
Programme double dans le « Red Light »
Publié le 13 Nov 2025 par Claudia Bo
Besoin viscéral
Je reprends peu à peu le goût de sortir et de profiter de cette liberté qui m’est si chère. Ayant que très peu de moments où je peux reconnecter avec un de mes plus grands amours, la musique, j’essaie depuis quelque temps d’optimiser au maximum ces précieuses heures qui passent trop vite dans mon quotidien loadé full pin.
Non seulement c’était le moment de me replonger dans cette crowd lourde et thérapeutique, mais c’était également l’occasion de revoir les chums, de se faire des accolades, parfois même avec du monde ben trop suintant. C’était aussi comme revenir à la maison après une absence prolongée qui s’était beaucoup trop étirée.
C’était l’opportunité de revenir à mes racines, me rappeler l’espace d’un instant, qui je suis et d’où je viens.
Bref, c’était un samedi soir cru et sombre, où je n’avais pas envie d’affronter ma profonde solitude. C’était un 8 novembre froid et sinistre, soirée parfaite pour essayer de me mettre un peu de chaleur dans le cœur.

Une soirée qui start pas pire pantoute
Premier arrêt, le Saint-Bock sur Saint-Denis. Mes deux besties, Meemi et Dave m’y attendaient. Je n’ai eu que quelques secondes pour rafler leur restant de nachos et, déjà, on dévalait la rue, entre les itinérants qui commencent à se dire que le froid ne les épargnera pas une fois de plus cette année. En passant devant le Bistro à Jojo, je me suis rappelé Guy, cet itinérant qui avait pris soin de moi lorsque j’y travaillais, alors que c’est lui qui avait grandement besoin d’empathie. R.I.P Guy, chaque fois que je passe dans le quartier, j’ai une douce pensée pour toi, mon vieil ami.
Faut dire que remettre les pieds dans ce quartier me reconnecte chaque fois avec cette lointaine vie où j’avais moi-même froid et faim. Et d’y retourner le ventre plein et les pieds au chaud a quelque chose de malaisant et de réconfortant.
Direction les Foufounes Électriques pour y rejoindre Pat (et Benoît), qui m’ont gentiment offert un billet pour la soirée des Ramoneurs de Menhirs. Il faut que je précise qu’à la base, c’est le show de Guhn Twei qui me titillait, à quelques enjambées de l’institution des Foufs. Mais, comme je ne fais jamais rien comme les autres et que j’avais réellement envie de me faire plaisir, pourquoi ne pas se faire carrément les deux shows. Ouf !!!

Les Ramoneurs de Menhirs, Morose, Corrigan fest et Enfants Sauvages
Vous comprendrez donc que, dans mon élan d’enthousiasme à couvrir deux shows simultanément, il m’a évidemment manqué quelques bouts ici et là. Mais, dans ces allers-retours qui se sont étirés de 19 h 30 à 23 h 30, j’ai tout de même réussi à voir Enfants Sauvages, un petit bout de Corrigan fest et Les Ramoneurs de Menhirs. Fidèle à elle-même, Rox Arcand a livré une fois de plus une prestation à tout démolir. Accompagnée de ces fidèles acolytes, ils ont réchauffé la salle qui était déjà bien survoltée.

Et juste au moment où on pensait avoir atteint l’apogée de ce show-là, Rox a livré son âme à nu, des croix sur les seins et casquette de police sur la tête. Clin d’œil volontaire à Bérurier Noir ? Sans doute ! Mais, quoi qu’il en soit, les prestations d’Enfants Sauvages sont littéralement de l’art théâtral thrash de haut niveau, comme aucun autre band au Québec ne peut le faire.
Corrigan Fest quant à eux, est un band que je connais moins. Excellents musiciens aux riffs joyeux et entrainant, on se serait crus en plein party de la Saint-Patrick, le vert en moins. Groupe irish punk mythique, ce retour, suite à leur absence des 17 dernières années, a vraiment fait beaucoup d’heureux, moi y compris, c’était vraiment très excellent même si, un peu moins dans ma « palette de couleurs ».
Enfin, les très excellents Ramoneurs de Menhirs sont venus boucler cette boucle. Un set qui débute avec l’hymne de résistance italienne Bella Ciao, Loran Béru n’a pas manqué une occasion de rappeler les différents enjeux sociopolitiques actuels et de faire un émouvant clin d’œil au génocide palestinien. Dans tous les racoins des Foufs, on pouvait voir que des gens heureux, le pied dansant, les épaules se bousculant.
Beer Dance (hommage à SOAD), Sawyer Path et Guhn Twei
Définitivement, le show qui m’enthousiasmait de voir depuis longtemps, c’était l’excellent band de métal abitibien Guhn Twei, fervent défenseur de la cause environnementale. Des textes poignants, réfléchis, intelligents. Il s’agit du groupe m’ayant le plus marqué dans la dernière année. Un son lourd, brut, puissant, où les mélodies s’enchaînent pour livrer un message sinistre empreint de cynisme.

Je n’ai pas pu voir Sawyer Path. Je devais être pognée quelque part dans un change over entre les Foufs pis le Club Soda, mais je suis revenue juste à temps pour Beer Dance. J’avais aussi très hâte de voir ce band hommage à SOAD. Band iconique de la scène nu metal, je n’ai pas pu les voir lors de leur récente tournée, puisqu’ils n’ont même pris la peine d’arrêter à Montréal.
Je ne suis pas une grande fan des bands hommages habituellement, mais, je dois avouer que, dans ce cas-ci, les gars étaient quand même tight. Seul bémol, le son était réellement mauvais et mal réparti dans la salle. Mais dans l’ensemble, les quelques tounes que j’ai pu apprécier avant de retourner l’autre bord de Sainte-Cath, étaient quand même très bien.
Rédaction : Claudia Bo
Correction : Val Girard
Révision : Marie-Eve Landry

