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Série – le Québec envahit l’Europe : Apes

Publié le 09 Mar 2026 par

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Salut Apes,

Pouvez-vous nous parler de la composition de votre band ? Les membres, comment vous vous êtes rencontrés ? etc.

Salut ! Apes, c’est d’abord 15 ans d’amitié, tricotée serrée. Nous sommes un noyau de trois guitaristes, un bassiste, un batteur et un chanteur. Patrick, Alexandre, Simon et Gabriel sont des vieux chums du Bas-du-Fleuve qui ont toujours joué de la musique ensemble. Phil et Louis, de Québec, se sont greffés aux alentours de 2020. Apes c’est un groupe de musique, mais aussi un club social et même un super club !

Le groupe s’est doté d’une troisième guitare avec Louis il y a quelques années ; c’était d’abord une « semi-joke » parce qu’il était parfois difficile de tous se rendre disponibles à cause de nos responsabilités familiales et professionnelles. On pouvait toujours avoir deux des trois guitaristes pour faire des shows. Finalement, c’est devenu une permanence et ç’a renforcé le son du groupe et ajouté des possibilités d’écriture.

Crédit photo :  Marc Tremblay

Comment se passe le processus musical au sein du groupe ?

Patrick compose la majorité des riffs comme matière brute, mais l’écriture se passe en groupe. Avec six membres, on a peaufiné l’art du débat dans Apes ! Comme nous avons tous un peu le même background musical métal, punk et hardcore, mais on écoute différents trucs au quotidien. On prend la matière brute, on monte des chansons, on débat sur la structure, des ajouts, des riffs supplémentaires… c’est un défi de faire ça en gang, mais finalement, c’est la meilleure façon pour nous de composer.

On se délègue tous divers rôles pour la gestion du band : le booking, la gérance, la merch, la direction artistique, etc. C’est vraiment pratique par ailleurs d’avoir un designer graphique de renom dans le band (Alexandre Goulet, au vocal, connu sous le nom de Goule x Design). Les designs de pochette et de la marchandise sont incroyables et ça coûte peu cher 😉

Crédit artwork : Alexandre Goulet

Vous êtes plusieurs bands à partir pour l’Europe presque en même temps ? C’est du hasard ou ça s’est planifié comme ça?

C’est du pur hasard. Un beau hasard, je dirais. Le marché européen est très chargé, mais ils nous ont trouvé de la place ! Nous avons travaillé très fort pour bâtir cette tournée, et nous sommes fiers de voir autant de bons bands du Québec qui traversent aussi l’Atlantique pour représenter la scène underground québécoise. Nous avons un esprit très collaboratif et nous sommes toujours enjoués de voir des groupes que nous respectons qui ont du succès.

Est-ce la première fois que vous faites une tournée à l’étranger ?

Nous avons été invités à jouer sur des gros lineups aux États-Unis au cours des dernières années, mais ce sera notre première vraie tournée en sol étranger. Le niveau d’excitation est palpable.

Photo prise sur le Bandcamp de Apes

Qu’est-ce qui vous excite le plus à l’idée de tourner en Europe ?

Tourner en Europe, c’est un rite de passage pour tout groupe. Les mentalités sont un peu différentes dans les scènes underground européennes : l’esprit est plus communautaire et DIY, les promoteur.es sont structuré.es en associations, les bands sont accueillis avec un repas et un endroit pour dormir et on trouve parfois des superbes salles dans de toutes petites villes. Tout ça nous fait plaisir. Ça contraste avec l’accueil typique en Amérique du Nord, où c’est souvent beaucoup plus froid et transactionnel. Et parlons franchement, pour des épicuriens comme les gars de Apes, il y aura beaucoup de vin et de fromage au rendez-vous !

