
Oktoplut : vu autrement
Publié le 10 Oct 2025 par Cynthia Côté
Samedi, le 4 octobre, avait lieu le show d’Oktoplut, aux Bains Publics – Cabaret culturel, coop de solidarité à Rimouski. C’était la toute première fois que j’allais les voir en prestation. J’attendais donc ce moment depuis longtemps !
Leur tournée de quatre dates dans les villes de Montréal, Québec, Rimouski et Trois-Rivières avait pour thématique les festivités du 30e anniversaire de l’album Insomniac de Green Day. Un album (comme ils mentionnent) qui les a jetés sul derrière à 13 ans, comme jamais ils avaient été sul derrière à 13 ans. Pour ma part, je ne connaissais que les chansons Brain Stew et Walking Contradiction à cause des vidéoclips diffusés à Musique Plus ; je n’avais que 9 ans à l’époque. J’ai donc écouté au préalable l’album. Merci, Oktoplut, de m’avoir fait découvrir cet album 30 ans plus tard ; il n’est jamais trop tard !

ENTREVUE
J’ai eu le privilège de faire une petite entrevue avec Mathieu et Laurence, ce duo montréalais de stoner rock grunge francophone. Dernièrement, un article a été publié au Bad Crew ayant pour titre Haute-Fidélité : revisiter Insomniac avec Oktoplut, qui illustre bien l’engouement autour de cet hommage musical. Je leur ai donc posé des questions sans lien avec le show prévu.
Dans l’événement Facebook du show, vous avez publié un avis de recherche particulier. Est-ce que vous avez finalement trouvé la petite famille qui vous a réveillés dans une clairière le lendemain d’un de vos shows à Rimouski ?
Mathieu : Non, on ne l’a pas retrouvée. Pour faire une histoire courte, quand on est venus jouer à Rimouski, il y a vraiment longtemps, le doorman de l’endroit (on ne se rappelle plus du nom de l’endroit exactement) nous a invités après le show. Il nous a amenés quelque part en plein air à 3 heures du matin. Il faisait noir. On avait bu beaucoup d’alcool ce soir-là. C’était lors de nos premières tournées et on était trop nombreux pour tous dormir dans la van, donc on avait apporté une petite tente en extra dans laquelle Laurence et moi avons dormi. Le lendemain matin, on entend : « Fais pas trop de bruit ». On se réveille, on dézippe la tente et on voit une petite famille qui cueille des petits fruits. Nous, on était dégueulasses, lendemain de brosse… T’sais des fois tu te sens pas winner… avec la petite famille, pour vrai on s’excuse ! Haha !
Comment trouvez-vous le crowd en région ?
Mathieu : La dernière fois qu’on est venus à Rimouski, je pense que c’était avec Jet Black ; ça fait quasiment 10 ans. On est revenus dans le coin une couple de fois, dont un jeudi soir où l’on a joué ici. On pensait qu’un jeudi soir c’est un hit or miss, mais calvaire non, ça avait viré ! Ça a été l’un des shows vraiment le fun.
Concernant votre single Normal / Anormal que vous avez sorti le 29 août dernier, quand est prévu la sortie de cet album ?
Mathieu : Il sort en mai prochain ; c’est comme un tout petit album.
Laurence : Comparé à ce que l’on fait d’habitude, on est dans les 28 minutes, c’est quick.
Mathieu : Toutes les tunes sont d’une durée moyenne de deux minutes, deux minutes trois quart, pis il y en a une de huit minutes à la toute fin.
Nous avons jasé de leur côté humoristique, que j’ai davantage perçu à travers leurs dernières publications sur les médias sociaux pour la tournée d’Insomniac, comparé à leur côté plus sérieux, comme par exemple, dans le cadre de leur collaboration avec l’OSM.
Mathieu : Tout ce qui a trait au band, ça part souvent d’une niaiserie, d’une joke, d’un comme genre « t’es pas game ». On trouve ça drôle et après on aborde ça hyper sérieusement.
Laurence : Une fois que l’on est dedans, c’est bien important que ça soit bien fait.
Mathieu : Il y a une bonne démarche artistique derrière, mais on est quand même des nonos.
Laurence : Nous autres, c’est vraiment le plaisir, c’est vraiment pour le fun que l’on fait ça à la base. Il n’y a rien qui t’empêche d’être ben sérieux dans ton professionnalisme et dans tes démarches, mais quand tu as du fun au travers de ça, c’est ça le moteur en réalité. Aussi, le fait d’avoir du fun là-dedans, ça t’enlève de la rigidité que tu pourrais te donner. Quand tu as trop de sérieux, c’est facile de rentrer dans un cadre pis de pas se laisser aller en-dehors de la boîte.
Il y a présentement une pétition en ligne pour que la future tune finale d’une saison de STAT soit Le Delta de l’Okavango. Cette tune fut une très belle collaboration avec l’OSM avec leur octobasse (instrument très impressionnant) et leur piano. Lien du vidéoclip ici.
Où en êtes-vous dans ce processus ?
Mathieu : Là, l’affaire drôle, c’est qu’il y a beaucoup de monde qui se sont ralliés à notre cause. Je reçois beaucoup de messages. Il se pourrait que ce soit rendu entre les mains de Fabienne Larouche. C’est malade, ça fait du chemin.
Laurence : Il faut que ça fasse plus de chemin, il faut que ça marche.
Cynthia : On ne sait jamais, un moment donné, vous aurez peut-être un petit rôle dans la série.
Laurence : Oui, j’aimerais ça, j’aimerais vraiment ça jouer un patient.
Avez-vous des découvertes musicales, de bands de la scène underground au cours de la dernière année que vous aimeriez nous partager ?
Mathieu : On a fait de la route avec Goulet de APES tantôt. C’est un christie de bon band. C’est un band de crossover/deathmetal/metalcore. Le dernier de APES est vraiment bon.
Laurence : Moi je suis un grand fan de Autre Part. C’est un peu shoegaze ambiant avec un côté plus punk accrocheur. Leur album Le pire à venir, depuis qu’il est sorti, je l’écoute plusieurs fois. C’est le fun de faire des shows avec eux, c’est du monde super cool.
Le show
Pour le show, ils ont invité leurs chums de Jeffrey Lost Control, The Carringtons et Autre Part. Ce fut des sets rapides d’environ 25 minutes chacun, avec des changements d’équipement rapides, ce qui permettait une fluidité durant la soirée. Le son était relativement bon, mais pas assez pour une captation vidéo de qualité. De plus, l’éclairage fixe ne m’a pas facilité la tâche pour les photos à certains moments.
Jeffrey Lost Control
Ils ont mentionné sur scène que leur dernier passage dans le coin était en 2004. Ce band punk rock existant depuis 1999 a donné une prestation à trois membres ce soir-là. Ils ont sorti un nouveau single en mai dernier, Scars / Strength. Belle redécouverte pour ma part, moi qui n’avais que de vagues souvenirs.






