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Un ciel de confettis pour Ludwig Von 88

Publié le 15 Oct 2026 par

L’air est effervescent et imprégné d’une énergie peu commune en ce mercredi 7 octobre. C’est sans doute parce qu’on a de la visite rare au Saglac, et j’ai nommé Ludwig Von 88 ! Déjà que je me compte chanceuse de les avoir vus brûler les planches à Québec en 2019, je suis au summum de ma joie de pouvoir les écouter près de chez moi. Sur le bout de rue ceignant le désormais très connu Café du Clocher, bon nombre de visages familiers fraternisent : c’est ben pour dire, la majorité des gens se connaissent. Eh oui, c’est bien connu, les bonnes places attirent les bonnes gens.

De fait, la légendaire formation française est de passage dans la province pour une mini-tournée, et s’arrêtera aussi à Québec et Montréal. D’ailleurs, je prends ici un moment pour souligner le travail exceptionnel des acteurs de la scène que sont la gang de Macadam et du Café du Clocher, qui rendent tous ces spectacles possibles.

Les Nuls à Chier – Un retour inattendu

Nick Gagnon porte fièrement le seul t-shirt existant de Les Nuls à Chier (!)

Tous autant que nous sommes, nous patientons convivialement devant la scène. En surprise, un duo que je croyais depuis longtemps éteint se présente, Les Nuls à Chier ! Je ne me serais jamais attendue à leur présence, et leur musique me catapulte des années en arrière…

Le couple à moitié de rose vêtu, cagoulé de velours, monte sur les planches. Les imprimés « molle à la vanille » de leurs chemises apportent une touche de coquetterie supplémentaire à leur mise. « Qu’est-ce qu’on ferait pas pour jouer avec nos idoles ? De Chicoutimi (…) les Nuls à Chier » sont les mots d’introduction lancés par Gab (voix), avant d’entonner l’éponyme Nuls à Chier. La chanson s’interrompt rapidement pour leur permettre de se décagouler et de poursuivre cette prestation complètement capotée, au frais. 

Une guit’, une basse, une boîte à rythmes, pas besoin de plus pour ces virtuoses pas nuls du tout. Le set se poursuit, et le public en redemande. « La prochaine est encore sur le même beat, parce que mes settings se sont tout décrissés […], mais bon, je vous conterai pas ma vie », de clamer Gab, suscitant les rires de tous. En fin de compte, les Nuls à Chier auront atteint leur but : énarver et réchauffer la foule juste avant l’arrivée de LV88.

Make Ludwig Crète Again

Après une pause tonitruante de discussions animées, la foule s’entasse une fois de plus sur le plancher du Clocher. Ludwig Von 88 monte sur scène au son des acclamations : on les attendait avec impatience. Karim (voix) salue la foule : « Salut Alma […] on est Ludwig Von 88 », mais ses chaleureuses paroles se perdent presque sous les hourras. Dès les premières notes de J’ai tué mon père, le public forme un chœur d’échos et accompagne le groupe. Ça bouge de partout, l’atmosphère est plus que festive, et la deuxième pièce n’est pas encore terminée que le mercure est monté d’au moins dix degrés. 

J’ai de la difficulté à trouver les mots pour exprimer toute l’émotion ressentie lors de cette prestation. C’était à la fois magique, nostalgique, pétillant et féerique. Tout au long du show, LV88 gâte abondamment ses adeptes de pièces remontant à la genèse du groupe : HLM, Guerriers Balubas, Oui-Oui et la voiture jaune… Mon cœur s’envole littéralement au son du titre, et cette course-poursuite interne prend de l’ampleur lorsque résonne New Orleans ou que Louison Bobet for Ever explose mes tympans. 

Ludwig : paillettes, pogo et musique

La setlist est savamment montée, de façon à mettre en valeur les titres des albums plus récents, L’hiver des Crêtes (2023) et 20 chansons optimistes pour en finir avec le futur (2019). Je déguste pleinement chaque instant, respirant au même rythme que les fans et la bâtisse, qui semble plus vivante que jamais. Au fil des accords, Ludwig se raconte, et son histoire prend vie sous les paillettes et les costumes. Parfois, Le Bavarois, ami du groupe, prend le micro pour rehausser les chansons des scats et d’improvisations vocales. Tout simplement génial.

Après Come on Boys, le groupe aurait « normalement » dû quitter le stage, prétendant de faux adieux, le temps de se faire désirer par le public encore affamé. Toutefois, LV88 saisit l’occasion de faire différemment, et narre cette supposée séquence de façon hilarante sans pour autant bouger d’un poil. On les aime pour ces espiègleries, qui ont forgé leur marque au fil des ans.

LV88, du cirque à la réalité

Tout de suite, le rappel en tant que tel est joué, au grand plaisir des gens attroupés. Puis, 30 millions d’amis est introduite par une question rhétorique, du genre « Ici, vous aimez les animaux, hein ? » Après une tirade-quiz sur les espèces animalières du Saglac, LV88 entonne cette comptine pour adultes bien connue. Le crowd embarque immédiatement, imitant la rythmique zoologique bien connue des Ludwig. 

Les culs bougent, les corps aussi, et les serpentins pleuvent sur les têtes agitées. S’ensuit le dernier, mais non le moindre, hymne à la gloire du groupe, soit l’iconique Houla la !. C’est le dernier droit de la fête, on le sait bien, alors on en profite. La foule chante et pogote intensément jusqu’à la dernière note, les poings dans les airs, sous un ciel couvert par l’orage que déversent les nombreux canons de confettis. C’est la fin, mais c’est la fête, un au revoir festif à l’image de Ludwig Von 88.

Une fois les lumières rallumées, la foule patauge dans le papier de soie jusqu’à la sortie, manifestement ravie de ce qui vient de se passer ici. Pour ma part, j’ai eu le privilège de les rencontrer quelques instants et de les remercier de cette visite de vive voix, grâce à ma meilleure amie. Je suis d’ailleurs reconnaissante pour ce moment magique et unique, et encore plus pour la générosité du band, pour ces moments chéris.

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Rédaction : Julie Fortin

Photographie : Jerry Cherry

Correction et révision : Val Girard

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé la musique, le style punk et les crêtes dressées. J'suis une intello finie, un peu geek et un peu pirate. J'évolue régulièrement dans les shows et dans le événements. Tu m'y verras souvent en retrait, mais toujours à l'écoute. J'ai parfois l'air sauvage parce que je dis pas un mot ou si peu. En fait, j'suis dans ma bulle, à penser à toutes sortes d'affaires ou à juste vivre le moment présent. Viens me parler, j'suis ben smatte, bien que j'aie plus de mots sur papier que dans la vraie vie. Correctrice, rédactrice et admin au sein du Bad Crew, j'ai pour objectif de faire rayonner la scène du SagLac, qui est vivante, accueillante et remplie de trésors de toutes sortes!