurs de old school thrash metal. Ils viennent de Lévis et sont apparus dans le portrait musical en 2024. C’est Justin qui drumme, Benji qui chante, Mikee qui fait crier sa guit et Charles qui martèle sa basse.

Virée de spectacles pour lancer leur album From The Grave, terminé le 20 septembre. Enregistré pas par n’importe qui : Chany Pilote, qui l’a en plus mixé et masterisé. Wodos ou Sodom à l’envers, perspicace je suis. Huit compositions et une reprise de Breaking The Law de Judas Priest.

Wodos

Le chanteur et le bassiste ont des shoes agencées fraîchement achetées et plus blanches que mes dents. Contraste marquant avec les docs aux pieds de son prodige guitariste. Benji a des dreads pas loin d’être « de compét » avec ceux de Keith Morris. Armé d’une ceinture de balles à fusil, prêt au combat. « Même le micro trouve ça trop violent », en faisant allusion au fait qu’il tombe en morceaux. Il se garoche en bas du stage pour crinquer le public.

Pas des poseurs

Le double bassdrum roule à pleine cadence, ça sonne en ta ! Batteur aux allures de Tommy Lee en bedaine, tits percés, boxers comme unique habillement et chevelure bouclée. Ça défonce, fracasse absolument tout sur son passage, ce groupe.

« La prochaine s’appelle I fuck your mom. Basée sur une anecdote de tournée entre une mère de 48 ans et un jeune homme de 19. » Paroles très songées, répétition sans cesse du refrain. Moins d’une minute, ce fut bref et précoce.

Wodos

« En voulez-vous encore un peu de jus ? Crystal Lake et un tueur avec un masque de hockey. » Je ne vois pas les doigts du guitariste émérite parcourir les cordes pour la faire jouir, émettre des cris aigus. Un bassiste au jeu précis, à l’aide de sa guitare griffée en son bout de manche. « La dernière est dédiée à Cronos de Venom. Sans lui, on ne serait pas là ».

« Qui a vu DBC et Genetic Error dans les années 80 ? » Des mains se hissent, mais pas la mienne. « Album tapé old school en analogique. » Ça ne m’en prend pas plus pour me convaincre de sauter sur leur version K7.

Genetic Error

À Trois-Rivières, ils ont Genetic Error. Trio excellant dans le crossover, du hardcore punk avec du thrash metal. L’emblématique mascotte attachante avec un microphone à la place du nez est née en 1987. Au départ, le nom de la formation était Insanity et elle jouait des covers de Celtic Frost et Slayer. Ces vieux de la vieille ont déjà fait la première partie de Voivod.

Toxic Planet, album créé et enregistré en 1988. Actif de 1987 jusqu’à 1990, puis de 1994 à 1996 et en 2015 au Trois-Rivières Metalfest, band officiellement reformé. Poursuite de ses activités et spectacles depuis ce show déterminant. Nouveau bébé de 2024 à présenter à la planète, baptisé Fake World. Génération également d’un vidéoclip pour la chanson Fake World.

Genetic Error

C’est qui ces individus dotés d’une bonne génétique artistique ? André Lachance est le bassiste/chanteur, Louis-Simon Bellerose est le guitariste/chanteur et Patrick Béliveau, le batteur.

C’est dans tes gênes

Dénonciation sociale d’une planète polluée, que nous avons polluée. « Y’en a une couple qu’on a vus dans le temps, hein ? » De grosses lignes de basse composent leurs harmonies fusionnant deux ou plusieurs styles musicaux. Un changement fréquent de vitesse est leur signature. Un son déconstruit, ensuite reconstruit, réassemblé. Les deux chanteurs se complètent merveilleusement bien, s’alternent d’une interprétation à l’autre ou pendant l’exécution de certaines.

Genetic Error

De nombreux messages à passer par le biais de leurs instruments. Tout est maintenant génétiquement modifié, qu’on le sache ou non. Structure de leurs compositions très originales, sortent carrément du moule. Nous sommes rendus au deuxième band de la soirée et je me rends compte que chacun a trainé dans ses bagages son flag à son effigie pour partir en guerre musicale.

Genetic Error

« Notre drummer décédé, on la joue pour toi. » Le morceau qui s’en suit est génial, tout est tellement bon. « Nous en reste deux. Je vais péter d’une crise de cœur. » Son guitariste de lui répondre « Pas tu suite ». Gorgée d’eau abondante obligatoire pour remettre son homme. « La prochaine est sur le premier démo, une première en live à Québec. Tk, elle va être plus drette qu’hier. » Une boostée aux anabolisants celle-ci !

Soothsayer

Soothsayer est un quintette formé en 1984. Tout autant vétéran de la scène métal québécoise d’antan que Dead Brain Cells et Genetic Error, même s’il m’était totalement inconnu jusqu’à aujourd’hui, à 22 h 45.