C’est tout un défi de monter une première tournée en Europe. Il faut des contacts. Alors petit à petit, par beaucoup de travail et avec l’intervention de connaissances proches ou lointaines, nous avons réussi à monter un bel itinéraire. Déjà, des liens sont tissés. Nous avons sincèrement hâte de faire connaissance avec chaque personne qui nous accueillera, et d’agrandir notre cercle avec de nouveaux groupes et de nouvelles personnes. On a déjà hâte d’y retourner en 2027.

Y a-t-il des villes ou des salles que vous avez particulièrement hâte de découvrir ?

Franchement, on a hâte à tout. Notre passage dans l’Ouest avec Brasiers (de Nantes) sera certainement mémorable. La date à Bruxelles, au Magasin4, sera probablement le peak de la tournée : nous y jouerons avec nos CDC (crisses de chums) de Don’t Try, aussi de Québec. Impossible que ça ne vire pas en gros party ! Il y a aussi le show au GueulardPlus, qui est une salle qui fait beaucoup parler, dans une petite ville appelée Nilvange près du Luxembourg. Enfin, on termine la tournée sur un festival hardcore à Colmar qui aura de très bons groupes.

Voyez-vous des différences entre le public québécois et le public européen ?

Pas tellement ! Louis et Gabriel, qui tournent régulièrement en Europe sur d’autres projets, disent qu’à part l’occasionnelle barrière de langue, tout le monde est là pour les mêmes raisons : voir un bon show, brasser un peu, acheter un t-shirt et manger un kebab !

Comment croyez-vous que la scène québécoise soit perçue là-bas ?

La scène underground québécoise a une réputation solide en Europe. Il y a de gros groupes qui battent la trail pour nous depuis longtemps, et ça, c’est une fierté.

Du côté d’Apes, on s’identifie plus au métal et au hardcore. Déjà dans les années 90, des groupes comme Gorguts, Cryptopsy et Kataklysm ont mis le Québec sur la map à l’international. Dans les années 2000, Despised Icon, Beneath the Massacre et Ion Dissonance ont continué le travail et solidifié cette réputation. Depuis au moins dix ans, Get the Shot s’est imposé avec succès en Europe, et aujourd’hui des groupes comme Béton Armé, Prowl et Don’t Try perpétuent cette tradition.

Ce qui nous rend encore plus fiers, c’est que la majorité de ces groupes sont des amis. Le Québec est petit, mais il frappe fort.

Comment vous êtes-vous préparés pour cette tournée (logistique, répétitions, adaptation du setlist) ?

C’est beaucoup de planning ! Mais nous avons l’expérience de gérer nous-mêmes la plupart de nos shows, alors on a l’habitude. Logistique de transport, location d’équipement, budget, booking, hébergement, commande de merch… on parle de centaines de courriels pour organiser tout ça, mais ça se fait dans le plaisir. Apes est une machine bien rodée.

Comme nous serons en position headline pour une majorité de shows, nous avons dû ajouter pas mal de chansons sur notre setlist habituel. On fait un mélange d’un peu tout. On pratique chaque semaine depuis des années, alors ça y va !

Aussi sur cette tournée, on officialise la venue d’un nouveau membre dans la troupe, Guillaume Lambert, car Louis joue aussi dans Don’t Try, qui sont aussi très occupés. Guillaume est un chum, un bon troubadour et un musicien très talentueux… ça promet ! Coudonc, sommes-nous rendus à quatre guitaristes ? Je pense que oui.

Merci de votre temps et toute l’équipe du crew vous souhaite une belle tournée !

Rédaction : Claudia Bo et Gabriel D’Amours

Correction & révision : Marie-Eve Landry

Mélomane finie mais surtout, fan incontestée de punk rock sous tous ses genres, je suis la fondatrice et rédactrice en chef de ce magazine qu’est le Bad Crew. D’abord animée par une passion pour la culture d’ici et la scène locale, j’ai à cœur de mettre en lumière l’incroyable talent que nous avons ici et ainsi, créer un pont entre les artistes et leurs différents publics.