
Thousand Islands Records : 10 ans de punk rock
Publié le 05 Avr 2026 par Claudia Bo
Origines : une réponse à une scène en effervescence
Né en 2016 dans le bouillonnement underground de la grande couronne montréalaise, Thousand Islands Records n’est pas le genre de label à chercher les projecteurs, mais plutôt à les fabriquer lui-même. À une époque où l’industrie musicale semble de plus en plus formatée, le label apparaît comme une réponse directe pour la scène punk skate/mélodique : indépendante, brute, et profondément ancrée au sein de son public. Leur fanbase qui ne cesse de grandir, exprime ce besoin.
À l’origine du projet, une idée simple mais essentielle : donner une voix à des groupes punk qui n’ont ni les contacts, ni les moyens, mais de l’énergie à revendre. Très vite, Thousand Islands Records devient plus qu’un simple label. Il devient un point de ralliement pour une scène qui refuse de se lisser.

De Montréal au reste du monde
D’abord concentré sur le Québec et le Canada, le label ne tarde pas à élargir son terrain de jeu. Grâce à une série de sorties solides et à une crédibilité qui se construit sur le terrain non pas de manière marketing, Thousand Islands attire l’attention à l’international.
Les collaborations avec d’autres labels indépendants se multiplient, permettant aux groupes de circuler entre les continents, sans perdre leur identité. Une croissance organique et rapide.
Une ligne musicale sans compromis
Musicalement, la ligne est claire : du punk rapide, mélodique, parfois technique, souvent viscéral. Skate punk, melodic punk, hardcore et parfois même du folk. Pas de compromis sur l’énergie ni sur l’authenticité.
Chaque sortie semble guidée par la même exigence : sonner vrai !
Un label à taille humaine
Mais ce qui fait vraiment la force de Thousand Islands Records, c’est son approche. Pas de machine industrielle, pas de distance froide entre label et artistes. Ici, on parle d’accompagnement, de confiance, et d’un vrai esprit de communauté. TIR, c’est une grande famille tissée serrée entre le label, les bands et leurs publics.
Distribution, promo, pressage vinyle : tout est fait pour soutenir les groupes, sans les enfermer. Une manière de fonctionner qui rappelle que cette scène est avant tout une affaire de liens humains.
Une place à part dans la scène punk
Aujourd’hui, le label s’est imposé comme une valeur sûre sur la scène internationale, tout en gardant les deux pieds dans la scène locale. Une rareté à une époque où beaucoup oublient d’où ils viennent.
Thousand Islands Records, c’est la preuve qu’on peut encore construire quelque chose de solide sans trahir ses valeurs.
Et pourquoi pas fêter ça en grand !
Le samedi 28 mars dernier, les Foufs ressemblaient à un party de retrouvailles des finissants du secondaire. Tout le monde était heureux de se retrouver à la fin de cet hiver vigoureux qui s’éternise. Ça ressemblait presque à un party post-confinement où tout le monde était en mode accolade et levée de drinks. Une soirée parfaite. Je suis arrivée juste à temps pour voir Curbside. Mais j’ai malheureusement manqué la belle gang de Dutch Nuggets. Ma plus grande attente était pour le très excellent band de la Côte-Nord : Killing Diaisies. N’ayant jamais eu la chance de les voir encore en prestation, j’ai été complètement pulvérisée. Je me sens privilégiée de pouvoir les avoir en tête d’affiche pour le Crew au mois d’avril, place qu’ils méritent amplement. Que dire de la justesse des musiciens et de la voix trop parfaite de Nadia. Heureuse également d’avoir pu voir The Speakeasy qui, à notre grande surprise nous annonce un LP un peu plus tard cette année. Enfin, le plat de résistance : Belvedere. Un band que je ne connais absolument pas mais qui, à voir l’inflammation de la foule, a totalement livré la marchandise.
Un show : ★★★★★
Belvedere
Véritable institution du skate punk canadien, Belvedere traîne derrière lui près de 30 ans de vitesse, de technicité et de mélodies ultra efficaces. Formé en 1995, le groupe s’est bâti une solide réputation avec un punk rapide et précis, quelque part entre NOFX et Strung Out. Après une séparation en 2005, leur retour en 2012 a confirmé leur statut culte. Aujourd’hui encore, ils restent une référence incontournable du melodic hardcore.

The Speakeasy
The Speakeasy représente bien la scène punk québécoise actuelle : active, DIY et bien ancrée dans le circuit local. Habitué des shows et festivals underground (notamment au Music4Cancer), le groupe évolue dans un punk mélodique efficace, taillé pour le live et les petites salles surchauffées. S’ils se retrouvent sur un lineup, on peut être assuré que le party va lever, comme on dit.

Killing Daisies
Killing Daisies s’inscrit dans la nouvelle vague de melodic punk avec une touche plus moderne, notamment portée par un chant féminin qui apporte une dynamique différente au genre. Entre énergie brute et refrains accrocheurs, le groupe incarne bien le renouveau du punk mélodique actuel. Et que dire de la voix de Nadia !

Curbside
Originaire de l’Ontario, Curbside joue un punk mélodique rapide et chargé d’émotion, directement hérité des années 90. Après une longue pause, le groupe est revenu avec une énergie intacte, prouvant qu’il n’a rien perdu de sa fougue. Leur son combine des riffs rapides, des refrains solides et une vraie sincérité dans le propos.

Dutch Nuggets
Dutch Nuggets représente la scène locale dans ce qu’elle a de plus direct : un punk rapide, brut et sans détour, quelque part entre skate punk et hardcore mélodique. Moins connu que certains autres noms de l’affiche, le groupe s’inscrit néanmoins parfaitement dans l’esthétique Thousand Islands : efficace, honnête, et taillé pour le live.

Un gros »Bonne fête » à Cynthia et Bruno qui tiennent ce label à bout de bras de manière totalement humaine. Que ce soit en tant que bands, médias ou en tant que personne, ceux qui les connaissent savent à quel point ce sont deux humains magnifiques, et on peut se considérer chanceux lorsqu’on croise leur route. Lâchez pas ! On vous aime et on a besoin de vous. ❤
Rédaction : Claudia Bo
Correction : Jess Peach
Révision : Julie Fortin