Autre Part
Ce quatuor post-rock/shoegaze francophone en provenance de Montréal m’a étonnée par la progression musicale dans certaines tunes et la fin de leur set qui déchirait. Leur album, Le pire à venir, a figuré dans la liste « coup de cœur LP » de l’année 2024 du Bad Crew, et j’ai compris pourquoi ce soir-là.






J’ai bien aimé les bas du guitariste.

The Carringtons
Je ne connaissais pas ce band garage power pop en provenance de Québec. Ils ont donné une performance énergique avec de courtes tunes. Ils ont joué dernièrement au festival Envol et Macadam au Scanner Bistro. Pour les intéressés, ils ont deux shows prévus en novembre.







Oktoplut
C’est accompagné d’Hugo Belzile (des formations Whiskey Trench, Blue Jack et Rebellion) à la guitare qu’ils ont livré la marchandise. Ce fut 14 tunes qu’ils ont tous joué en anglais ce soir-là. Pour ma part, j’aurai bien aimé les entendre en français. Cet album revisité en français sera en vente le 10 octobre prochain.







Les gens présents demandaient un rappel, alors Laurence et Mathieu ont performé une tune sur le fly – guitare et vocal seulement.

Rédaction : Cynthia Côté
Crédit photos : Cynthia Côté
Correction : Jess Peach
Révision : Julie Fortin