Soothsayer

Le batteur est totalement dans son élément sur son drum perso, bien à lui. À son aise pour laisser sortir la pleine puissance de son talent. Pas un autre musicien ne sait mieux le faire rugir.

« Premier démo qui nous a mis sa map ! La mouche bizarre. Nous allons faire la mouche. » Le chanteur à la chevelure généreuse et à la barbe touffue blanche, vêtu d’une camisole de Batman, démontre le move à imiter. « Vous êtes toutes des mouches, vous ouvrez la bouche. » Il se met à lancer des bonbons Nerds dans le bec de la foule.

Soothsayer

Quelques légers problèmes techniques surviennent. « Mon micro d’enfance, à 3 000 piastres ! » Leur musique est pesante. Mobiles sur un stage, ils sont. « On a un nouvel album, un bel album avec une belle voix. Fini le criage. Enregistré dans la Soothcave. Une toune de cet album-là. » Le bassiste fait la mitraillette avec son instrument, cartouches lancées note par note. Le chanteur est son pourvoyeur balistique équipé de sa ceinture à balles.

Soothsayer

« Chu devenu fou à fin, c’tait quoi ça tantôt ? J’vois rien sur la setlist, j’ai pas mes lunettes. » Tout un numéro, un phénomène, drôle de type. « Come on, circle pit. Envoyez, un p’tit rond. » La chanson jouée se termine rapidement et abruptement. « Hey, il manque un boutte. Voulez-vous DBC ? » Tous les spectateurs présents crient pour deux par l’affirmative.

DBC

Le quatuor montréalais tant désiré Dead Brain Cells, dit DBC, foule la scène. Ils sont là ! Eddie Shahini, Phil Dakin, Armen Apekian et Jimmy Antle. Recrutement d’un jeune drummer, du sang nouveau, plus jeune. Revenons en arrière pour constater que leur existence s’est amorcée en 1985 sous le nom de Final Chapter. Le premier album du groupe, Dead Brain Cells, paraît en 1987, suivi deux ans plus tard par un album-concept intitulé Universe.

Deux disques distincts dans leur processus de production et de courant musical emprunté. Dead Brain Cells est du crossover thrash et ses paroles exposent la société ainsi que la politique. Universe pour sa part, c’est du thrash métal progressif, excessivement technique et des textes dont l’inspiration provient de la science-fiction.

Dead Brain Cells

Ces musiciens provoquent une ébullition au cerveau, les cellules électrifiées s’excitent. DBC affiche ses couleurs au ton métal. Ils sont drettes, tights, une leçon de métal sans censure. J’assiste à un show de thrash metal old school à l’état pur. La cervelle fusillée d’émotions d’intensité.

Le chanteur bassiste me fait penser à Lemmy et je perçois l’influence de Motörhead. Je toque mon ami pour lui mentionner et il acquiesce. Rock ‘n’ roll ! Une guitare à sa droite et à sa gauche, une guitare. Duo cérébral, se comprennent via leurs solos et riffs endiablés. « Cheers boys ! » Succès après succès qui se relaient.

Du bruit de haute qualité

Basse écrasante agissant comme la colonne vertébrale de cette composition. « La prochaine est sur le deuxième album », prononce-t-il avec son accent français cassé. Au total, DBC compte deux albums. Alors, il ne manquera pas beaucoup de hits.

Dead Brain Cells

« Called Final Act ». Cette dernière offrande thrash metal est une troisième guerre mondiale musicale, le chaos chanté et les armes sont leurs instruments respectifs. « Merci, à la prochaine ! » DBC ! DBC ! DBC! Les fans allumés en réclament davantage. « This song is called Overkill ». Motörhead cover, oh yeah ! Je savais ben qu’il y avait du Lemmy dans ses veines. Héhé !

Dead Brain Cells

Tentons de retrouver toutes nos cellules

J’ai constaté de mes yeux vus la raison pour laquelle ce trio Dead Brain Cells, Genetic Error et SoothSayer est si marquant pour la scène métal du Québec. Bon en salle, au-dessus de mes attentes. Faisant honneur à leur réputation et perpétuant leur héritage musical aux plus jeunes, leur insufflant la motivation de créer.

Next target : Ludwig Von 88 au Café du Clocher. Je suis tellement choyé que tous ces fabuleux artistes se déplacent et que des promoteurs se démènent avec les salles de spectacle.

Rédacteur : Patrice Belley

Crédit-photo : Patrice Belley

Correction : Valérie Lapierre

Révision : Val Girard

Je suis chargé de projet informatique à l'Université du Québec à Chicoutimi. Pour le Bad Crew, je suis rédacteur depuis février 2024 et photographe quand la situation se présente. J'aime beaucoup assister à de nombreux shows chaque année. Ce qui me motive, c'est de faire rayonner la scène musicale et ainsi faire découvrir des groupes québécois et internationaux. Ma paie, c'est de voir la formation de nouveaux groupes et que les promoteurs continuent à organiser des spectacles.